Malgré les cris des ONG, Kinshasa fait valoir sa souveraineté dans la mise aux enchères de 30 blocs pétroliers et gaziers

De gauche à droite, la VPM Eve Bazaiba, le ministre de la Communication et de Médias, Patrick Muyaya, et le ministre des Hydrocarbures, Didier Budimbu

Après le coup d’envoi par le Chef de l’Etat, Félix-Antoine Tshisekedi, du processus d’appel d’offres de 30 blocs pétroliers et gaziers, le Gouvernement n’attend pas reculer, malgré tous les cris de certaines ONG internationales, principalement Greenpeace. Kinshasa n’attend pas non plus céder aux voix discordantes, émises de l’intérieur comme de l’extérieur, pour manifester leur désapprobation à la démarche du gouvernement congolais. La RDC, « obligée d’assurer la survie de sa population, ne reculera pas dans sa démarche ». Affirmation faite par la VPM, ministre de l’Environnement et Développement durable, Eve Bazaïba, lors d’un briefing co-animé, samedi dernier, avec le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, et leur collègue des Hydrocarbures, Didier Budimbu.

Lors d’un briefing de presse, consacré à l’appel d’offres lancé par le Gouvernement sur les blocs pétroliers et gaziers, trois de ses membres s’étaient présentés, samedi dernier, devant la presse pour circonscrire les contours de cette démarche, à savoir la VPM Eve Bazaïba de l’Environnement, Patrick Muyaya de la Communication et Médias et Didier Budimbu des Hydrocarbures. Sur cette question, la République Démocratique du Congo brandit sa souveraineté et n’attend donc pas céder à la pression  de certaines ONG internationales qui s’activent contre ce dossier.

« La RDC réitère ses engagements et sa position de pays solution face aux enjeux du climat …, pour répondre aux attente de sa population, elle est obligée de recourir à toutes ses potentialités, (Faune, flore, sol et sous-sol, ndr) », a indiqué la VPM BAZAIBA, en réponse à ceux qui s’opposent à cette démarche.

La RDC, pour atteindre ses objectifs de développement durable (ODD) à l’horizon 2030, est censée recourir à toutes ses ressources, notamment celles du secteur pétrolier, a tenu à préciser la VPM Bazaïba.

En effet, depuis l’Accord de Paris sur le climat, les plus pays pollueurs de la planète ont mis en place une politique de conservation de la nature imposée aux pays du bassin du Congo, d’Amazonie et d’Indonésie, pour, selon eux, garantir l’absorbation des gaz émis par leurs industries. En contrepartie, ces pollueurs, regroupés au sein du G20, devraient verser à la RDC, un « pays-solution), à l’instar du Brésil, une somme de 100 milliards de dollars américains annuel en compensation à son apport sur la préservation de ses forêts. Mais depuis novembre 2021, ces pays pollueurs n’ont jamais honoré leurs engagements pris lors du COP26, a rappelé la VPM Eve Bazaïba.

La RDC, à l’exemple de l’Allemagne qui est butée à la crise causée par la guerre russo-ukrainienne et qui a finalement décidé de recourir au charbon, un minerai extrêmement polluant, est obligée de recourir à ses ressources naturelles pour apporter des solutions aux multiples défis de lutte contre la pauvreté, a fait comprendre la VPM Bazaïba

« L’Afrique, dans son entièreté, n’est responsable que de 4% d’émission en gaz  à effet de serre», a relevé Eve Bazaïba, avant de préciser qu’ « aujourd’hui, même si l’Afrique décide de ne plus respirer, il n’y aura aucun impact en termes de pollution au monde ». C’est pour dire que l’Afrique ne peut être compter parmi les grands pollueurs de l’environnement. Ce sont ces pays-là qui doivent payer le prix pour la conservation de la nature et non l’inverse, a-t-elle martelé.

Quand les autres veulent fermer la porte à la RDC dans la valorisation de ses ressources pétrolières et gazières, la VPM Bazaïba rappelle que le Gabon, pays membre du Bassin du Congo, exploite le pétrole depuis environ 50 ans et n’a jamais connu ces genres de résistance. Et de s’interroger : « Pour quelle raison la RDC doit faire face à cette opposition ? Si ce n’est de la manipulation, ils doivent avoir une autre idée derrière la tête ».

Lui emboîtant le pas, le ministre de la Communication, Patrick Muyaya, a indiqué que « les hommes valent plus que les gorilles, les antilopes, la forêt et tout le reste. On ne peut pas laisser notre population continuer à croupir dans la misère, pendant que nos richesses pourrissent sous nos pieds ».  

A Kinshasa, la détermination est bien là. « Le train est déjà lancé. Plus rien ne peut l’arrêter », a dit, sans détours, le porte-parole du Gouvernement.

C’est dire que Kinshasa tient à poursuivre son programme de développement durable. Il promet d’exploiter ses ressources dans la règle de l’art.

« Au tant que la RDC est pays solution pour le monde, autant qu’elle l’est pour la population congolaise », a conclu la VPM Bazaïba.

Tighana MASIALA

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