Guillaume Ngefa, un an pour réparer la Justice : bilan d’un Garde des sceaux qui pose les jalons de la refondation

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Après les années de bruit et de promesses populistes, le Garde des sceaux Guillaume Ngefa Atondoko Andali a choisi la méthode des fondations. Un an jour pour jour après sa prise de fonction, le Ministre d’État à la Justice a livré vendredi un bilan sans fard, reconnaissant des avancées tangibles — création du Tribunal pénal économique, projet de loi anticorruption, numérisation avec « Justice 2.0 » — mais aussi des plaies encore ouvertes : surpopulation carcérale, budgets faméliques et déserts judiciaires. Devant la presse, il a plaidé pour une deuxième année « d’accélération », seul gage, selon lui, d’une Justice crédible et digne d’un pays de plus de 100 millions d’âmes. Une ambition qui se joue aussi sur la scène internationale, avec une offensive judiciaire contre le Rwanda devant la CIJ et une diplomatie assumée pour briser l’impunité, y compris au sommet de l’État.

Pour démarquer du populisme à outrance de son prédécesseur, le Garde des sceaux et Ministre d’Etat en charge de la Justice, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, s’est consacré avant tout colmater les brèves, avant de s’engager dans un vaste chantier de réforme pour ramener la confiance de part et d’autre

En une année, il reconnait avoir posé les jalons, même en toute modestie il continue à dire que le chemin est encore long.

Le Garde des Sceaux a présenté vendredi le bilan de sa première année à la tête de ce ministère, mettant en avant les réformes engagées pour restaurer la crédibilité de la Justice, tout en reconnaissant la persistance de plusieurs défis structurels.

« Notre Justice souffre encore d’un certain nombre de dysfonctionnements qui nécessitent des réformes structurantes. La Justice d’un pays doit être revêtue du sceau de la crédibilité », a déclaré le ministre d’État lors d’un briefing de presse organisé par le ministère de la Communication et Médias dans le cadre de l’exercice de redevabilité du Gouvernement.

Partageant le plateau avec la Ministre d’État aux Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, M. Ngefa a passé en revue la situation trouvée à son arrivée, les actions réalisées, les réformes engagées, les défis ainsi que les perspectives pour sa deuxième année à la tête du ministère.

Parmi les principales avancées, il a cité la création du Tribunal pénal économique et financier, le projet de loi anticorruption, la réforme de la justice militaire, la modernisation de l’Inspection générale des services judiciaires et pénitentiaires, l’opérationnalisation de la profession notariale ainsi que la transformation numérique du secteur à travers le programme « Justice 2.0 ».

Lutte contre l’impunité et le désert judiciaire

Dans le cadre de la lutte contre l’impunité, la corruption et les spoliations, le Ministre d’État a indiqué avoir instauré un processus permanent de suivi des injonctions, dans le respect de l’indépendance de la Justice. Il a également annoncé l’ouverture prochaine de procès publics concernant plusieurs dossiers liés au phénomène « Folio ».

La lutte contre le désert judiciaire figure également parmi les priorités du ministère. Après la réalisation de nouvelles infrastructures judiciaires, notamment à Lubumbashi, Demba et Kinshasa/Kalamu, Guillaume Ngefa a annoncé la poursuite du projet de construction de six complexes judiciaires, destiné à améliorer la couverture judiciaire du territoire et à rapprocher davantage la Justice des citoyens.

Abordant la situation pénitentiaire, il a reconnu que la surpopulation carcérale, l’alimentation des détenus, l’accès aux soins et les conditions d’hygiène demeurent préoccupants, malgré les libérations conditionnelles, les transferts de détenus, les mesures de désengorgement et les projets de réhabilitation entrepris.

« La privation de liberté ne doit jamais devenir une privation de dignité », a-t-il souligné.

Le Ministre d’État a, par ailleurs, relevé l’insuffisance des ressources financières affectées au secteur, estimant qu’un budget de l’ordre de 50 millions de dollars américains pour un pays de plus de 100 millions d’habitants reste largement inférieur aux besoins. Il a plaidé pour un financement plus conséquent, durable et prévisible afin d’accompagner les réformes.

La diplomatie judiciaire comme instrument de lutte contre l’impunité

Sur le plan international, Guillaume Ngefa a présenté la diplomatie judiciaire comme un levier de défense des intérêts de la République et de lutte contre l’impunité. Il a notamment évoqué la requête déposée par la RDC contre le Rwanda devant la Cour internationale de Justice (CIJ) le 26 juin 2026, le renforcement de la coopération avec la Cour pénale internationale (CPI), ainsi que les initiatives de coopération judiciaire avec plusieurs États.

Le Ministre d’État a affirmé que les personnes impliquées dans les crimes commis en RDC dans le contexte du conflit dans l’Est devront répondre de leurs actes, y compris les ressortissants étrangers lorsque leur responsabilité est établie. Il a également évoqué, lorsque les conditions juridiques sont réunies, la responsabilité du supérieur hiérarchique ou du commandement.

« Il ne doit y avoir ni sanctuaire ni impunité pour les auteurs et responsables de crimes graves commis sur le territoire congolais », a-t-il déclaré.

Répondant aux questions des étudiants présents dans le public, Guillaume Ngefa est notamment revenu sur la procédure engagée par la RDC devant la CIJ contre le Rwanda ainsi que sur la situation carcérale et l’alimentation des détenus.

Le Ministre Ngefa a reconnu que tous les problèmes de la Justice congolaise ne pouvaient être résolus en une année, estimant que cette première étape avait essentiellement permis de poser les fondations et d’engager les réformes nécessaires.

Il a indiqué que la deuxième année devrait être celle de « l’accélération, de la consolidation et de la traduction des réformes en résultats concrets », avec pour objectif de bâtir une Justice crédible, accessible et efficace, capable de protéger les citoyens, de lutter contre l’impunité et de restaurer durablement la confiance dans l’État.

Avec Celcom/JUSTICE

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