«Massacre» de Kilobelobe : enfin, le Tribunal militaire de garnison de Lubumbashi ouvre un procès

Le 23 mars 2023, une vingtaine de jeunes, présentés comme partisans du parti politique, UNAFEC, de feu Gabriel Kyunguwa Kumwanza, ont été retrouvés morts à Kilobelobe, un quartier populaire de la ville de Lubumbashi. Après une longue indifférence des autorités politiques et judiciaires, un procès a été enfin fixé au Tribunal militaire de garnison de Lubumbashi. Dans la Société civile, pn s’attend à ce que toute la vérité soit dite autour de «massacre».
Une vingtaine de jeunes ont été tués dans l’indifférence totale à Lubumbashi, chef-lieu de la province du Haut-Katanga. Les faits se sont produits le 23 mars dernier sans engendrer jusqu’ici la moindre enquête des autorités. Désormais, on parle de «massacre» de Kilobelobe, un quartier populaire de l’Est de Lubumbashi.
Selon plusieurs témoignages, des coups de feu ont éclaté en pleine journée. Tous incriminent des hommes en uniformes qui «ont ouvert le feu sur les jeunes », selon les députés nationaux du Grand-Katanga qui se sont exprimés le 30 mars au Palais du Peuple expliquant que « des commandos des FARDC (armée congolaise) ont tiré à bout portant sur des paisibles jeunes non armés, occasionnant la perte en vies humaines à plus de vingt-cinq jeunes par balles et noyade ». Le lendemain, les députés provinciaux du Haut-Katanga ont interpellé leur ministre de l’Intérieur, membre du parti de ces jeunes.
A Kinshasa, le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur a évoqué un mort suite à une balle perdue. Plusieurs témoins rappellent cependant que l’Unafec, les partis dont se réclamaient ces jeunes, a parlé de 19 victimes sans être démenti.
«Il y a eu mort d’homme. Ce sont des assassinats. Plusieurs témoins parlent de militaires. Il faut donc connaître l’identité des exécutants, des commanditaires mais aussi de la personne qui a le pouvoir d’étouffer une telle affaire », note Me Hervé Diakiese, avocat et militant des droits de l’homme L’avocat interpelle le Président de la République. « Il a un droit d’injonction. Cette affaire est gravissime. Quel État peut laisser massacrer ses enfants dans l’indifférence ? ».

Econews