La compagnie aurifère canadienne Barrick Gold a exprimé, ce lundi 26 mai, son opposition à une éventuelle mise sous administration provisoire de son site d’extraction d’or dans l’ouest du Mali. La junte a déjà fermé les bureaux du groupe à Bamako.
La compagnie Barrick Mining (ex-Barrick Gold) « estime qu’il n’y a aucune base – ni en droit ni en fait – pour que la gestion quotidienne des opérations à Loulo-Gounkoto soit confiée à un administrateur provisoire nommé par un tribunal », précise-t-elle dans un communiqué transmis ce 26 mai.
Le géant aurifère canadien dirigé par Mark Bristow dénonce une « dernière escalade » de la part des autorités maliennes, qui l’avaient déjà contrainte à suspendre ses activités après avoir saisi, en janvier, trois tonnes d’or sur le site. « La tentative d’interférer avec les opérations de Loulo-Gounkoto est sans précédent ni justification légale», affirme le groupe.
«Elle ne tient pas compte des droits de Barrick en vertu de la législation malienne et des accords contraignants, et est incompatible avec les principes de régularité de la procédure et de respect mutuel qui devraient sous-tendre les partenariats entre les gouvernements et les investisseurs de long terme », ajoute la compagnie. Barrick, qui dit avoir lancé en janvier une procédure d’arbitrage international, a toutefois réaffirmé lundi sa volonté de «trouver une solution juste et équitable ».
Décision rendue le 2 juin
Ce nouvel épisode intervient alors que le groupe canadien et l’État malien se livrent depuis des mois à un véritable bras de fer. Au cœur du désaccord se trouve le complexe de Loulo-Gounkoto, l’un des gisements aurifères les plus importants au monde, détenu à 80 % par le groupe minier et à 20 % par le Mali.
Mi-avril, les autorités maliennes ont ordonné la fermeture des bureaux à Bamako de la compagnie canadienne pour « non-paiement d’impôts ». Elles réclament des centaines de millions de dollars d’arriérés à Barrick Mining et ont placé en détention quatre employés maliens fin novembre.
Le 8 mai, le gouvernement malien a introduit devant le tribunal du commerce de Bamako une requête en vue d’imposer une administration provisoire sur le site de Loulo-Gounkoto. La décision doit être rendue le 2 juin.
Avec AFP

