Au cœur d’une effervescence scientifique rarement égalée, la 13ème Semaine de la science et des technologies a transformé l’Athénée de la Gombe en véritable laboratoire d’innovation, où près de 10 000 élèves ont expérimenté, manipulé et compris la science par le geste. Du pont express à la catapulte minute, en passant par la soudure électronique ou la transformation des minerais critiques, les ateliers ont placé les jeunes au centre de l’action, révélant leur ingéniosité et leur goût pour les métiers techniques. Portée par le thème « Au cœur du geste technique », cette édition 2026 marque un tournant en valorisant concrètement les compétences pratiques et l’excellence, tout en ouvrant la voie à une génération prête à relever les défis technologiques de la République démocratique du Congo.
«Au coeur du geste technique », c’est le thème évocateur de la 13ème édition de la Semaine de la science et des technologies, activité scientifique organisée du 11 au 16 avril 2026 à l’Athénée de la Gombe à Kinshasa, par l’Asbl Investing in people en partenariat avec le Ministère de l’Education Nationale et Nouvelle Citoyenneté. Cette édition 2026 s’est donc caractérisée par plusieurs activités scientifiques et techniques afin de promouvoir la culture scientifique particulièrement dans le milieu scolaire. En plus des différentes expositions sur des animations scientifiques réalisées par les élèves participants, la principale innovation de la Semaine de la science et des technologies cette année aura été l’insertion «World Skills », un compétition mondiale des métiers techniques. «C’est la première fois au village des sciences que nous recevons la compétition Worls Skills, c’est une compétition mondiale des métiers techniques, ça fonctionne du niveau national au niveau mondial, on appelle ça les Jeux olympiques des métiers. Et c’est qui nous intéresse ici, c’est de promouvoir cette culture de l’excellence dans la compétence, et de promouvoir la culture du geste technique, et c’est bien le thème de cette 13e édition, « au coeur du geste technique » et il n’y a plus technique que de développer des compétences », a expliqué avec satisfaction à ce sujet la directrice Dora Muanda Kambadio de l’Asbl Investing in people, structure organisatrice de l’événement.
Pour sa part, la directrice scientifique de l’Asbl Investing in People, Rosaline Mutalabanza, a indiqué que les élèves ont réalisé d’excellentes présentations scientifiques alors qu’ils ont eu que deux semaines de formation pour maitriser leurs différents sujets et les exposer avec aisance et facilité. « L’objectif de la Semaine de la Science et des Technologies est justement de faire en sorte que les élèves puissent s’imprégner de la science et présenter les sujets scientifiques de manière la plus simple et la plus amusante possible… », et d’ajouter : « Nous avons voulu dans cette édition mettre en avant les métiers techniques à travers les différents ateliers, ce sont des choses que nous n’avons pas fait les éditions passées, par exemple faire recours à soudeur pour montrer le geste technique, derrière nos appareils électroniques il y a la soudure, et nous avons fait ça avec nos élèves, nous avons également eu à faire la pyrogravur, graver sur des verres, ce sont des gestes que nous voyons faire dans nos quartiers mais dont on ne sait comment ça se fait, mais à travers cette édition, nous avons pu montrer à nos élèves que la plupart des choses que nous vivons sont souvent basés sur de petits gestes… ».
Plus ou moins 10 000 élèves venus des quatre coins de la capitale et témoignant d’un réel engouement pour les sciences ont participé à la Semaine de la Science et des Technologies 2026. ils ont ainsi pris part, pendant quatre jours, à une vingtaine d’ateliers organisés au cours de cette session scientifique destinée justement à valoriser le savoir-faire et l’ingéniosité des élèves. Des sujets scientifiques et techniques pertinents ont été exploités au cours des séances, aboutissant à des démonstrations captivantes et enrichissantes pour les futurs scientifiques congolais. Ces ateliers ont été des moments clés de la SST13.
Le premier atelier s’est axé autour du défi du pont express. Il s’est agit de comprendre comment construire une structure solide en analysant les forces (poids, traction, compression). L’atelier a montré que la forme triangulaire permet une meilleure stabilité et que la construction doit être réfléchie même en urgence. Le deuxième atelier s’est concentré sur le sujet « Catapulte minute ». L’on retient ici que les élèves guidés par leur encadreur d’atelier ont exploré le lancer d’un objet à travers la transformation de l’énergie et la trajectoire parabolique. Les élèves ont appris que la précision dépend de l’angle de tir, de la tension et de la gravité, et non du hasard.
Le troisième atelier s’est focalisé sur «Course de voiture à elastique » au cours dequel il fallait mettre en évidence la transformation de l’énergie potentielle élastique en énergie cinétique. L’atelier a insisté sur l’impact des frottements et du rendement dans la performance d’un système mécanique. «Centre de gravité en action » a été le thème du quatrième atelier durant lequel les élèves se sont efforcé de comprendre que la stabilité dépend de la position du centre de gravité par rapport à la base de support. L’atelier a relié cette notion à la sécurité dans la vie quotidienne (transport, moto, construction).

Le cinquième atelier a traité d’un sujet curieux, « Pendule humain », au cours duquel les élèves se sont attelés à étudier le mouvement oscillatoire et la notion de période. L’atelier a montré que la régularité du pendule permet de mesurer le temps et dépend surtout de la longueur et de la gravité. « Balance à plateau » a été le thème du sixième atelier où il s’est agi de découvrir le principe d’équilibre des forces pour comparer des masses. L’atelier a distingué masse et poids et mis en avant la précision du geste dans la mesure scientifique. La synthèse du septième atelier sur « Dynamomètre en action » note qu’il a été demandé aux élèves de mesurer une force grâce à un dynamomètre basé sur la loi de Hooke. L’atelier a montré comment transformer un effort en valeur mesurable (newtons) et relier force et effet.
Dans le huitième atelier sur « Allumer une LED à la force du bras », il a été question d’illustrer la conversion de l’énergie mécanique en énergie électrique, puis en lumière. L’atelier a introduit le principe de générateur (dynamo) et de circuit électrique simple. «Du geste au code – quand l’humain commande la machine », ce fut le sujet du neuvième atelier où il fallait montrer comment un geste devient un signal numérique via des capteurs, puis une action automatisée grâce à la programmation. C’était en fait l’introduction à l’automatisation et aux systèmes intelligents. Et le dixième atelier a évoqué le «Moteur électrique démonté / remonté ». Ici, les élèves ont cherché à comprendre la conversion de l’énergie électrique en énergie mécanique. L’atelier a insisté sur la précision du geste technique dans le démontage/remontage pour assurer performance et durabilité.
Lors de l’atelier sur «Soudure électronique express», les élèves devraient apprendre à assembler un circuit par soudure pour garantir la continuité électrique. L’atelier a mis en avant la maîtrise du geste technique pour éviter les défauts et assurer la fiabilité, l’atelier sur «Chimie des couleurs (pH naturel) » a montré aux élèves comment utiliser des indicateurs naturels pour révéler l’acidité ou la basicité d’une solution. L’on a retenu que le pH peut être observé par un changement de couleur, tout en valorisant les ressources locales et la sensibilisation environnementale. «Mousse chimique express » a été le sujet de l’atelier où il fallait observer une réaction chimique (bicarbonate + vinaigre) produisant du gaz et de la mousse. Ici, on a mis en évidence l’importance du dosage et du contrôle des réactions chimiques dans la vie quotidienne. Un autre sujet curieux d’un atelier, « Corps purs, mélanges et séparations » où les élèves ont pu distinguer corps pur et mélange, puis apprendre à les séparer grâce à des techniques comme filtration, décantation et évaporation…
«Du sucre de canne au sucre transformé » a été l’objet de du quinzième atelier, les jeunes participants à cette séance sont arrivés à comprendre la transformation d’une matière première végétale en produit fini à travers des processus comme extraction, filtration, chauffage et cristallisation, alors d’autres élèves se sont rassemblés autour du sujet «Jeu «Docteur Maboul» – coordination et réflexes » en vue de développer la coordination œil-main, la précision et les réflexes. L’atelier a montré que la réussite scientifique dépend aussi de la maîtrise du geste et de la concentration.
«Du sol au smartphone – le geste technique derrière les minerais critiques » a été le sujet sensible du vingtième atelier lorsque l’on sait que les richesses minières de la RDC sont illicités exploitées dans l’Est pour entre autres servir à la fabrications des téléphones et autres gadgets électroniques. Mais pour les élèves, il fallait comprendre la transformation des minerais (cobalt, coltan) en composants électroniques. L’atelier a mis en avant la chaîne de valeur, la transformation locale et l’importance stratégique pour la RDC. Le sujet «Water illusion – observer la réfraction de la lumière à travers l’eau » a également été abordé dans un autre atelier où les jeunes participants ont été appelés à observer la réfraction de la lumière et expliquer les illusions visuelles (objet déformé dans l’eau). L’atelier a développé l’observation scientifique et la compréhension des phénomènes optiques.
Visite des membres du Gouvernement au village des sciences
Un temps fort de la SST13 a assurément été la visite effectué le 14 avril 2026 au village des sciences. La Ministre d’État, Ministre de l’Éducation Nationale et Nouvelle Citoyenneté (EDU-NC), Raïssa Malu, a passé en revu le Village des sciences. Elle était accompagnée à cette cérémonie du Ministre d’État Marc Ekila de la Formation Professionnelle, des ministres Patrick Muyaya de la Communication et Médias, Marie-Thérèse Safi Sombo de l’Enseignement Supérieur, Universitaire, Recherche Scientifique et Innovations, et Grâce Emie Kutino de la Jeunesse et Eveil patriotique, ainsi que du ministre provincial Thierry Tshitenga Kabuya de l’Education de la ville-province de Kinshasa. Ces membres du Gouvernement a visité des stands érigés pour cet événement dont le lancement avait été donné le 11 avril à Kolwezi dans la province du Lualaba comme pour impliquer l’ensemble du pays, avant de se poursuivre par d’autres activités dans la capitale de la République démocratique du Congo.
Le Gouvernement, à travers le ministre de l’EDU-NC, apporter son soutien sans faille à la Semaine de la Science et des Technologies inscrite dans le calendrier scolaire, pour réaffirme sa volonté de promouvoir la culture scientifique en milieu scolaire, encourager les vocations et préparer une jeunesse capable de relever les défis technologiques et d’innovation auxquels le pays est confronté.
Avec Cellcom/EDU-NC

