Carburant à Kinshasa : les files s’allongent, le Gouvernement écarte le spectre de la pénurie

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Au moment où les automobilistes patientent devant plusieurs stations-service de la capitale, le ministère des Hydrocarbures veut désamorcer la polémique : les réserves seraient « très largement suffisantes ». Pour Acacia Bandubola, Ministre des Hydrocarbures, les difficultés constatées relèvent davantage de contraintes logistiques que d’un manque de carburant. Le Gouvernement renforce les livraisons, notamment de nuit, et appelle les Kinois à ne pas céder à la panique ni à constituer des stocks de précaution.

Les longues files d’attente devant plusieurs stations-service de Kinshasa alimentent depuis quelques jours les inquiétudes des automobilistes. Dans une capitale où le moindre ralentissement dans l’approvisionnement en carburant peut rapidement provoquer des tensions, les images de véhicules immobilisés en série ont suffi à faire naître les craintes d’une éventuelle pénurie. Le Gouvernement veut pourtant couper court aux spéculations.

Dans un communiqué, publié ce mardi, la cellule de communication de la Ministre des Hydrocarbures, Acacia Bandubola, se veut catégorique : « Il n’y a pas de pénurie à Kinshasa. »

Selon les autorités, les réserves disponibles au niveau national sont « très largement suffisantes » pour répondre à la demande et assurer l’alimentation régulière du réseau de distribution.

Un problème de logistique plutôt qu’un manque de carburant

Pour le ministère des Hydrocarbures, les difficultés observées dans certaines stations ne seraient donc pas liées à une insuffisance des stocks. Le principal obstacle se situerait plutôt au niveau de la chaîne logistique.

Les embouteillages qui paralysent régulièrement plusieurs artères de Kinshasa ralentissent,  notamment la circulation des camions-citernes entre les dépôts et les stations-service. Une situation qui peut provoquer, localement, des ruptures temporaires dans certaines stations, sans pour autant traduire une pénurie généralisée.

Le ministère assure ainsi que « la distribution se poursuit régulièrement et de manière continue ». Une affirmation destinée à rassurer une population particulièrement sensible aux perturbations de l’approvisionnement en produits pétroliers.

Pour réduire la pression sur le réseau de distribution, les autorités indiquent avoir déjà pris des mesures correctives. Des équipes ont été déployées afin d’identifier les stations les moins desservies et de donner la priorité à leur réapprovisionnement.

Le Gouvernement annonce également un renforcement des livraisons nocturnes, période durant laquelle la circulation des camions-citernes est moins exposée aux embouteillages. L’objectif est double : fluidifier l’acheminement du carburant et faire disparaître progressivement les files d’attente.

Cette réponse logistique constitue, pour le ministère, la meilleure manière de rétablir rapidement une situation normale sans alimenter davantage les inquiétudes.

Face aux files qui s’allongent, le Gouvernement redoute surtout un effet de panique. La Ministre Acacia Bandubola appelle ainsi les Kinois à la sérénité et à la retenue. Elle déconseille aux automobilistes de se précipiter dans les stations-service ou de constituer des réserves personnelles.

Un comportement qui, selon les autorités, pourrait produire exactement l’effet inverse de celui recherché : augmenter artificiellement la demande, accentuer la pression sur les stations et prolonger les files d’attente. « Le carburant est disponible, les livraisons se poursuivent et les réserves nationales sont largement suffisantes », insiste le ministère.

Sous pression pour rassurer

Au-delà du démenti officiel, la situation observée dans les stations-service rappelle néanmoins la fragilité de la chaîne d’approvisionnement dans une mégapole comme Kinshasa. Même lorsqu’il n’existe pas de pénurie nationale, un problème d’acheminement peut rapidement se transformer en difficulté visible pour les consommateurs. Une station insuffisamment approvisionnée, des camions bloqués dans les embouteillages et une demande qui augmente simultanément peuvent suffire à créer un sentiment de pénurie.

C’est précisément ce scénario que le Gouvernement veut éviter. La priorité affichée par le ministère est désormais de garantir la continuité de l’approvisionnement et d’empêcher que des perturbations ponctuelles ne se transforment en crise généralisée.

Pour les automobilistes, le véritable test sera donc celui du terrain : la disparition effective des files et le retour à un approvisionnement fluide des stations-service.

En attendant, le Gouvernement se veut rassurant : les stocks sont disponibles, les livraisons continuent et il n’y aurait aucune raison de céder à la panique.

Hugo Tamusa

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