Conflit entre Yaka et Teke : la lecture d’Adolphe Muzito après sa visite de terrain

Député national, élu de la ville de Kikwit dans la province de Kwilu, Adolphe Muzito suit de près le conflit interethnique entre Teke et Yaka qui fragilise la province du Maï-ndombe, avec des effets d’entraînements dans les deux provinces démembrées du Grand Ban-dundu (Kwango et Kwilu). Après une tournée sur le terrain et après avoir recueilli les témoignages des autochtones, Adolphe Muzito, également leader du Nouvel Elan, un parti de l’opposition, a épinglé deux causes immédiates qui expliquent, selon lui, cette recrudescence de la violence entre les peuples Teke et Yaka.
De retour à Kinshasa après quelques jours dans le Mai Ndombe, Muzito pense que deux phénomènes clés sont à l’origine de cette tragédie de Kwamouth : il y a la hausse de la redevance coutumière et l’installation d’un chef Yaka dans un espace Teke. Sans exclure, note-t-il, un soupçon d’une main noire politique qui instrumentalise les chefs coutumiers pour envenimer la situation.

Le schéma de sortie de crise de Muzito
Le leader de Nouvel Elan propose alors un schéma aux autorités politiques, aussi bien provinciales que nationales, pour sortir de ce bourbier.
Sur le plan humanitaire, il appelle les pouvoirs publics à «assister les victimes en les aidant à se réinsérer dans leurs milieux de vie; distribuer des kits de reprise et des outils aratoires et des semences; initier un programme urgent de réinsertion sociale en construisant des maisons d’habitation et des écoles; offrir une perspective d’emploi aux femmes et aux jeunes pour les soustraire de la manipulation de tout genre».
Sur le plan politique, Muzito insiste sur les actions ci-après : «organiser la palabre coutumière pour parler de ce qui est arrivé, exorciser les esprits de divisions, de tuerie et pacifier les cœurs; restaurer l’autorité coutumière usurpée dans ses droits; engager les leaders religieux locaux catholiques et protestants à reconstruire le système scolaire et sanitaire ».
Sur le plan judiciaire, il pense qu’il est temps : «d’engager des poursuites judiciaires à l’endroit de tous les auteurs des atrocités; d’identifier les acteurs négatifs au sein de deux communautés et les faire juger et sanctionner par les mécanismes réguliers de justice ».
Sur le plan légal et réglementaire, par contre, Adolphe Muzito met le curseur sur la nécessité de : «titriser les terres en distinguant celles de l’Etat de celles de la communauté; réglementer la redevance coutumière; réglementer le pouvoir coutumier dans les terres locales ou ancestrales». Enfin, dans le volet économique, il prône à ce que l’Etat congolaise «engager des travaux de stabilisation des voies de communication; aide à la reprise de l’activité économique et agricole».
Sera-t-il entendu, lui qui vient de passer quelques jours dans le Maï-ndombe ? Difficile à prédire.

Tighana M.

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