
Après l’expiration de l’ultimatum du 15 août fixé par la coalition d’opposition, C64, l’heure n’est plus à l’attentisme : la confrontation est inévitable et le terrain politique s’apprête à brûler. Face au silence du Président Félix Tshisekedi sur l’organisation d’un « Dialogue national inclusif », l’opposition choisit la méthode forte et fixe au 15 septembre le coup d’envoi d’une offensive populaire dans la rue pour forcer l’alternance. Alors que le pouvoir tente de temporiser sur fond de controverses juridiques autour de la loi référendaire — dénoncée par la société civile comme une manœuvre anticonstitutionnelle —, le bras de fer atteint son point de rupture : la rue devient désormais l’ultime champ de bataille pour le contrôle de l’avenir démocratique de la République Démocratique du Congo. Deux ans avant le rendez-vous électoral de fin 2028, c’est dans la rue que les acteurs politiques jt décidé d’exhiber leur biceps.
À l’issue de la date butoir du 15 août, la principale coalition de l’opposition, C64, sort de sa réserve et hausse le ton. Faute d’avoir obtenu du Président de la République, Félix Tshisekedi, la convocation d’un « Dialogue national inclusif » dans les délais impartis, l’alliance politique annonce désormais une confrontation directe dans l’espace public.
Le champ de bataille se déplace : ce n’est plus dans les salons feutrés du pouvoir que se jouera l’avenir du pays, mais dans la rue, à partir du 15 septembre prochain.
L’incertitude s’installe
Pour la coalition C64, le 15 août marquait un test de crédibilité pour le Chef de l’État. L’opposition exigeait la mise en place d’un « Dialogue inclusif » censé ouvrir la voie à une alternance politique apaisée. Le délai est passé. La promesse est désormais claire : « La rue sera le théâtre de la confrontation pour contraindre le pouvoir à adopter notre schéma», confie un cadre de la coalition, proche de Moïse Katumbi, leader de « Ensemble pour la République ».
Dans un message à tonalité solennelle, ce dernier a lancé un avertissement direct au président : «Monsieur le Président, il est encore temps de choisir une sortie honorable. Respectez votre serment. Préservez le Congo. Préparez l’alternance. C’est ainsi que vit une République. » Un cri d’alarme qui résonne comme une dernière offre de paix avant l’affrontement.
Face à cette pression croissante, le Président Félix Tshisekedi ne cède pas sur le fond, mais ajuste la forme. Il réaffirme sa volonté de dialoguer, tout en prenant soin de marquer sa différence : « Ce dialogue sera différent de tous les dialogues qu’a connus ce pays », a-t-il déclaré lors de son dernier déplacement à Libreville, au Gabon.
Une déclaration qui laisse entendre qu’il entend maîtriser les règles du jeu, sans se laisser dicter son agenda par l’opposition.
Loi sur le référendum : un projet renvoyé à la case départ
Dans un mouvement parallèle, le Chef de l’État a renvoyé au Parlement la proposition de loi portant organisation d’un référendum, pourtant adoptée par les deux chambres et validée – avec réserves – par la Cour constitutionnelle. Ce retour en arrière est vécu comme une douche froide pour l’initiateur du texte, le député Paul-Gaspard Ngondankoy, ainsi que pour la majorité présidentielle.
Mais pour l’opposition et la société civile, ce renvoi n’est qu’un écran de fumée.
Sur son compte X, l’opposant Claudel-André Lubaya étrille la manœuvre : « Qu’elle soit renvoyée au Parlement pour nouvelle délibération ou corrigée, la loi fixant les conditions du référendum reste anticonstitutionnelle, inopportune et source intarissable de tensions politiques. Aucun artifice de procédure ne changera ni sa nature ni le dessein politique qui la sous-tend. Elle doit être purement et simplement retirée. »
Même son de cloche du côté de Jean-Claude Katende, président de l’ASADHO, qui dénonce une « deuxième tricherie » : «Une loi anticonstitutionnelle, son sort ultime est d’être retirée. La deuxième relecture ne lui enlève pas ses germes anticonstitutionnels. Changer de Constitution, c’est plonger le pays dans le chaos. 2028 reste l’année du départ du Président Tshisekedi du pouvoir. »
La RDC à la croisée des chemins
que l’opposition promet une mobilisation massive à partir du 15 septembre, le pouvoir semble parier sur le temps et la procédure parlementaire pour désamorcer la crise. Mais l’équation est périlleuse : la rue, historiquement imprévisible en RDC, pourrait échapper à tout contrôle.
Le Président Tshisekedi, en renvoyant la loi référendaire au Parlement, ouvre une fenêtre de tir pour une nouvelle délibération, mais il prend le risque de paraître tergiverser alors que le pays a soif de clarté.
Désormais, tout se règle dans la rue. Au grand dam du peuple congolais, plus que jamais médusé.

Econews


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