
Les attaques numériques contre la Première dame provoquent une onde de choc et une réponse institutionnelle inédite, entre mobilisation citoyenne, menace de fermeture de TikTok et engagement judiciaire, le Garde des sceaux Guillaume Ngefa promet d’agir avec fermeté pour assainir le cyberespace.
La vague de cyberharcèlement visant la Première dame de la République Démocratique du Congo, Denise Nyakeru Tshisekedi, semble avoir franchi un point de bascule. Face à ce qu’il qualifie de « dérives numériques » intolérables, le Garde des sceaux et Ministre d’Etat en charge de la Justice, Guillaume Ngefa, a exprimé sa « ferme détermination à assainir le cyberespace ».
Cette déclaration du Ministre d’État en charge de la Justice intervient dans un contexte de mobilisation nationale sans précédent. L’indignation a culminé ce jeudi avec une marche de soutien à la Première dame, organisée par l’ASBL « Telema Mwana Mapinga (TMM)» de Christella Kiakuba. Des milliers de manifestants ont défilé dans les rues de Kinshasa pour dénoncer les injures et la désinformation visant l’épouse du Chef de l’État.
« Pas seulement parce qu’elle est la très distinguée Première dame de notre pays, mais aussi parce qu’elle est une mère, une femme et une véritable source d’inspiration », a déclaré Christella Kiakuba, dont le mouvement a déposé un mémorandum au CSAC et au ministère de la Justice pour réclamer des poursuites judiciaires et des sanctions exemplaires contre les cyberharceleurs.
Le CSAC hausse également le ton
La pression monte également du côté du régulateur des médias. Le président du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC), Christian Bosembe, a menacé de fermer temporairement le réseau social TikTok, principal vecteur des attaques. « Si je vous reçois ici, c’est un symbole. J’estime que le Congolais doit comprendre que la fermeture de TikTok est envisageable », a-t-il martelé, annonçant par ailleurs la suppression de plus de 2.000 comptes jugés dangereux.
Le Garde des sceaux Guillaume Ngefa a pris le relais sur le plan judiciaire. Bien que les détails opérationnels de son plan d’action restent à préciser, sa déclaration officielle signale une volonté politique claire de criminaliser ces violences numériques et d’engager des poursuites contre leurs auteurs.
Ce dossier met en lumière un problème structurel : la vulnérabilité des femmes leaders congolaises face aux violences numériques basées sur le genre. Des observateurs soulignent une protection à géométrie variable, rappelant que la récente saisine de la justice en faveur de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a été saluée comme « une avancée historique ».
« Dans l’exigence de dignité, il n’existe aucune préséance : aucune femme n’est plus femme qu’une autre », insistent des militants, plaidant pour un « bouclier universel » protégeant toutes les femmes en politique.
Alors que la RDC s’engage dans une répression judiciaire du cyberharcèlement, la question du respect de la liberté d’expression est posée. L’affaire Denise Nyakeru pourrait marquer un tournant décisif dans la régulation du cyberespace congolais. Guillaume Ngefa a promis de « taper sur la table », selon l’expression des manifestants, pour mettre un terme aux « tempêtes de boue virtuelles ».
Ci-dessous, le communiqué de presse du Cabinet du Garde des sceaux.
Econews



Soyez le premier à commenter