Enfin, Goma respire (presque) !

Le couvre-feu décrété à Goma depuis deux ans, quatre mois et trois semaines a finalement été levé lundi dernier. Une mesure à verser à l’actif de la tournée du premier ministre au Nord-Kivu et en Ituri. La mesure apparaît malheureusement comme un pis-aller. Sama Lukonde n’a pas pu fournir à la population la garantie formelle de la levée de l’état de siège qui, de l’avis général, a montré ses limites. Même si, à la décharge du chef du gouvernement, il n’est pas de sa compétence de prendre une décision du domaine présidentiel exclusif.
Un os à ronger dérisoire jeté à une…
population de Goma à bout de patience, aux activités économiques au bord de l’asphyxie. C’est tout naturellement qu’elle a répondu à l’appel des mouvements citoyens l’invitant à observer deux jours de «ville morte» pour exiger la levée de l’état de siège, le retrait immédiat et sans condition de la Monusco mais surtout, la reprise par les FARDC (forces armées de la RdCongo) de la cité frontalière de Bunagana occupée par le M23 depuis trois mois.
Le couvre-feu a certes été levé, mais les pesanteurs de l’état de siège demeurent. Les rues étaient désertes ces lundi et mardi. Même la menace d’arrestation des propriétaires des commerces obstinés à garder leur rideau baissé n’y a rien fait. Malgré les agents de l’administration urbaine sillonnant les rues mégaphone en main, les appelant à ouvrir leurs établissements sous peine de poursuites pour collusion avec les groupes rebelles !
Le départ de la Monusco, il en a été question lors du séjour du chef de l’Etat à New York. Félix Tshisekedi en a donné l’assurance : la mission onusienne devra avoir quitté la RD Congo au plus tard en 2024… après la tenue des élections. Mais au regard des incertitudes qui planent sur l’organisation des scrutins, les casques bleus ont encore de beaux jours à couler en RD Congo. Dans ces conditions, affirmer que les populations du Nord-Kivu s’en réjouissent et sauront s’armer de patience jusqu’à l’hypothétique échéance, c’est une autre paire de manches.
Concernant la levée de l’état de siège, les regards sont tournés vers l’Assemblée nationale qui vient de voter sa énième prorogation. Des sources dignes de foi laissent entendre qu’à l’issue du compte rendu de la mission du premier ministre au chef de l’Etat, ce dernier va certainement en autoriser la levée, aussitôt entérinée par la Chambre haute.
En attendant à Goma, l’on touche du bois.

Econews