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La vocation de tous les impérialismes (Tribune de MUSENE SANTINI BE-LASAYON)

Tous les impérialismes, quels que soient leur nationalité, leurs origines géographiques, leurs couleurs idéologiques, leur mode opératoire, leur style de coopération et le visage qu’ils affichent à un moment donné ou à un autre de l’histoire, poursuivent inlassablement, tous indistinctement, en tout temps et en tout lieu, le même but ultime : réduire les autres Etats, surtout les plus faibles, sous leur dépendance idéologique, politique, économique, sociale et culturelle. En vue de les contrôler et de les exploiter à leur guise.

Désemparés devant la situation généralement tragique que traversent les peuples opprimés, méprisés et meurtris d’Afrique depuis 140 ans, une frange de nouveaux « révolutionnaires » africains, happés par une idéologie non encore clairement cernée et définie qui émerge du Kremlin depuis l’an 2000, désignent bruyamment le bourreau du continent : l’Occident pluriel conduit par les Etats-Unis d’Amérique de Donald Trump ! Ils dénoncent inlassablement, diabolisent à outrance et insultent à longueur de journées, à l’intention de ces peuples longtemps ravalés au bas de l’échelle sociale mondiale, cet Occident sans foi, ni loi. Ils poussent ces derniers-de les suivre dans leur haine viscérale et dans leur croisade suicidaire contre ce diable d’Occident. Ils se rapprochent spectaculairement et s’allient orgueilleusement, sans transition, sans conditions, sans assurances claires de véritable relèvement sur tous les plans et sans stratégies appropriées de résistance patriotique en cas de contradiction fondamentale devant l’inconnu, à la Russie de Vladimir Poutine et à la Chine de Xi Jinping, deux puissances mondiales d’Orient respectivement européenne et asiatique. Ils qualifient celles-ci, sans en donner des preuves irréfutables et indiscutables, de meilleures partenaires de ces peuples d’Afrique longtemps marginalisés.

Pire, ils proclament qu’elles ont pour vocation fondamentale de libérer ces peuples longtemps maltraités de l’impérialisme occidental. Ils soutiennent leurs élucubrations en citant les cas du Mozambique, de l’Angola, de la Guinée-Bissau, de l’Île du Cap Vert, du Zimbabwe, de la République Sud-Africaine et de la Namibie, les sept derniers pays africains à s’affranchir du joug colonial occidental, comme les preuves palpables de la magnanimité de l’URSS, aujourd’hui représentée par la seule Russie, et de la Chine envers l’Afrique. Ils visent sentimentalement, enfin, de construire leurs pays respectifs principalement en compagnie de la Russie de Vladimir Poutine qu’ils érigent en modèle incomparable et secondairement de la Chine de Xi Jinping dont l’économie et le commerce connaissent une croissance extraordinaire.

Effectivement, ces deux puissances mondiales d’Orient avaient beaucoup contribué, surtout militairement, à la décolonisation des sept pays africains précités. Et, en considérant sérieusement le passé colonial, postcolonial et le présent néocolonial de l’Afrique, il y a, dans ce brouhaha, beaucoup de vérité quant à la responsabilité, directe ou indirecte, de l’Occident multiple dans l’imbroglio actuel de l’écrasante majorité des pays du continent.

DOMINER POUR EXPLOITER

Cependant, en proclamant abusivement, exclusivement et inconsidérément la Russie de Vladimir Poutine et la Chine de Xi Jinping comme étant ces grandes puissances mondiales dont la vocation est de libérer l’Afrique de l’impérialisme pluriel occidental, nos nouveaux « révolutionnaires » faussent résolument l’histoire sur deux plans. En effet, ils font délibérément croire, par-là, que l’Occident multiple n’a jamais aidé les pays colonisés à se défaire du joug colonial et à se relever, une fois indépendants, sur les plans politique, économique, social et culturel. D’où, le commun des mortels, travaillés par cette propagande plus émotionnelle que rationnelle, scandent bruyamment à travers le continent : « Les Occidentaux, et surtout les Américains, sont très mauvais. » Et pourtant, l’histoire nous fournit, en ces matières précises, plusieurs preuves tangibles contraires à ces élucubrations. En résumé, l’Occident collectif, en tant qu’ancienne puissance coloniale de l’Afrique, y a massivement investi dans tous les secteurs d’activités. Certes, pour ses propres intérêts stratégiques globaux d’abord, mais aussi, et ce par ricochet, pour ceux de ses différentes colonies. En agissant ainsi, il a posé les bases du développement de l’Afrique. Et, après les indépendances africaines, il est demeuré la principale et l’incomparable puissance mondiale qui a réellement accompagné, tant bien que mal, l’Afrique dans son combat pour le développement. Ce qui a malheureusement contribué à l’accroissement de sa toute-puissance sur ce continent. Or, en 65 ans de coopération, l’URSS ou la Russie n’a jamais, en dehors des instruments de guerre qu’elle a l’habitude de fournir à certains pays, réellement investi en Afrique et surtout dans le domaine socio-économique.

Certes, elle vient de conclure, fin 2024, des accords de coopération avec 15 pays africains dans le secteur de l’énergie nucléaire. Mais, ce projet prometteur ne nous empêche pas de faire constater qu’il n’existe, au bénéfice de la RD-Congo par exemple, aucune entreprise, aucune banque, aucune école, aucun hôpital, aucun barrage, aucun pont, aucune chaussée, aucun rail, aucun immeuble, aucun port, aucun aéroport, etc., comme fruit de la coopération soviétique ou russe! Par contre,  la Chine, qui coopère avec l’Afrique généralement depuis le début de la décennie 1970, fait de loin mieux que la Russie ici. Elle y mène, sans trop de bruits, des investissements qui contribuent, tant bien que mal, à la création d’emplois et de la croissance économique dans certains pays.

Malgré tout cela, peut-on sincèrement, sérieusement et consciemment prétendre que pour avoir joué, à un moment donné ou à un autre de leur histoire particulière, ce bon et beau rôle de libérateurs et d’assistants des opprimés d’Afrique, la Russie seule, la Chine seule et l’Occident pluriel jouent toujours franc jeu à l’égard de ces derniers et de l’opinion publique internationale? Si la Russie, tsariste, soviétique et poutinienne, avait pour vocation fondamentale d’affranchir les peuples longtemps opprimés, méprisés et meurtris d’Afrique de l’impérialisme pluriel occidental,  comment alors expliquer son propre rejet ou abandon actuel par l’écrasante majorité des pays d’Europe centrale, d’Europe orientale et d’Asie centrale dont elle était, pendant plus de deux siècles, la seule et l’unique puissance impériale ? Autrement dit, pourquoi ces pays, alors valets de cette puissance impériale mondiale jusqu’en 1991, se sont-ils retournés contre celle-ci pour se rapprocher spectaculairement et se rallier orgueilleusement à l’Occident, le diable d’hier?

Comment expliquer que la Guinée-Conakry de Sékou Touré, qui avait bruyamment tourné le dos, en 1958, à la France du général Charles De Gaulle pour aller se mettre sous les aisselles de l’URSS de Nikita Khrouchtchev, ne faisait-elle que dégringoler jusqu’au décès, en 1984, de son leader et chef historique? Pourquoi Cuba de Fidel Castro, qui s’était militairement débarrassé, en 1959, du régime d’extrême droite du général Batista, grâce à l’appui massif de l’URSS, pour rejoindre spectaculairement et orgueilleusement le camp soviétique, demeure-t-il toujours au bas de l’échelle sociale mondiale? Comment expliquer que la République d’Angola, pourtant « libérée » militairement, en 1975, du joug colonial portugais par l’URSS, la Chine et Cuba, est-elle devenue la plus importante alliée des Etats-Unis d’Amérique en Afrique des Grands Lacs et non de la Russie ou de la Chine? Pourquoi 99,99% des républiques qui se disaient populaires et qui semblaient se répandre comme une trainée de poudre à travers le monde entier, n‘ont-elles pas survécu à l’URSS physiquement et géopolitiquement décédée en 1991?

De même, si l’Occident pluriel avait pour vocation fondamentale de libérer les Etats longtemps opprimés, méprisés et meurtris d’Europe centrale, d’Europe orientale et d’Asie centrale de l’impérialisme russe, comment alors expliquer qu’il ait par ailleurs lui-même colonisé, à lui seul, environ 70% des pays constituant le monde? Pourquoi des pays latino-américains tels que Cuba de Fidel Castro, le Chili de Salvador Allende, le Venezuela d’Hugo Chavez, le Nicaragua des sandinistes, le Panama du général Manuel Noriega, etc, se sont-ils retournés, à certains moments de l’histoire, contre les Etats-Unis d’Amérique, pourtant leurs « libérateurs » du joug colonial espagnol, pour devenir les bons amis de l’URSS, de la Chine et de Cuba? Comment expliquer que le Mali du colonel Assimi Goïta, le Burkina Faso du capitaine Ibrahim Traoré et le Niger du général Abdourahamane Tiani se distancient aujourd’hui de la France d’Emmanuel Macron qui, pourtant, les couvait comme une mère poule, pour se rapprocher spectacu-lairement et s’allier orgueilleusement à la Russie de Vladimir Poutine? Pourquoi la République Démocratique du Congo, pourtant colonisée par la Belgique et entièrement prise en mains par l’Occident pluriel depuis 1885, a-t-elle fini par se livrer, en 2008, à la Chine à laquelle elle a confié l’exploitation de 80% de ses gisements de minerais critiques et stratégiques en échange d’infrastructures de base dont elle a cruellement besoin pour son développement durable?

Les raisons fondamentales de ces multiples et divers retournements de situations, que connaissent, vivent et subissent toutes les grandes puissances mondiales de la part de leurs valets depuis l’antiquité, se trouvent dans la nature et la vocation même de l’impérialisme qu’elles incarnent et représentent. En effet, tous les impérialismes, quels que soient leur nationalité, leurs origines géographiques, leurs couleurs idéologiques, leur mode opératoire, leur style de coopération et le visage qu’ils affichent à un moment donné ou à un autre de l’histoire, poursuivent inlassablement, tous indistinctement, en tout temps et en tout lieu, le même but ultime : réduire les autres Etats, surtout les plus faibles, sous leur dépendance idéologique, politique, économique, sociale et culturelle. En  vue de les contrôler et de les exploiter à leur guise. En d’autres termes, le but ultime de tous les impérialismes dans toutes les relations qu’ils tissent et dans toutes les transactions qu’ils ont avec les autres Etats, surtout les plus faibles, est de dominer ces derniers sur tous les plans afin de les exploiter plus facilement.

C’est exactement, là, la nature et la vocation première et particulière de l’impérialisme pluriel occidental, qui avait colonisé environ 70% des pays du monde et dont le chef de file, les Etats-Unis d’Amérique qui n’ont pourtant jamais possédé de colonies, trône seul au sommet de l’Univers en tant que la seule et l’unique véritable superpuissance mondiale depuis bientôt un siècle. Conservateur, libéral, démocratique et capitaliste, l’Occident collectif de Donald Trump n’entend pas céder, vu son omnipuissance, son prestigieux titre de superpuissance mondiale à l’un de ses principaux concurrents. C’est également, là, la vocation première et particulière de l’impérialisme unique russe, qui avait malmené, durant plus de deux siècles, les pays d’Europe centrale, d’Europe orientale et d’Asie centrale avant de les enfermer, pendant 70 ans, dans un camp retranché du monde. Ultranationaliste, conservatrice, tyrannique, totalitaire et capitaliste, la Russie de Vladimir Poutine vise de déboulonner, au moyen de sa relative suprématie en matière du nucléaire militaire, les Etats-Unis d’Amérique du sommet du monde afin de les y remplacer et de s’y installer seule. Et c’est, enfin, là, la vocation première et particulière de l’impérialisme unique chinois qui avait incorporé, par la violence armée, les régions non chinoises de Mongolie intérieure, du Tibet et d’autres pays d’Asie en son sein.

Conservatrice, tyrannique, totalitaire, politiquement communiste et économiquement ultra-capitaliste, la Chine de Xi Jinping tient à accéder au titre géopolitique le plus élevé et le plus convoité de tous, celui de superpuissance mondiale détenu par les Etats-Unis d’Amérique depuis bientôt un siècle. Et ce, par le biais de sa puissance économico-commerciale fulgurante, qui donne de l’insomnie à ses principaux concurrents, et particulièrement aux Etats-Unis d’Amérique, qui la traitent désormais d’adversaire, si pas d’ennemie numéro un.

Ces trois impérialismes suprêmes se différencient plus ou moins par les systèmes idéologiques constituant le soubassement de leur comportement, de leurs attitudes et de leurs pratiques respectifs. Mais, toutes les idéologies étant hégémoniques, ces trois impérialismes se ressemblent par leur hégémonisme intransigeant et cruel face au reste du monde. Seules d’infimes nuances d’approche et de style, dans leur mode particulier de propagande et d’opération, les rapprochent ou les éloignent des Etats faibles qu’ils tiennent à éblouir et à s’attacher. Ce sont ces anodines nuances d’approche et de style, et rien d’autre, qui illusionnent leurs victimes expiatoires à travers le monde.

En clair, aucun impérialisme, qu’il soit d’Occident ou d’Orient, ne peut se trahir en avouant sa perversité. Au contraire, chaque impérialisme fait croire à chaque proie qu’il vise qu’il est particulièrement plus vertueux que les autres. D’où, il la subjugue en lui accordant, au départ surtout, quelques libéralités, faveurs et facilités. Or, tous les impérialismes pratiquent, en réalité, la même politique d’expansion. Celle-ci se résume en ces quelques mots: « Ôte-toi de là pour que je m’y mette. » C’est-à-dire, pour se faire de la place au milieu des Etats faibles qu’ils convoitent au détriment de leurs concurrents, chaque impérialisme se présente astucieusement en agneau devant la proie qu’il désire. Ce n’est qu’au fil du temps que la victime découvre progressivement, si elle en a les capacités requises, la véritable face de son prétendu partenaire, toujours auréolé de sa puissance impériale.

GUERRE POUR L’HEGEMONIE

Mais, les divers impérialismes se donnent réciproquement, à des moments qu’ils jugent opportuns, des coups tantôt mortels (cas de la dislocation, donc de la mort physique et géopolitique, en 1991, de la géante URSS), tantôt asphyxiants (cas des évènements du 11 septembre 20O1 qui ont profondément et sérieusement ébranlé les Etats-Unis). Cela démontre que l’Occident pluriel, la Russie seule et la Chine seule sont perpétuellement en guerre pour l’hégémonie géopolitique mondiale. C’est la raison fondamentale pour laquelle chacun des trois impérialismes suprêmes exerce, en permanence, le harcèlement hégémonique sur tous les autres Etats du monde, surtout sur les plus faibles.

C’est justement dans ce contexte que l’Occident multiple, se fondant sur son omnipuissance dans tous les secteurs d’activités, a débauché l’écrasante majorité des pays de l’ex camp soviétique centre européen,  est-européen et centrasiatique, la seule et l’unique véritable chasse gardée historique de la Russie, pour asphyxier celle-ci. Et ainsi, maintenir et accroître sa domination sur le monde entier qu’il tient à transformer en son champ de mission personnel. C’est dans ce cadre aussi que la Russie de Vladimir Poutine, de son côté, se référant particulièrement aux aspects défense et sécurité liés à sa relative supériorité en matière du nucléaire militaire, tente de débaucher l’Afrique, l’une des multiples chasses gardées de l’Occident à travers le monde. En armant et en mettant ses mercenaires du groupe Wagner à la disposition des pays africains ravagés par le terrorisme djihadiste tels que le Mali du colonel Assimi Goïta, le Burkina Faso du capitaine Ibrahim Traoré et le Niger du général Abdourahamane Tiani pour réduire sensiblement l’influence occidentale ici, éblouir ces trois Etats, se les attacher, les contrôler et les exploiter à sa guise.

Entretemps, à partir de la République Centrafricaine où elle compte déjà quelques contingents de ses mercenaires du même groupe Wagner, la Russie voudrait étendre son influence sur la République Islamique du Soudan, le Soudan du Sud, le Tchad et surtout sur la RD Congo, eux aussi touchés par le terrorisme, afin de disposer d’une véritable plateforme régionale. La Chine, plus que la Russie, s’appuyant essentiellement sur sa puissance économico-commerciale extraordinaire, s’introduit de plus en plus quasiment partout en Afrique. Et ce, dans l’objectif de damer le pion à ses tous ses concurrents en vue d’exploiter ces pays comme elle l’entend. En effet, l’Afrique est une fée actuellement courtisée par des puissances mondiales de toutes les catégories, de toutes les origines géographiques et de toutes les couleurs idéologiques.

Cette lutte pour l’hégémonie géopolitique mondiale entre les trois impérialismes suprêmes est très âpre. Elle est incontestablement le seul et l’unique motif fondamental pour lequel ils s’affrontent, par l’intermédiaire de leurs laquais locaux, dans la quasi-totalité des guerres qui ont actuellement cours à travers le monde en général et à travers l’Afrique en particulier. Mais, nos nouveaux « révolutionnaires », qui se rangent, sans conditions,  derrière la Russie de Vladimir Poutine contre l’Occident pluriel de Donald Trump, donnent l’impression de ne pas réaliser que cette guerre pour l’hégémonie géopolitique mondiale n’est pas leur guerre.

Elle est plutôt, fondamentalement,  la guerre des puissances impériales mondiales d’Orient contre les puissances impériales mondiales d’Occident. Seules celles-ci, les puissances impériales mondiales orientales et les puissances impériales mondiales occidentales, en connaissent et en maîtrisent véritablement et méthodiquement les tenants et les aboutissants. C’est, soit les seules puissances impériales mondiales occidentales, soit les seules puissances impériales mondiales orientales, et non les peuples longtemps meurtris d’Afrique, qui en récolteront les fruits escomptés. Car, il est établi que tous les impérialismes, quelles que soient leur nationalité, leurs origines géographiques et leurs couleurs idéologiques, demeurent essentiellement égocentriques. C’est-à-dire, tout en s’efforçant d’être aux côtés des faibles, avec les faibles  et pour les faibles, ils restent foncièrement, à 99%, accrochés à la promotion, à la défense et à l’accroissement ininterrompu de leurs seuls intérêts stratégiques globaux.

D’où, ni l’impérialisme pluriel occidental, ni l’impérialisme unique russe, ni l’impérialisme unique chinois n’a jamais eu et n’aura jamais pour objectif ultime d’aider ne fût-ce qu’un seul pays africain à sortir du sous-développement. Au contraire, malgré leurs minces et légères différences d’approche et de style, il n’existe, dans le fond, entre l’impérialisme unique russe, l’impérialisme unique chinois et l’impérialisme multiple occidental, d’impérialisme qui soit ni vertueux, ni plus vertueux que les autres. Ils sont plutôt, tous indistinctement, des prédateurs très peu soucieux de la solidité et de la qualité d’existence de leurs sous-fifres. Ils sont tous, pour tout dire, les monstres les plus froids des monstres.

VOIE AFRICAINE D’EMANCIPATION

D’où, tout leader ou chef politique africain, qui se laisse irrationnellement succomber à la propagande mielleuse de l’un ou l’autre de ces vautours insatiables et qui, feignant d’ignorer l’éternel but ultime qu’ils poursuivent inlassablement tous, en tout temps et en tout lieu, adopte et impose toute son idéologie et toute sa politique à son peuple, est un esprit faible, un corrompu, un égocentrique, un aliéné, un traître ou un incompétent politique qui s’ignore. En effet, les peuples longtemps meurtris d’Afrique sont actuellement, dans leur écrasante majorité, conscients de ce qu’ils subissent de la part des différentes puissances impériales mondiales. D’où, ils se sont résolus de résister, désormais,  aux invasions effrénées de ces dernières. Ils tiennent, enfin, à se réaliser selon leurs aspirations les plus profondes. Et la meilleure voie par laquelle ils veulent y parvenir à tout prix, c’est celle d’une révolution endogène, conçue et élaborée par eux-mêmes, en fonction de leurs propres idéaux sociaux et de leurs propres intérêts supérieurs réels identifiés et sélectionnés par eux-mêmes, planifiée, testée, mise en œuvre, menée, évaluée, réajustée, maitrisée et contrôlée par eux-mêmes.

En mettant particulièrement à profit l’expertise de ceux des leurs qui sont les plus politiquement conscients et éveillés, les plus profondément dotés de la vertu politique, les plus techniquement qualifiés (formés, expérimentés et compétents) et les plus visiblement non inféodés à l’une ou à l’autre des puissances idéologiques et hégémoniques mondiales. C’est-à-dire, des compatriotes démocratiquement mandatés par leurs peuples respectifs et qui sont capables de tracer, certainement à travers les rocs, une voie foncièrement et typiquement africaine ou nationale d’émancipation intégrale, intégrée et durable, fondée sur l’Etat-éthique ou de droit, mais ouverte au monde. Donc, des compatriotes capables, par ailleurs, de traiter aisément, en toute dignité, en toutes responsabilités, sur le même pied d’égalité, etc, avec des partenaires internationaux choisis selon leurs propres critères et surtout avec les incontournables grandes puissances mondiales, de toutes les origines géographiques et de toutes les couleurs idéologiques. « Sans se soumettre et sans se compromettre.»

Comme le disait Eric T. Mboma, dans un article hautement technique et patriotique récemment paru, sous ce titre,  dans Le Soft International.

MUSENE SANTINI BE-LASAYON (CP)