Tshisekedi et la grande purge : Après la Présidence, le Gouvernement dans le viseur

A la Présidence de la République, le crépuscule de leurs « excellences » Messieurs les conseillers a sonné. Bon nombre de ceux qui ornaient le précarré du Président de la République ont débarrassé le plancher. Le prochain round de ce remue-ménage se joue désormais dans le Gouvernement où un réaménagement technique se précise.

Il ne fait pas bon d’être conseiller spécial ou conseiller tout court à la Présidence de la République. Par les temps qui courent, on se demande dans les couloirs aux murs immaculés des palais présidentiels qui sera le prochain à subir une déchéance humiliante. Au Palais de la Nation comme à la Cité de l’Union africaine, on rase désormais les murs. Il faut faire profil bas et, par un sérieux travail d’introspection, passer en revue tous les coups bas auxquels on a pris une part active. C’est peu dire d’affirmer que désormais, tout le monde se méfie de tout le monde. Des «traitres», on en voit partout. Derrière chaque pot de fleurs, les rideaux, chaque porte fermée.

Des petites combines aux pots-de-vin faramineux au trafic d’influence «sur ordre de la Haute Hiérarchie » qui fait trembler jusqu’aux membres du gouvernement; des cortèges avec gyrophares et sirènes hurlantes, les conseillers du chef de l’Etat avaient poussé l’indécence jusqu’à des limites surréalistes. Qu’ils soient issus de la «diaspora» ou repêchés du marigot bruyant des «parlementaires debout», leurs Excellences MM. les conseillers (comme ils aiment à se faire appeler) ont fini par agacer l’opinion publique et Félix Tshisekedi lui-même en a eu écho de longue date. Et à son corps défendant, il a décidé de sévir. Il était temps. Car ses conseillers dont certains, dit-on, se sont scandaleusement enrichis et se vantaient ouvertement de la protection dont ils prétendent jouir au plus haut sommet de l’Etat.

Au commencement il y eut François Beya, tout-puissant Conseiller spécial en matière de sécurité du chef de l’Etat, tombé en une nuit du fait des propos outrageants (en RDC on parle d’outrage au chef de l’Etat). Relaxé après quelques mois passés dans les geôles de l’ANR et la prison centrale de Makala, il est relaxé au bout d’un procès de pure forme. Puis vint le tour de Vidiye Tshimanga, chargé des stratégies. «Piégé» par de faux investisseurs qui le filmaient en train de négocier sa part (20%) dans le montage d’une affaire dans le secteur minier, il est viré pour atténuer le tollé général. Lui aussi sera arrêté, jugé, puis…relaxé.

Les non-lieux systématiquement prononcés à l’avantage des proches de Félix Tshisekedi mis en cause dans des affaires scabreuses a fini par cautionner la thèse selon laquelle la justice elle-même était aux ordres. Et que les embastillements de façade étaient destinés à sauver la face d’un régime où la prédation était devenue la règle et l’intégrité, l’exception. Surtout, ces parodies de justice ont exacerbé la méfiance d’investisseurs à l’égard d’un régime qui prétend faire de la lutte contre la corruption son cheval de bataille, embouchant à tout bout de champ la trompette de l’assainissement du climat des affaires.

LE GRAND COUP DE BALAI A COMMENCÉ

C’en était trop. A moins d’une année des élections générales, le Président de la République a enfin décidé de balayer sa cour, et de rendre clean ses écuries d’Augias. Mettre au pas ces hommes et femmes qui, se croyant très puissants, investissant des plateaux de télévision.

Sous le prétexte de vanter la «vision » du chef de l’Etat, ils se livraient en réalité à leur propre campagne électorale prématurée.

Désormais, des conseillers présidentiels tombent comme des feuilles mortes. Pour avoir étalé au grand jour les dessous des accords conclus par le Chef de l’Etat et son homologue rwandais, Fortunat Biselele, dit «Bifort», a été remercié.

Ses propos dans une émission du journaliste Alain Foka lui valent une déchéance inattendue. L’opinion se demandant si le conseiller privé du Chef de l’Etat s’était exprimé sur une matière aussi sensible sans l’aval du patron. Il serait, selon certaines sources, entendu dans les locaux de l’ANR.

Mais, au-delà du grand ménage que vient d’effectuer le Président de la République, le curseur est désormais placé sur le Gouvernement où un profond réaménagement est plus jamais imminent.

Vendredi en Conseil des ministres, Félix Tshisekedi a infirmé ses ministres qu’un tsunami arrivait. Certains – en tout cas le grand nombre – seront emportés par le vent de renouveau. Dans les partis politiques membres de l’Union sacrée de la nation, c’est la veillée d’armes.

Econews

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