Présence remarquée de la Cicos au 9ème Forum mondial de l’eau à Dakar

Dakar, capitale du Sénégal, a abrité, du 21 au 26 mars 2022, le 9ème Forum mondial de l’eau. Le thème choisi pour ces assises était :« La sécurité de l’eau pour la paix et le développement durable ». La Commission internationale du bassin Congo-Oubangi-Sangha (Cicos) y a pris une part active.

Dans son allocution, le secrétaire général de la Cicos, Mme Judith Efundem Agbor, a rappelé que le bassin du Congo renferme un potentiel de développement inestimable. Ses ressources sont partagées par une dizaine de pays africains. Il s’étend  sur 3.822.000 km2 et recouvre environ 20 millions d’hectares de forêts inondées. Cependant, on assiste, a-t-elle déploré, de plus en plus à une dégradation poussée de la ressource en eau du bassin du Congo tant en quantité qu’ en qualité. A la base, la conjugaison de plusieurs facteurs dont les effets de changements climatiques restent au centre.

Les besoins des États riverains sont de plus en plus croissants en termes de transport, d’énergie, d’eau potable, de l’agriculture, etc.

Pour le secrétaire général de la Cicos, les conséquences sont alarmantes : le taux d’accès des populations du bassin à l’électricité est d’environ 1% en milieu rural et 30% en milieu urbain. Beaucoup n’ont pas accès à l’eau potable, à l’électricité ou à une nourriture en quantité suffisante, des milliers d’enfants meurent des maladies d’origine hydrique chaque année.

Face à cette situation, la Cicos dont l’action est fondée sur la gestion concertée et durable des ressources en eau, s’est sentie fortement concernée par le thème de ce forum.

En effet, pour une meilleure gestion partagée des ressources en eau du bassin du Congo, où le sentiment d’abondance est le plus dominant, la Cicos tente d’apporter des réponses aux attentes de tous les pays, en tenant compte des intérêts des uns et des autres à travers des outils, notamment, le schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux dans le bassin du Congo est mis en oeuvre. C’est l’un des mécanismes les plus efficaces, pour un bassin versant d’assurer le développement durable de ses ressources en eau et de préserver la paix.

A en croire Mme Judith Efundem Agbor, la Cicos au cours de ce forum, son expérience, associer ses efforts à tous les autres organismes du monde pour porter haut, la voix de la coopération autour de l’eau, pour la paix sociale, la durabilité économique et la préservation de l’environnement.

Par conséquent, elle a appelé à une prise de conscience collective de tous les acteurs de l’eau pour répondre efficacement à la volonté politique de tous les Etats; afin de prendre en compte leur intérêt dans le renforcement de la coopération multilatérale pour une meilleure gestion du bien commun indispensable à tous qu’ est l’eau.

Un appel à « garantir le droit à l’eau »

Le 9e Forum mondial de l’eau, qui a pris fin, samedi 26 mars, a lancé un appel à la communauté internationale à « garantir le droit à l’eau et à l’assainissement pour tous ».

Dans un document, intitulé « Déclaration de Dakar, un +blue deal+ pour la sécurité de l’eau et de l’assainissement pour la paix et le développement », les participants au forum réclament l’accélération de « l’application du droit à l’eau potable ».

Il s’agit également, recommande le Forum, d’adopter « des plans de gestion durable et intégrée pour préserver les ressources en eau et les écosystèmes ».

Le Forum préconise aussi une « mobilisation des ressources financières » en faveur des populations et une « gouvernance » de l’eau qui inclue les secteurs agricole, industriel, de la santé, de la biodiversité, ou encore de l’énergie.

Enfin, l’eau doit faire l’objet d’une «coopération renforcée » entre différentes entités, régionales ou internationales, ont insisté les participants.

A.T.