RDC : la rentrée scolaire 2026-2027 placée sous le signe de l’exécution des réformes et de la qualité des apprentissages

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À Kinshasa, la ministre d’État en charge de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu, a officiellement lancé ce 1er septembre l’année scolaire 2026-2027. Dans un discours à la fois sobre et volontariste, elle a appelé l’ensemble de la communauté éducative à faire de cette nouvelle année scolaire celle de l’exécution concrète des réformes engagées, avec une priorité clairement affichée : améliorer les apprentissages et replacer l’élève au centre du système éducatif.

Des millions d’enfants reprennent, ce 1er septembre, le chemin de l’école à travers la République démocratique du Congo. Derrière cette rentrée scolaire, il y a des familles qui espèrent, des enseignants appelés à relever leur mission et un État confronté à l’immense responsabilité de préparer l’avenir d’une génération. C’est sur cette réalité que la ministre d’État en charge de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu, a articulé son message de lancement officiel de l’année scolaire 2026-2027.

Loin d’un simple rituel administratif marquant la réouverture des établissements, la ministre veut faire de cette rentrée un tournant dans la mise en œuvre des réformes éducatives. Son mot d’ordre est sans ambiguïté : après les décisions et les réformes engagées au cours des derniers mois, le temps est désormais venu de produire des résultats visibles dans les écoles et, surtout, dans les apprentissages des enfants.

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Une rentrée dans un contexte particulièrement exigeant

Cette nouvelle année scolaire débute dans un environnement marqué par plusieurs défis. Dans certaines parties du pays, l’insécurité et les conflits continuent de perturber la vie des populations et, par conséquent, le fonctionnement normal des établissements scolaires. À cette situation s’ajoute le risque sanitaire lié à la maladie à virus Ebola, qui impose des réponses différenciées selon les zones concernées.

Face à ces contraintes, le ministère entend défendre un principe essentiel : l’école doit continuer à fonctionner partout où les conditions le permettent et le droit à l’éducation doit être préservé même lorsque les circonstances rendent la scolarisation plus difficile.

La ministre a ainsi adressé une pensée particulière aux élèves, enseignants et familles vivant dans les zones affectées par les conflits. Leur situation rappelle que l’accès à l’éducation demeure l’un des grands défis de la politique éducative congolaise, particulièrement dans les territoires confrontés à l’instabilité.

L’enjeu dépasse donc la seule ouverture des classes. Il s’agit de maintenir le lien entre l’enfant et l’école, même lorsque les conditions normales d’enseignement sont perturbées.

Ebola : maintenir les apprentissages malgré le risque sanitaire

La situation sanitaire constitue également l’un des paramètres importants de cette rentrée. Dans les zones concernées par Ebola, le ministère indique avoir préparé une réponse adaptée à l’évolution du risque.

Lorsque les conditions sanitaires le permettent, les enseignements doivent se poursuivre en présentiel, avec les mesures de prévention nécessaires. Mais lorsque le niveau de risque ne permet pas un fonctionnement normal, le ministère prévoit un dispositif léger d’enseignement à distance afin d’éviter l’interruption des apprentissages.

Cette approche traduit une volonté de ne pas opposer protection sanitaire et continuité pédagogique. L’objectif est plutôt d’adapter les modalités d’enseignement aux réalités du terrain afin que les élèves puissent continuer à apprendre autant que possible.

Pour un système éducatif couvrant un territoire aussi vaste et confronté à des réalités provinciales très différentes, cette capacité d’adaptation constitue un enjeu majeur.

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Le grand défi : passer des réformes à leur exécution

Le cœur du discours de Raïssa Malu se trouve toutefois ailleurs. La ministre considère que cette rentrée doit être celle de l’exécution.

Au cours des derniers mois, plusieurs réformes ont été engagées dans le secteur éducatif. Mais pour le ministère, leur véritable efficacité ne pourra être jugée qu’à travers leur impact concret dans les établissements scolaires.

« Cette rentrée doit maintenant être celle de l’exécution », insiste la ministre, qui appelle à faire en sorte que les réformes produisent des changements perceptibles dans les écoles et dans les apprentissages.

Cette orientation marque une évolution importante dans la manière d’évaluer l’action publique dans le secteur. L’ouverture d’une école, l’adoption d’une réforme ou la prise d’une décision administrative ne constituent plus, à elles seules, des indicateurs suffisants. Le véritable test doit désormais être observé dans la salle de classe : les enfants sont-ils présents ? Les enseignants enseignent-ils effectivement ? Les élèves comprennent-ils mieux ? Progressent-ils ?

La qualité des apprentissages érigée en priorité

La ministre place ainsi la qualité des apprentissages au sommet des priorités de cette nouvelle année scolaire.

Une école ne peut, selon le discours ministériel, être considérée comme pleinement performante simplement parce qu’elle accueille des enfants. Sa mission fondamentale est de leur permettre d’apprendre, de comprendre, de raisonner et de développer leurs capacités.

Cette vision recentre la politique éducative sur la finalité première de l’école : la réussite de l’élève.

L’enjeu est de dépasser une conception essentiellement quantitative de l’éducation, centrée sur le nombre d’enfants scolarisés ou d’établissements ouverts, pour accorder davantage d’importance à ce que les élèves acquièrent réellement au cours de leur parcours scolaire.

Dans cette perspective, la réussite de l’année scolaire 2026-2027 devra être appréciée à partir des progrès réalisés par les enfants, et non uniquement à partir des statistiques de fréquentation scolaire.

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Une école qui doit aussi former des citoyens

L’autre dimension forte du message ministériel concerne la nouvelle citoyenneté.

L’école congolaise n’est pas appelée uniquement à transmettre des connaissances académiques. Elle doit également contribuer à former des citoyens responsables, respectueux de leur communauté, patriotes et attachés aux valeurs républicaines.

Les Clubs de veille citoyenne doivent progressivement trouver leur place dans les établissements. Leur développement s’inscrit dans cette volonté de faire de l’école un espace où se construisent non seulement les compétences intellectuelles, mais également le sens des responsabilités et de l’engagement collectif.

Cette orientation prend une dimension particulière dans un pays qui aspire à davantage de paix et de cohésion. Pour la ministre, l’école doit être l’un des lieux privilégiés où les jeunes apprennent ce qui rassemble la Nation : le respect de l’autre, le sens du bien commun, l’amour du pays et la fidélité à la République.

Les parents appelés à devenir de véritables partenaires

Dans son adresse aux parents, Raïssa Malu insiste également sur leur rôle dans la réussite scolaire.

La responsabilité éducative ne peut, selon cette approche, reposer exclusivement sur l’État ou sur les enseignants. Les familles sont appelées à accompagner davantage les enfants, à veiller à leur présence régulière à l’école, à s’intéresser à leurs apprentissages et à maintenir un dialogue avec les enseignants.

Cette implication des parents constitue un maillon essentiel du dispositif. La régularité de la fréquentation scolaire, le suivi du travail de l’enfant et la relation entre famille et établissement peuvent avoir une influence déterminante sur la progression scolaire.

Le message de la ministre invite donc à considérer l’éducation comme une responsabilité partagée entre l’État, les établissements, les enseignants, les parents et les élèves eux-mêmes.

La gratuité de l’enseignement primaire public réaffirmée

Autre point majeur du discours : la gratuité de l’enseignement primaire public demeure un engagement fondamental de l’État.

Présentée comme une politique voulue par le président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, la gratuité doit continuer à être appliquée conformément aux dispositions en vigueur.

La ministre adresse à ce sujet une mise en garde claire aux responsables scolaires et aux gestionnaires : aucun enfant ne doit être privé d’école en raison de pratiques irrégulières.

Cette réaffirmation donne une dimension sociale particulièrement forte à la rentrée. Elle rappelle que l’objectif de l’accès universel à l’éducation ne peut être dissocié de la lutte contre les pratiques susceptibles d’exclure certains enfants du système scolaire.

Pour l’administration éducative, la question est donc désormais autant celle du respect des règles que celle de leur contrôle effectif sur le terrain.

Aux enseignants : remettre l’élève au centre

Le discours de rentrée comporte également un message direct à l’endroit des enseignants.

La ministre reconnaît les difficultés auxquelles beaucoup d’entre eux restent confrontés et assure que le Gouvernement poursuivra le travail engagé pour améliorer et sécuriser leurs conditions sociales.

 

Mais cette reconnaissance s’accompagne d’exigences professionnelles précises.

Les enseignants sont invités à placer l’élève au centre de leur mission, à être présents dans leurs classes, à enseigner avec exigence, à respecter l’éthique professionnelle et surtout à veiller à ce que les enfants apprennent effectivement.

Le message est donc fondé sur une logique de responsabilité réciproque : l’État doit poursuivre l’amélioration des conditions sociales des enseignants, tandis que ceux-ci sont appelés à exercer pleinement leur mission pédagogique.

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Une administration appelée à être davantage présente sur le terrain

La transformation souhaitée ne concerne pas uniquement les salles de classe. Elle doit également toucher le fonctionnement de l’administration éducative.

Du niveau central aux établissements, en passant par les provinces éducationnelles et les sous-divisions, la ministre appelle à une administration davantage présente sur le terrain et davantage orientée vers les résultats.

Cette exigence traduit une volonté de renforcer le suivi de l’action éducative.

Les responsabilités ont été rappelées, les priorités sont définies ; l’étape décisive devient désormais celle de l’exécution et du contrôle des résultats.

Autrement dit, le ministère entend faire évoluer la culture administrative du secteur vers davantage de proximité avec les établissements et de responsabilité quant aux résultats obtenus.

Une nouvelle définition de la réussite scolaire

Dans son discours, Raïssa Malu propose finalement une définition plus exigeante de ce qu’est une rentrée réussie.

Une année scolaire ne peut être considérée comme réussie simplement parce que les écoles ont ouvert leurs portes le premier jour. Elle doit également être évaluée à partir de plusieurs critères : la présence effective des enseignants et des élèves, le respect du calendrier scolaire, la qualité des enseignements, la bonne gestion des établissements et les progrès réalisés par les enfants tout au long de l’année.

Cette grille de lecture place donc la performance du système éducatif au-delà de la seule question de l’accès à l’école.

Elle introduit une exigence de résultats qui devra nécessairement être suivie dans la durée. Car entre l’ouverture officielle de l’année scolaire et son bilan final, de nombreux défis devront être relevés : assiduité, qualité pédagogique, encadrement, gestion des établissements, continuité des apprentissages dans les zones fragiles et accompagnement des élèves.

Aux élèves : le message d’une génération appelée à construire le pays

La ministre s’est enfin directement adressée aux principaux bénéficiaires de la politique éducative : les élèves.

Elle les encourage à travailler, à cultiver leur curiosité, à respecter leurs enseignants et leurs camarades, à prendre soin de leur école et à croire en leurs capacités.

Au-delà de ces recommandations, son message inscrit l’éducation dans une perspective nationale. La RDC, souligne-t-elle, a besoin de l’intelligence, des connaissances, de la créativité et du sens des responsabilités de sa jeunesse.

L’école apparaît ainsi comme un investissement à long terme dans la capacité du pays à construire son avenir.

2026-2027 : l’année du passage aux résultats ?

À travers ce discours de lancement, la ministre d’État Raïssa Malu dessine les contours d’une année scolaire qui se veut moins centrée sur les annonces que sur leur traduction concrète.

Le fil conducteur est clair : faire fonctionner l’école, protéger le droit à l’éducation dans les zones fragiles, consolider la gratuité, améliorer les conditions des enseignants, renforcer la présence de l’administration, développer la citoyenneté et surtout améliorer la qualité des apprentissages.

Le défi sera désormais de transformer ces orientations en réalités mesurables dans les établissements.

Car la véritable réussite de cette rentrée ne se jouera pas uniquement ce 1er septembre, au moment où les portes des écoles s’ouvrent. Elle se mesurera mois après mois, dans la régularité des cours, la présence des enseignants et des élèves, la qualité du travail pédagogique et, au bout du compte, dans les progrès réalisés par les enfants.

C’est précisément sur cette exigence de résultats que la ministre a conclu son adresse en déclarant officiellement ouverte l’année scolaire 2026-2027 sur toute l’étendue de la République démocratique du Congo.

Une nouvelle année scolaire commence donc. Mais derrière la rentrée, c’est une promesse plus vaste qui est désormais mise à l’épreuve : celle d’un système éducatif capable non seulement de scolariser davantage d’enfants, mais surtout de mieux les former, de renforcer leur citoyenneté et de préparer, par l’éducation, l’avenir de la République.

Tighana MASIALA

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