Ebola : lueur d’espoir sur le front de la riposte avec une courbe épidémique « en baisse »

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Le professeur Muyembe répond aux questions de la presse au sortir de la réunion technique avec Mme la Première Ministre

Après plusieurs mois d’une lutte intense contre le virus Ebola, la RDC entrevoit enfin une éclaircie. Le pic épidémique est dépassé, la courbe des contaminations s’oriente à la baisse et la transmission recule, y compris dans plusieurs zones jusque-là considérées comme des foyers actifs. Pour le Gouvernement et les experts, l’épidémie est désormais « sous contrôle ». Une avancée encourageante qui impose toutefois de maintenir la vigilance.

Une lueur d’espoir se dessine sur le front de la riposte contre Ebola en République Démocratique du Congo. Quatre mois après le déclenchement de cette nouvelle flambée épidémique, les indicateurs suivis par les autorités sanitaires affichent une évolution favorable. Le pic semble avoir été franchi et la courbe épidémique s’engage désormais dans une phase descendante.

C’est le principal enseignement de la réunion technique d’évaluation de la riposte tenue jeudi 10 septembre à l’Hôtel du Gouvernement, sous la présidence de la Première Ministre, Judith Suminwa Tuluka.

Autour de la Cheffe du Gouvernement, plusieurs membres de l’Exécutif ont échangé avec les experts de la riposte, parmi lesquels les professeurs Jean-Jacques Muyembe et Placide Mbala. Objectif : mesurer l’impact des différentes mesures prises ces dernières semaines et ajuster, si nécessaire, le dispositif de lutte contre le virus.

Des indicateurs qui commencent à virer au vert

Les données présentées au cours de cette rencontre montrent une diminution de la transmission.

Plus encourageant encore, cette tendance se manifeste également dans certaines zones qui étaient jusque-là considérées comme des « hotspots ».

Le professeur Placide Mbala, directeur de la recherche, des essais cliniques et de l’innovation à Africa CDC, se veut clair : les données épidémiologiques montrent que « nous avons dépassé le pic et que la courbe est dans sa phase descendante ».

Pour le scientifique, ces indicateurs permettent de considérer que l’épidémie est actuellement sous contrôle.

Le nombre quotidien de cas confirmés comme celui des décès confirmés connaît également une diminution. Autant de signaux qui confortent les autorités dans leur stratégie de riposte.

À l’issue de la réunion, le Ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, a voulu mettre en avant cette évolution positive. « Le mot à retenir aujourd’hui, c’est que l’épidémie est sous contrôle », a-t-il déclaré, en s’appuyant sur les évaluations des experts engagés dans la riposte.

Cette amélioration n’est pas présentée comme le fruit du hasard. Elle intervient après le renforcement et l’ajustement du dispositif de riposte décidé lors des précédentes réunions présidées par la Première Ministre.

Le suivi de la situation demeure par ailleurs placé au plus haut niveau de l’État. Depuis la déclaration de l’épidémie, les autorités nationales multiplient les évaluations afin d’adapter la réponse à l’évolution du virus.

Si la tendance est favorable, les experts refusent tout triomphalisme. Au 10 septembre, 80 nouveaux cas et 49 décès avaient encore été enregistrés en l’espace de 24 heures, avec une concentration importante des nouvelles contaminations au Nord-Kivu.

Autre élément de vigilance : le Sud-Ubangi est récemment devenu la septième province touchée par l’épidémie. Les équipes sanitaires poursuivent notamment le suivi des contacts autour du premier cas détecté dans cette province.

Le professeur Placide Mbala appelle donc à la prudence. « On reste prudent, parce qu’il faudra attendre encore quelques semaines », a-t-il souligné, afin de mesurer pleinement les effets des différentes mesures mises en œuvre.

Le message des autorités est donc double : la situation s’améliore, mais la bataille n’est pas encore terminée.

Plus de 70.000 doses de vaccin réceptionnées

Sur le terrain, la riposte se poursuit également sur le front de la vaccination. Plus de 70.000 doses du vaccin Ervebo ont déjà été réceptionnées et les premières vaccinations ont commencé. Homologué contre la souche Ebola Zaïre, le vaccin fait actuellement l’objet d’analyses scientifiques afin d’évaluer son efficacité contre la souche Bundibugyo à l’origine de l’actuelle flambée.

Pour les autorités sanitaires, cette avancée constitue un atout supplémentaire dans la stratégie visant à casser les chaînes de transmission.

Recherche, vaccination, surveillance épidémiologique, suivi des contacts et prise en charge des malades restent ainsi au cœur du dispositif.

La prudence reste d’autant plus nécessaire que le bilan humain demeure particulièrement lourd. Selon le dernier bilan communiqué par les autorités sanitaires, l’épidémie a déjà fait 3.398 décès sur 7.022 cas confirmés, tandis que 1.671 personnes ont été déclarées guéries.

Déclarée officiellement à la mi-mai en Ituri, cette flambée liée au virus Bundibugyo s’est ensuite étendue à plusieurs provinces du pays. L’insécurité persistante dans certaines zones complique cependant le travail des équipes médicales et de surveillance.

L’apparition de cas dans des établissements scolaires, quelques jours après la rentrée, a également suscité l’inquiétude des familles et renforcé la nécessité d’une surveillance accrue.

Consolider la tendance pour tourner la page

Face à cette situation, le Gouvernement Suminwa veut désormais consolider les acquis.

La baisse de la courbe épidémique constitue une bonne nouvelle, mais elle devra être confirmée dans les prochaines semaines. L’enjeu est désormais d’empêcher tout rebond et de transformer cette phase descendante en recul durable de la transmission.

Pour les autorités et les experts, le mot d’ordre reste donc la mobilisation.

La courbe baisse, le pic est dépassé et la riposte semble reprendre le dessus. Mais pour définitivement vaincre Ebola, la vigilance doit rester maximale.

Francis N.

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