Troupes ougandaises en RDC : le Parlement mis devant ses responsabilités

L’Armée régulière ougandaise (UPDF) aurait reçu, depuis le vendredi 26 novembre dernier, l’aval du Chef de l’Etat congolais, Félix-Antoine Tshisekedi, d’entrer dans la partie Est de la République démocratique du Congo (RDC). Précisément au Nord-Kivu et dans l’Ituri, provinces dans lesquelles a été décrété l’état de siège.

Pour le président de la commission Défense et sécurité à l’Assemblée nationale, Bertin Mubonzi, qui a confirmé à la presse avoir lui aussi appris la décision présidentielle, cela n’est faisable après que la Chambre basse du Parlement a débattu de la question. Quant au président de l’Association africaine de défense des droits de l’Homme (Asadho), Me Jean-Claude Katende, il dit non au Chef de l’Etat congolais qui, pour lui, userait d’une politique de tâtonnement nuisible au peuple congolais si cette autorisation s’avère réelle, signale Congo Réformes qui reprend Okapinews.net.

Par contre, une certaine opinion congolaise craint que le président de l’Assemblée nationale, Christophe Mboso, n’entraîne son homologue du Sénat, Modeste Bahati, à se désolidariser du Président de la République parce que n’ayant pas officiellement été mis au parfum de cette décision présidentielle. Elle se réfère à Vital Kamerhe, alors président de l’Assemblée nationale, poussée à la démission par le clan Kabila. Cela après sa surprise exprimée par la voie des ondes, d’apprendre des médias internationaux l’entrée des troupes rwandaises en RDC. Une autre opinion estime que les deux personnalités, pro-Tshisekedi, ne pourraient que s’aligner derrière ‘‘leur chef’’.

Toutefois, il y a lieu de reconnaître que le Président Tshisekedi aurait enfin accepté la demande de son homologue ougandais, Yoweri Museveni, qui ne cessait de lui rabattre les oreilles sur l’intervention de son armée en RDC, où les rebelles ougandais des Forces démocratiques alliées (Allied democratic forces – ADF) ont installé leur base-arrière. Cela en faisant non seulement des incursions meurtrières en Ouganda, à l’instar de celle ayant occasionné dernièrement deux attentats à Kampala. Mais aussi en prêtant mains fortes aux Forces armées de la RDC (FARDC) dans la lutte contre les ADF qui les combattent et attaquent les civils jusqu’à commettre même des massacres. Cela depuis plus de deux décennies.

Il convient de faire remarquer qu’il s’agit d’une information à prendre encore avec des pincettes puisque les deux Chefs d’Etat ne l’ont pas annoncée officiellement. Elle émane d’une source onusienne qui a fait savoir le samedi 27 novembre dernier que les Nations unies ont été informées de cette décision de Félix Tshisekedi de laisser opérer l’armée ougandaise sur le territoire congolais. 

A noter que les observateurs voient également en cette position présidentielle un enjeu économique. Il s’agit de la construction de plusieurs kilomètres de routes confiée à un consortium ougandais en Ituri et au Nord-Kivu. Routes devant relier les deux pays.

Olivier Dioso