L’ancien président sud-africain Thabo Mbeki voit son initiative de pré-dialogue pour la paix en RDC tomber à l’eau. Kinshasa a officiellement décliné l’invitation à ce forum prévu début septembre en Afrique du Sud, lui préférant les processus de paix déjà engagés à Washington et Doha. Sans la participation du gouvernement congolais, la conférence de Mbeki, à laquelle étaient conviés Joseph Kabila et le rebelle Corneille Nangaa, risque fort de n’être qu’un projet mort-né.
C’est un coup dur pour les efforts de médiation en Afrique centrale. Le gouvernement congolais a officiellement décliné l’offre de l’ancien président sud-africain, Thabo Mbeki, de prendre part à un pré-dialogue sur la paix en République Démocratique du Congo. Prévu pour début septembre 2025 en Afrique du Sud, ce forum est désormais menacé de devenir une coquille vide, le refus de Kinshasa remettant en question sa légitimité et son efficacité.
Un forum sans le principal acteur
L’initiative de Thabo Mbeki visait à rassembler autour d’une même table des figures majeures et parfois antagonistes de la scène politique congolaise. L’ancien président Joseph Kabila, le chef rebelle Corneille Nangaa et d’autres leaders de l’opposition non armée figuraient sur la liste des invités. L’ambition était de créer un espace de discussion informel pour baliser le terrain en vue d’un processus de paix plus formel. Des invitations ont également été lancées vers des personnalités clés du gouvernement actuel, dont Désiré-Cashmir Kolongele Eberande, conseiller spécial du Chef de l’État en matière de sécurité, et le président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe.
Cependant, malgré ces appels, Kinshasa a fait savoir qu’elle ne se rendrait pas à ce rendez-vous diplomatique. La raison invoquée est le choix de privilégier d’autres canaux de dialogue, jugés plus pertinents et déjà en cours.
PRIORITE AUX NEGOCIATIONS DE DOHA ET WASHINGTON
Le gouvernement congolais a clairement exprimé sa préférence pour le «double processus de Washington et de Doha». Actuellement, des délégués gouvernementaux se trouvent à Doha, au Qatar, où ils mènent des négociations avec la coalition rebelle AFC/M23. L’objectif est d’aboutir à un accord de paix durable pour l’Est de la RDC, une région ravagée par des décennies de conflit.
En parallèle, le processus de Washington implique l’engagement des États-Unis dans la recherche d’une solution diplomatique. Kinshasa estime que se disperser sur plusieurs fronts diplomatiques serait contre-productif et risquerait d’affaiblir les efforts déjà entrepris. Sa décision de ne pas participer au forum de Mbeki est donc perçue comme une volonté de concentrer les ressources et l’attention sur les négociations en cours.
L’AVENIR INCERTAIN DE LA CONFERENCE
Sans la présence du gouvernement congolais, l’initiative de Mbeki perd une grande partie de sa substance. Les sources proches de l’organisation craignent que le forum ne devienne un «projet mort-né». En effet, l’absence de l’acteur principal rendra toute discussion ou accord hypothétique sans véritable valeur exécutoire.
Cette situation illustre également la complexité et la fragmentation des efforts de médiation en RDC. Tandis que des acteurs comme Thabo Mbeki et la SADC (Communauté de développement de l’Afrique australe) tentent de jouer un rôle de médiateur, d’autres puissances et organisations, comme les États-Unis et le Qatar, s’engagent également dans des processus de paix parallèles. La difficulté pour la RDC est de naviguer entre ces différentes propositions, tout en assurant la cohérence de sa stratégie de sortie de crise.
Le rejet de l’offre de Mbeki est un pari risqué pour Kinshasa. Reste à savoir si les négociations de Doha et de Washington aboutiront à une paix durable, justifiant ainsi ce choix diplomatique radical.
Econews

