Stade des Martyrs : pour une rénovation en profondeur

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Le Stade des Martyrs de Kinshasa doit-il continuer à faire l’objet de réhabilitations ponctuelles ou être fermé pendant plusieurs années pour une transformation complète ? Le débat mérite d’être posé, au regard des insuffisances persistantes de cette infrastructure sportive majeure de la RDC.

Malgré plusieurs opérations de réhabilitation et des millions de dollars qui y ont été consacrés au fil des années, le Stade des Martyrs peine toujours à répondre pleinement aux standards internationaux. Pour ses critiques, il est temps de changer d’approche et d’envisager une rénovation profonde, quitte à fermer temporairement l’enceinte pendant deux ou trois ans.

Les insuffisances régulièrement pointées concernent notamment les espaces réservés aux officiels et aux médias, les vestiaires, les sanitaires, les parkings, le système d’affichage et les écrans géants. S’y ajoutent l’absence d’espaces suffisamment adaptés pour les journalistes accrédités, de restauration, d’archives ainsi que de dispositifs de sécurité permettant de mieux protéger les spectateurs et de lutter contre la fraude lors des rencontres.

À chaque changement de ministre ou de responsable, de nouveaux projets de réhabilitation sont annoncés. Pourtant, le résultat final continue de susciter des interrogations. Pour les partisans d’une transformation radicale, multiplier les travaux ponctuels sans résoudre les problèmes structurels revient à repousser indéfiniment une décision devenue nécessaire.

Repenser complètement l’infrastructure

L’idée serait donc de s’inspirer des grandes rénovations réalisées dans plusieurs enceintes sportives internationales. Fermer le stade pendant une période suffisamment longue permettrait de mener un chantier cohérent : modernisation des tribunes, vestiaires, espaces VIP et médias, sanitaires, sécurité, accès, parkings, éclairage, affichage et équipements technologiques.

Le Stade Tata Raphaël pourrait également faire l’objet d’une réflexion similaire, compte tenu de son importance historique et de son état.

Une telle décision poserait toutefois la question des rencontres des Léopards. Le stade de Kamalondo, à Lubumbashi, pourrait constituer une solution temporaire pour certaines compétitions, même si son statut privé et l’éloignement de Kinshasa constituent des contraintes.

Au fond, le débat est celui du choix entre des réhabilitations successives et une véritable reconstruction de l’offre sportive nationale. Accepter quelques années de contraintes pourrait permettre à la RDC de disposer, à terme, d’infrastructures dignes de son potentiel sportif et de son immense public.

Le Congo mérite mieux. Le Stade des Martyrs, symbole du football et du sport congolais, mérite surtout une transformation durable plutôt qu’une nouvelle succession de réparations.

Tighana MASIALA

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