Appel à la conscience nationale : le « Dialogue national inclusif », seul chemin vers la restauration de la souveraineté et la solidité de la paix

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Face à l’enlisement du conflit dans l’Est, à la persistance des ingérences extérieures et au pillage des ressources nationales, l’auteur appelle à un sursaut de conscience collective. Pour lui, ni la sous-traitance sécuritaire, ni les sanctions internationales, ni les accords conclus à l’extérieur ne pourront, à eux seuls, restaurer durablement la paix et la souveraineté de la RDC. Seul un Dialogue national véritablement inclusif, conduit sur le sol congolais et placé au-dessus des calculs partisans, peut permettre aux Congolais de solder leurs divisions, reprendre le contrôle de leurs richesses et définir un pacte républicain capable de préserver l’intégrité territoriale et l’avenir du pays. Tribune.

I. Le réveil après l’illusion de la sous-traitance sécuritaire et l’expansion du conflit

Le Nord et le Sud Kivu isolés

Depuis la résurgence du conflit à l’est du pays avec la réapparition des rebelles du M23 en 2022, et parallèlement à l’intervention officielle de la UPDF (forces armées ougandaises) dans la traque contre les ADF, je n’ai cessé de rappeler la nécessité absolue d’un dialogue national inclusif entre Congolais afin de mettre fin à cette tragédie sécuritaire. Le 1ᵉʳ janvier 2023, je préconisais déjà sur mon compte X le report du scrutin en ces termes : « Gagner une élection dans un pays sous occupation n’est pas un trophée. Il faut évaluer l’état de la nation, composer avec tous les leaders pour anéantir la balkanisation en cours : c’est cela, entrer au Panthéon. Le retrait de notre territoire des troupes ougandaises et rwandaises, tout comme la sortie de la RDC de l’EAC, doivent être non négociables. Tous pour la paix en RDC ! »

Cette prise de position visait à placer la sécurité des Congolais et l’intégrité territoriale au centre des priorités, bien loin de toute victoire électorale à la Pyrrhus. L’extension tragique des zones de conflit et la détérioration de la situation humanitaire sur le terrain ne font aujourd’hui que confirmer la justesse de cette alerte.

Tel un cancer qui métastase, le M23 — désormais mué en Alliance Fleuve Congo (AFC-M23) et ses alliés— a continué de progresser et d’étendre son emprise territoriale. Même s’ils ne contrôlent pas l’intégralité des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, ils y exercent un pouvoir d’administration de fait qui s’inscrit dangereusement dans la durée.

L’Ituri, un autre foyer de chaos

Dans la province de l’Ituri, la situation est tout aussi alarmante. La CODECO, la milice Zaïre et d’autres groupes armés s’y affrontent dans un chaos sanglant, sans revendications politiques cohérentes ni objectif visant l’amélioration de la sécurité ou du bien-être des populations. Sur ce même théâtre, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et l’armée ougandaise (UPDF) coexistent dans le cadre de l’opération conjointe « Shujaa » contre les ADF. Que font réellement ces troupes ougandaises sur le terrain ? Ni à Kinshasa ni à Bunia, personne n’est en mesure d’apporter une réponse satisfaisante, et encore moins d’indiquer comment mettre un terme à ce chaos généralisé.

On nous rétorque, cependant, que les troupes ougandaises interviennent sur invitation du gouvernement congolais pour neutraliser les incursions meurtrières des ADF en Ouganda. Or, leur présence s’éternise. Il ne s’agit plus d’une opération temporaire au titre d’un droit de poursuite, mais d’une occupation qui ne dit pas son nom. Les incursions des ADF sur le sol ougandais sont devenues rarissimes — les Nations Unies n’en recensent que quelques-unes aux conséquences meurtrières très limitées. Dès lors, qu’est-ce qui justifie cette armada déployée en Ituri, incapable d’anéantir cette nébuleuse ?

Pire, les troupes ougandaises se comportent en terrain conquis, affranchies de tout mécanisme de contrôle et de sanction. Pourquoi cet abandon de souveraineté ? En vérité, un pays ne peut sous-traiter sa sécurité intérieure. Après la débâcle des troupes de l’EAC, le retrait de la SADC (SAMIDRC), l’échec des prestataires militaires privés d’origine roumaine – autrement qualifiés de mercenaires – et les arrangements avec l’armée burundaise, l’instabilité sécuritaire persiste. Il est donc temps de reconnaître que la sous-traitance sécuritaire est une impasse mortelle.

II. Le soutien extérieur à l’AFC-M23 et l’inefficacité des sanctions

Le monde entier sait : l’AFC-M23 bénéficie du soutien du Rwanda qui lui sert de base arrière ou de  conduit logistique. Les velléités d’extension du conflit jusqu’au Grand Katanga sont de plus en plus évidentes et doivent  être arrêtées de toute urgence. C’est dans ce cadre que des négociations sont en cours en Suisse entre les représentants du gouvernement congolais et du mouvement rebelle AFC-M23, après avoir signé quelques protocoles d’accord à Doha, Qatar. Serait-il le seul responsable des conflits ?

L’accord asymétrique de Washington, DC sur la paix et la sécurité impliquant le Rwanda pourtant identifié comme agresseur, paraît illusoire. Il n’apportera pas la paix dans la partie orientale du pays parce qu’il n’y a pas que le Rwanda et l’AFC-M23. Ils sont plus de cent-vingt groupes actifs aux conflits. Quant aux sanctions décrétées par les Etats-Unis et l’Union européenne aux officiers généraux de la RDF (Rwanda Defence Forces) et aux leaders de l’AFC-M23, elles n’auront aucun effet dissuasif à moyen terme. Il faut être réaliste et cessons de singulariser !

Les sanctions extérieures contre les voisins et les groupes ne sauveront pas le Congo si les Congolais ne se sauvent pas eux-mêmes.

De quelle manière ? La réponse est ci-dessous.

III. La réalité du financement des guerres et l’autopsie du pillage

Nous, Congolais, devons poser la question qui blesse – comme dirait Faustin Luanga dans son ouvrage « Penser librement, Exister Pleinement » à paraître – de savoir combien coûte cette guerre et qui finance réellement ces opérations. Tout conflit impliquant la mobilisation de troupes et de matériel lourd se chiffre en centaines de millions de dollars. Si l’Ouganda, exempt d’attaques majeures sur son sol, externalise ses forces à la poursuite d’un groupe insaisissable ; si le Rwanda, malgré de multiples occasions d’asseoir sa domination, n’a jamais vaincu les FDLR depuis 1997 ; si la CODECO et le Zaïre n’ont jamais atteint leurs objectifs initiaux ; et si, enfin, les milices Wazalendo — qualifiées de « patriotes » ou de « réservistes » — échouent à soutenir les FARDC pour reconquérir du terrain et souvent s’affrontent entre alliés, une question s’impose : quelle est la véritable raison d’être de ces conflits ? La réponse ne réside-t-elle pas dans l’enrichissement des trafiquants d’armes, des exportateurs frauduleux de nos minerais et des détourneurs des deniers publics destinés à nos vaillants soldats et au financement des infrastructures sociales ?

Pour donner une perspective, dans le cadre du conflit actuel au Moyen-Orient — opposant l’axe israélo-américain à l’Iran —, le financement repose sur des mécanismes complexes. Sa mobilisation obéit à des procédures très précises dont l’impact réel sur les économies concernées demeure, pour l’instant, difficile à mesurer. Il faudra au moins une décennie pour prendre la pleine mesure des ravages de cette guerre sur la croissance économique des belligérants.

Tableau 1 : les dépenses de la guerre en cours au Moyen Orient

Acteur / PaysDépenses Militaires Directes Estimées
États-Unis (DOD / Pentagone)~100 à 113 Milliards $ (Demande d’élongation budgétaire de 87,5 Md$ formulée à l’été 2026)
Israël (Tsahal / IDF)~11,5 à 15 Milliards $ (soit 320 à 500 M$/jour d’opérations)laregement subventionnés par les USA et certains pays européens
Iran~8 à 12 Milliards $ (Coût direct de fabrication/tir)

       Sources : Sénat US, CNN et Le Monde

Ce tableau doit nous interroger et faire toute la lumière sur la tragique réalité du financement des conflits qui ravagent notre pays depuis près de trois décennies. Il est évident que nos voisins ne peuvent financer l’occupation de nos vastes territoires par leurs budgets respectifs : ils la financent en captant la valeur de nos ressources minières :

Tableau 2 : Comparatif PIB et Budget du Rwanda et de l’Ouganda (USD)

Comparatif PIB et budgets (USD)
AnnéeRwanda PIBRwanda BudgetOuganda PIBOuganda Budget
202213,75 Mds4,6 Mds45,57 Mds12,7 Mds
202314,81 Mds5,0 Mds48,77 Mds14,0 Mds
202415,11 Mds5,15 Mds53,91 Mds14,1–14,2 Mds
202516,37 Mds61,99 Mds~14,2 Mds

Source : macrotrends

C’est pourquoi il convient de faire l’autopsie du pillage de nos richesses. En effet, les données économiques du Fonds monétaire international (FMI) sur la sous-région sont formelles : l’Ouganda et le Rwanda affichent des volumes d’exportations spectaculaires d’or raffiné et de minerais critiques (3T), en totale contradiction avec la faiblesse de leurs réserves géologiques nationales.

Tableau 3 : Voici les détails et les valeurs estimées des exportations de minerais pour l’Ouganda et le Rwanda sur la période allant de 2022 à 2025.

PaysPrincipaux minerais exportés2022202320242025
OugandaOr~200 M$~1,2 Md$~5,2 Md$~6,4Md$
RwandaOr~0,583 Md$~0,900Md$~1,5Md$, malgré les sanctions    ~2Md$

Sources : communiqués du Conseil d’administration du Fonds Monétaire International suite à l’approbation de la Facilité Elargie de Crédit (FEC) par pays.

Pour soutenir leurs campagnes militaires et maintenir une occupation durable sur un espace représentant 64 % de leur superficie cumulée, nécessitant une logistique complexe et extrêmement coûteuse, les trois pays de la sous-région — l’Ouganda, le Burundi et le Rwanda — aux marges budgétaires très limitées, recourent aux exportations de minerais en provenance de la RDC.

Le vice-gouverneur de la Banque centrale d’Ouganda reconnaît lui-même que le sous-sol de son pays ne dispose pas de réserves suffisantes pour justifier un volume d’exportation d’or atteignant près de 6,4 milliards de dollars en 2025, même en tenant compte de la hausse spectaculaire du cours du métal jaune. Ces flux, acheminés pour l’essentiel en transit depuis la RDC par des opérateurs non identifiés, souffrent d’un grave déficit de traçabilité.

L’Histoire semble se répéter : le pillage actuel de la RDC réédite, par certains aspects, la logique financière coloniale. En effet, le Congo belge ne recevait aucune subvention de Bruxelles et s’autofinançait intégralement. L’illustration la plus marquante en demeure le Plan décennal (1949–1959) : ce budget colossal de 25 milliards de francs belges de l’époque fut entièrement financé par l’essor des exportations minières congolaises — notamment l’uranium et le cuivre — et par des emprunts garantis et scrupuleusement remboursés par les recettes propres de la colonie. Hier comme aujourd’hui, le mécanisme demeure identique : ce sont les ressources mêmes du Congo qui financent son assujettissement.

Ces activités illégales bénéficient malheureusement trop souvent de complicités au sein de notre appareil sécuritaire, contribuant ainsi à pérenniser l’instabilité et l’occupation. La privatisation informelle de la force publique et la captation des ressources nationales au profit d’intérêts particuliers compromettent gravement la montée en puissance de notre armée et éclairent les fragilités de nos troupes face aux menaces internes et externes.

Bientôt, l’Ouganda siphonnera une grande partie, voire la totalité, du pétrole du lac Albert — dont sa part prouvée s’élève à environ 1,65 milliard de barils — alors même que nous détenons le potentiel le plus important, non étayé par étude sérieuse. Depuis 2007, nous sommes engagés dans des accords douteux et honteux, téléguidés par les hautes sphères du pouvoir, alors que nous aurions pu commencer à produire du pétrole bien avant l’Ouganda. Abandonner de fait la gestion de notre part de ce bassin à travers la passation de contrats de partage de production biaisés constitue une atteinte supplémentaire à notre souveraineté et une privation majeure de notre potentiel économique. Plus cruel encore, nous n’envisageons même pas de structurer un accord d’unitisation avec ce voisin encombrant pour l’exploitation conjointe des réserves enfouies sous le lac.

Cette défaillance s’explique par un manque de vision et une absence de continuité qui traduisent les faiblesses structurelles de la gouvernance de nos ressources — qu’il s’agisse des minerais 3T, du gaz méthane (où le Rwanda produit déjà 26 MW avec un objectif de 100 MW, pendant que la RDC confie la gestion de son potentiel à des mains inexpertes) ou du pétrole —, abandonnant ainsi toute l’initiative de leur valorisation à nos voisins.

Revenons à l’unitisation : elle constitue une nécessité politique et économique pour préserver la souveraineté de la RDC sur ses ressources — même non encore quantifiées — et éviter que l’Ouganda ne prenne une avance irréversible. Cette dynamique ougandaise est portée par le projet EACOP (East African Crude Oil Pipeline), un oléoduc géant d’environ 1 443 km reliant les gisements de l’Albertine Graben (Tilenga et Kingfisher) au port de Tanga en Tanzanie, sur l’océan Indien. Sans un accord d’unitisation structuré, la RDC risque de se faire dépouiller d’une part significative de son potentiel pétrolier du lac Albert. Cessons les discours creux et agissons !

C’est pourquoi, au lieu des discours de haine, de division et d’exclusion, les Congolais doivent évaluer le coût économique global du pillage et des conflits. Selon un modèle d’estimation appuyé sur les flux commerciaux transfrontaliers non enregistrés, la captation illicite de rentes et le manque à gagner macroéconomique — synthétisés dans le Tableau 4 ci-dessous —, l’économie congolaise subit un préjudice annuel global évalué à plus de 17 milliards de dollars.

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Tableau 4 : Estimation indicative des manques à gagner et coûts globaux pour l’économie

Catégorie économiqueNature du préjudice / Rente captéePertes annuelles estimées (USD)Source & Ancrage méthodologique
 

 

 

 

 

 

 

I. Captation de rentes extractives (Pillages bruts)

Exportation illégale d’Or 

4,5 Mds $

Écart entre volumes exportés par les voisins et production géologique nationale (FMI / UN Comtrade)
Exportation illégale de Cobalt & associées 

2,1 Mds $

Flux miniers non traçables et contrebande transfrontalière
Exportation illégale des 3T (Étain, Tantalite, Tungstène) 

1,8 Md $

Statistiques de raffinage régional vs. schémas de certification (ITSCI/RMI)
Exportation illégale de Cuivre1,2 Md $Trafic routier informel et minerais bruts non déclarés
 

II. Manque à gagner budgétaire & institutionnel

Détournement des deniers publics & évasion fiscale liée au secteur minier 

1,5 Md $

Fuite de recettes douanières, sous-évaluations aux frontières et détournements internes
 

 

 

 

 

III. Coûts d’opportunité & externalités négatives

Destruction d’infrastructures physiques, dégradation de la faune et de la flore 

 

1,1 Md $

Coût de remplacement des actifs détruits et perte de capital naturel
 

 

Coût économique indirect du conflit & perte de capital humain

 

 

5,0 Mds $

Pertes de PIB par déracinement des populations (manque à gagner agricole/commercial) et dépenses de crise
Valeur cumulée de l’impact économiqueImpact global annuel sur l’économie nationale~17,2 Mds $Agrégat indicatif (Estimations personnelles)
PIB nominal en USD porté principalement par le secteur extractif~92,8 Mds $ Poids des exportations du secteur extractif 25%« 18,5% de perte »La contrebande minière transfrontalière assèche la première source de richesse et de recettes fiscales

Sources : FMI, UN Comtrade (base de données statistiques du commerce de marchandises des NU), ITSCI (International Tin Supply Chain Initiative), RMI (Responsible Minerals Initiative) et mes estimations personnelles

Ce sont mes propres estimations — elles n’engagent que moi et n’ont pas vocation à constituer des données officielles, mais à illustrer ma perspective sur l’ampleur du pillage : selon celles-ci, la RDC perdrait chaque année plus de dix-sept (17) milliards de dollars du fait des exportations illégales de minerais, du détournement des deniers publics, de la destruction de la faune, de la flore et des infrastructures, ainsi que des ravages humains et du déracinement des populations liés aux conflits.

Ces chiffres, bien qu’empiriques, reposent sur une typologie rigoureuse qui distingue la captation directe de nos richesses physiques de leurs effets secondaires destructeurs. L’essentiel est de comprendre que nos ressources non renouvelables financent aujourd’hui notre propre servitude, tout en amputant notre PIB d’un potentiel de croissance vital. Nos minerais ne se régénéreront pas. Pendant que nos voisins bâtissent des stratégies d’avenir et consolident leurs finances publiques grâce à nos richesses, nous nous enfermons dans des querelles stériles. Il est grand temps de changer de paradigme. Nous ne cessons de tout céder aux étrangers à travers des accords de coopération improductifs pour notre développement.

IV. Le cri du cœur : l’appel au sursaut républicain

Le Président de la République l’a déclaré lui-même : nous ne réussirons pas le développement de notre pays dans la division. Il est grand temps que cette affirmation se traduise par un acte de courage politique suprême. Le Chef de l’État s’est exprimé sur le dialogue national inclusif, mais son adresse ne suffit pas. Il doit s’élever au-dessus des querelles partisanes, dépasser les rancœurs et rassembler toute la nation. L’urgence humanitaire et sécuritaire exige l’abandon des postures d’affichage et de la rhétorique partisane. La gravité de la crise impose une responsabilité historique aux décideurs politiques de tous bords pour privilégier la recherche de solutions concertées et pérennes.

Aux décideurs politiques, aux groupes armés et à la société civile : ayez le courage de regarder ce peuple en face ! Pendant que nos mères agonisent et que nos enfants s’entassent dans des camps de déplacés, vous débattez dans le vide. Quelle sera notre fierté si la terre de nos ancêtres vient à nous échapper ? À quoi bon détruire nos vies aujourd’hui, sachant que tous les belligérants finissent invariablement autour d’une table de négociation pour solder leurs comptes ? À quoi bon ces face-à-face à Montreux, quand c’est ici, sur notre propre terre, que les Congolais devraient se parler et décider de leur avenir ?

Vous tous, vous parlez d’un dialogue national inclusif qui ne constitue ni une faiblesse ni une reddition, mais bien une nécessité vitale. Sans lui, nous continuerons à perdre nos terres, nos richesses et nos citoyens. En revanche, grâce au dialogue et à la maîtrise rétablie de nos ressources, nous pourrons recouvrer notre souveraineté et notre grandeur. Ce dialogue doit avoir du sens : celui de mener à un pacte d’action stratégique et d’affirmation souveraine, de constituer le sursaut républicain d’un peuple grand et libre qui refuse d’admettre son propre déclin.

​Son organisation doit incarner la solennité de l’instant et la gravité des défis majeurs posés à la Nation. Elle ne saurait, sous aucun prétexte ni sous quelque forme que ce soit, céder à l’amateurisme ni reproduire le spectacle affligeant du désordre chronique qui paralyse la circulation kinoise. Sans cette rigueur absolue, ce rassemblement s’achèvera dans la flétrissure de la complicité : nous ne serions alors que la vermine cramponnée à la coque d’une nation en dérive, fracturée par l’avidité, l’égoïsme et le renoncement au bien commun.

Le temps des divisions est révolu. Le temps du courage et de la responsabilité commence maintenant. C’est le moment historique de se regarder dans les yeux et de se dire : « Nous avons eu tort de nous diviser pendant que les loups pillaient notre maison. Asseyons-nous, taisons nos égos et reconstruisons ensemble la République démocratique du Congo. »

Arrêtons d’alimenter l’engrenage destructeur de la guerre. Bâtissons l’unité nationale, fermons les vannes du pillage de nos ressources, et redonnons au Congo la grandeur, la souveraineté et la paix qu’il n’aurait jamais dû perdre.

Nkoymobali, août 2026

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