Selon les dernières données du Sondage Les POINTS Médiamétrie pour le premier semestre 2026 à Kinshasa, une tendance lourde et inquiétante se confirme pour le paysage médiatique congolais. La progression fulgurante des réseaux sociaux et de l’Internet ne se contente plus de concurrencer les canaux d’information historiques ; elle précipite désormais leur déclin annoncé. Alors que la capitale se numérise à grande vitesse, la presse écrite, la radio et la télévision, piliers de l’information traditionnelle, voient leur audience et leur influence s’éroder à un rythme alarmant, soulevant la question existentielle de leur survie à l’ère du tout-numérique.
Les chiffres du sondage Médiamétrie sont sans appel : les habitudes de consommation d’information des Kinoises et Kinois ont radicalement changé au cours des derniers mois. Le réflexe est désormais à la consultation instantanée des flux sur les plateformes sociales, au détriment des journaux et des grilles de programmes des médias classiques. Cette mutation brutale du marché médiatique menace directement la viabilité économique des entreprises de presse historiques, qui peinent à adapter leur modèle face à la gratuité et à la viralité de l’information en ligne.
Cette situation expose la capitale à un risque majeur : celui de voir disparaître un contrepoids essentiel à la désinformation. Alors que les réseaux sociaux deviennent la principale source d’actualité, «l’indépendance des rédactions qui n’existe pas dans la presse traditionnelle est un mythe pour la plupart des titres». En l’absence de ces médias historiques, garants d’une déontologie et d’une vérification des faits, l’espace public kinois s’expose à une fragilisation de sa démocratie, où l’opinion et la rumeur prennent le pas sur l’information vérifiée.
Le Sondage Les POINTS Médiamétrie à Kinshasa n’est pas un simple indicateur de tendance ; c’est un signal d’alarme pour l’ensemble du secteur médiatique congolais. Alors que les réseaux sociaux et l’Internet redessinent en profondeur les contours de l’espace public, la survie de la presse traditionnelle passe par une nécessaire et urgente transformation. «D’ici là, la presse traditionnelle peut tenter de subsister sans s’éteindre, mais à condition de se transformer économiquement». L’heure est à la refondation pour ces médias, afin de réinventer leur offre et de reconquérir un public qui leur échappe, sous peine de disparaître, emportant avec eux une certaine idée du métier de journaliste et du service public de l’information.
Voici les grandes tendances du Sondage LES POINTS.
Econews
Médiamétrie à Kinshasa : la Coupe du monde 2026 relance la télévision, Internet confirme son leadership (Sondage Les POINTS)
La médiamétrie du premier semestre 2026 dresse un état des lieux des habitudes de consommation des médias dans la capitale congolaise.
Réalisée auprès d’un échantillon des 1.000 personnes, représentatif de la population kinoise, cette enquête met en évidence les grandes tendances qui façonnent aujourd’hui le paysage médiatique et fournit des informations utiles aux autorités publiques, aux décideurs, aux acteurs politiques, aux professionnels des médias ainsi qu’aux annonceurs.
Les principaux enseignements de cette étude est sans conteste l’effet de la Coupe du monde de la FIFA 2026 sur les audiences.
Cet événement planétaire a permis à la télévision de retrouver une dynamique positive, avec une hausse sensible du nombre de téléspectateurs.
Les retransmissions des matchs et les émissions spéciales consacrées à la compétition ont suscité un regain d’intérêt du public pour le petit écran.
Malgré cette progression, Internet demeure le média dominant à Kinshasa. Les plateformes numériques continuent d’occuper une place centrale dans la diffusion de l’information et la communication quotidienne des habitants.
Au cœur de cet écosystème numérique, WhatsApp s’impose comme le principal canal de circulation des contenus. Les informations, vidéos, publications de TikTok, messages diffusés sur X et d’autres réseaux sociaux transitent très largement par cette application avant d’atteindre les utilisateurs.
La radio, de son côté, enregistre une évolution plus limitée. Les stations ayant retransmis en direct les rencontres de la Coupe du monde ou proposé des programmes spéciaux autour de la compétition ont bénéficié d’une amélioration de leur audience.
En revanche, la presse écrite demeure le média le plus fragilisé. La disparition progressive des subventions publiques, l’augmentation des coûts d’impression et la baisse des recettes publicitaires ont accéléré le déclin des journaux imprimés.
De nombreux quotidiens ont été contraints de devenir des hebdomadaires, tandis que d’autres ne paraissent plus que de façon occasionnelle ou exclusivement en version numérique, marquant ainsi le recul progressif de la presse vendue à la criée dans les rues de Kinshasa.
L’enquête apporte également une précision méthodologique importante concernant le classement des journalistes, influenceurs et médias présents sur les réseaux sociaux. Les résultats publiés ne sont pas établis à partir du nombre d’abonnés (vues) sur TikTok, X ou d’autres plateformes numériques. Ils reposent exclusivement sur les réponses des personnes interrogées, qui ont indiqué les médias et les personnalités qu’elles ont effectivement suivis au cours du premier semestre 2026.
Cette approche permet de mesurer l’audience réelle et l’influence perçue auprès de la population, plutôt que la taille des communautés numériques, qui ne reflète pas la réalité du terrain d’application tel que le recommandent les normes déontologiques et les bonnes pratiques en matière de réalisation des enquêtes par sondage.
Au final, cette médiamé-trie met en évidence un paysage médiatique en pleine transformation : la télévision retrouve des couleurs grâce à la Coupe du monde 2026, Internet consolide son statut de premier média de la capitale, WhatsApp confirme son rôle de principal vecteur de diffusion de l’information, tandis que la presse écrite poursuit un déclin préoccupant qui interroge l’avenir du journal imprimé en République Démocratique du Congo.
Les téléphones et tablettes s’imposent comme premier support média des Kinois

Kinshasa. Les habitudes de consommation des médias évoluent rapidement dans la capitale congolaise. Les résultats de cette enquête montrent une nette domination des téléphones et tablettes, utilisés par 75 % des personnes interrogées. Ce chiffre confirme la place centrale des appareils mobiles dans l’accès quotidien à l’information, aux réseaux sociaux et aux plateformes numériques.
En deuxième position, le poste radio demeure un média de référence avec 69 % d’utilisateurs. Malgré la montée en puissance du numérique, la radio conserve une forte influence grâce à sa proximité avec les populations, son accessibilité et son rôle essentiel dans la diffusion rapide des informations, notamment dans les quartiers populaires.
La télévision arrive en troisième position avec 58 % d’utilisateurs. Elle reste un média important pour les journaux télévisés, les émissions de débat, les divertissements et les retransmissions d’événements nationaux. Toutefois, son audience est progressivement concurrencée par les contenus accessibles sur smartphone.
À l’inverse, les supports traditionnels et informatiques affichent des taux d’utilisation beaucoup plus faibles. Seuls 11 % des répondants déclarent utiliser un ordinateur personnel (PC) comme principal support média, tandis que le journal papier ne concerne plus que 5 % des personnes nterrogées. Ces chiffres traduisent le recul progressif de la presse imprimée et la faible pénétration de l’ordinateur dans les usages quotidiens de la population kinoise.
Ces résultats mettent en évidence une transformation profonde des pratiques médiatiques à inshasa. Ils confirment que les stratégies de communication des institutions, des médias, des entreprises et des organisations doivent désormais accorder une place prioritaire aux plateformes mobiles, tout en continuant à valoriser la radio, qui demeure un canal d’information incontournable. La télévision conserve une audience significative, tandis que la presse écrite et les ordinateurs occupent désormais une place plus marginale dans les habitudes d’information des Kinois.
Le lingala domine les médias audiovisuels, le français règne sans partage dans la presse écrite

Les résultats de la question sur les préférences linguistiques des Kinois selon les différents supports médiatiques mettent en évidence une réalité contrastée : si le lingala demeure la langue privilégiée pour les médias audiovisuels et numériques, le français conserve une position dominante dans la presse écrite.
Pour la télévision, 62 % des personnes interrogées déclarent préférer les programmes diffusés en lingala, contre 31 % en français et 7 % qui apprécient une utilisation équilibrée des deux langues. Cette préférence traduit le rôle du lingala comme principale langue de communication populaire à Kinshasa, particulièrement pour les émissions d’information, de divertissement et les débats.
La même tendance est observée à la radio, où le lingala atteint 64 % des préférences, devant le français (28 %), tandis que 8 % des répondants privilégient une programmation bilingue. Ces résultats confirment que la radio reste un média de proximité dont l’efficacité repose largement sur l’usage de la langue la plus couramment parlée par les habitants de la capitale.
Sur Internet, notamment les plateformes comme YouTube, le constat est similaire. Le lingala recueille 63 % des préférences, contre 31 % pour le français et 6 % pour une combinaison des deux langues.
Cette tendance montre que les créateurs de contenus numériques adaptent de plus en plus leurs productions aux habitudes linguistiques de leur public.
En revanche, la presse écrite présente un profil totalement différent. Les résultats montrent que 100 % des personnes interrogées préfèrent lire les journaux en français, tandis que le lingala et le bilinguisme n’enregistrent aucune préférence. Cette situation s’explique notamment par le fait que la grande majorité des quotidiens et hebdomadaires congolais sont publiés exclusivement en français, langue officielle de l’administration, de l’enseignement et de la presse écrite.
Globalement, cette question met en évidence la coexistence de deux réalités linguistiques dans les médias kinois. Le lingala domine largement les médias de grande audience, notamment la télévision, la radio et les plateformes numériques, où il favorise une communication directe avec le grand public. À l’inverse, le français demeure la langue de référence de la presse écrite, confirmant son statut de langue privilégiée pour l’information écrite et institutionnelle. Ces résultats illustrent l’importance, pour les médias, d’adapter leur politique linguistique au support utilisé et au public qu’ils souhaitent atteindre.
Ouragan.cd s’impose comme le média en ligne le plus lu à Kinshasa grâce à l’innovation éditoriale

Le classement des dix médias en ligne les plus lus à Kinshasa au cours du premier semestre 2026 met en évidence les nouvelles habitudes de consommation de l’information des internautes. Les résultats montrent une concurrence de plus en plus forte entre les plateformes numériques, où la qualité du contenu, l’innovation éditoriale et la rapidité de diffusion deviennent les principaux facteurs d’attractivité.
En tête du classement, Ouragan.cd s’impose avec 56 % des préférences. Cette progression s’explique notamment par son approche éditoriale innovante. Le média a enrichi son offre en intégrant une revue de presse quotidienne, qui permet aux lecteurs de suivre rapidement l’essentiel de l’actualité, ainsi qu’une courte vidéo consacrée à l’interview de l’invité du jour.
Ce format dynamique, facilement accessible sur les réseaux sociaux et les plateformes numériques, répond aux nouvelles attentes du public, qui privilégie une information à la fois rapide, synthétique et interactive.
À la deuxième place, AfricaNews recueille 54 %. Le média confirme sa réputation dans un domaine bien particulier : les scoops pertinents et les informations exclusives. Sa capacité à publier rapidement des révélations, tout en conservant une ligne éditoriale axée sur la vérification des faits, lui permet de fidéliser une large communauté de lecteurs à Kinshasa et au-delà.
Le podium est complété par Scoop RDC, qui obtient 51 %. Ce résultat traduit la confiance dont bénéficie ce média auprès de ses lecteurs, grâce à une couverture régulière de l’actualité politique, économique et sociale.
En quatrième position figure Radio Okapi avec 44 %. Sa crédibilité institutionnelle et la diversité de ses contenus continuent de lui assurer une audience importante. FNTV occupe la cinquième place avec 40 %, suivi d’Actualité.cd (34 %), qui demeure une référence dans le traitement approfondi de l’information nationale.
La seconde partie du classement est composée de Finances-entreprise.com (23 %), Alternance.cd (18 %), Congo-profond.net (17 %) et Media-congo.net (11 %). Bien que leurs audiences soient plus modestes, ces plateformes conservent une place notable dans le paysage médiatique numérique congolais en proposant des contenus spécialisés et complémentaires.
Au-delà du classement, cette enquête met en lumière une évolution importante des attentes des internautes. Les lecteurs ne recherchent plus uniquement la rapidité de l’information; ils accordent désormais une grande importance à l’innovation dans la présentation des contenus, à la qualité des analyses et à la valeur ajoutée proposée par chaque média.
Le succès d’Ouragan.cd illustre cette nouvelle tendance, tandis que AfricaNews démontre qu’une stratégie fondée sur la recherche de scoops pertinents et exclusifs demeure un levier majeur pour attirer et fidéliser une audience. Ces résultats témoignent ainsi de la transformation du paysage médiatique numérique à Kinshasa, où l’innovation éditoriale et la pertinence de l’information deviennent des facteurs déterminants de la préférence du public.
Médiamétrie à Kinshasa : entre la disparition progressive du papier et la montée du numérique, AfricaNews s’impose comme la référence de la presse écrite

Les résultats de notre enquête de médiamétrie du premier semestre 2026 révèlent une profonde mutation de la presse écrite à Kinshasa.
Les journaux vendus à la criée disparaissent progressivement au profit des éditions numériques en PDF, désormais largement diffusées via les réseaux sociaux et les applications de messagerie (WhatsApp).
Cette évolution s’explique notamment par la hausse des coûts d’impression, la baisse des ventes, l’insuffisance des recettes publicitaires et l’absence de mécanismes efficaces de soutien au secteur.
Autrefois florissante, la presse imprimée ne compte plus que quelques titres qui paraissent encore régulièrement. Malgré ce contexte difficile, Afri-caNews s’impose comme le journal le plus suivi avec 67 % des préférences, devant Ouragan.cd (51 %), Forum des As (48 %) et Congo Nouveau (41 %).
Ces médias ont su adapter leur stratégie en combinant la diffusion papier et numérique.
Notre enquête lance ainsi un véritable signal d’alarme : sans un soutien concret aux entreprises de presse, les journaux imprimés vendus dans les rues de Kinshasa pourraient disparaître définitivement dans les prochaines années, mettant fin à une tradition qui a marqué plusieurs générations de lecteurs.
Sondage LES POINTS


