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PSE en RDC : une commission nationale pour faire payer la planète, pas les pauvres – La justice climatique passe par les actes !

Une séance de travail historique s’est tenue, le jeudi 26 mars 2026, au Cabinet de Mme Arlette Bahati Tito, Ministre déléguée à l’Environnement, au Développement durable et à la Nouvelle économie du climat. Objectif : poser les bases d’un mécanisme innovant et équitable de rémunération des gardiens de la nature. Réunissant le Secrétariat exécutif du FONAREDD, le Secrétariat CAFI, ainsi que les agences d’exécution WWF et One Acre Fund, cette rencontre marque un tournant décisif dans la structuration d’un Programme National de Paiements pour Services Environnementaux (PSE) en République Démocratique du Congo (RDC). Alors que la RDC subit de plein fouet les effets de la déforestation, le PSE s’impose comme un levier stratégique pour récompenser concrètement celles et ceux qui protègent les écosystèmes. Dans le cadre de la deuxième Lettre d’Intention (LOI-2) du partenariat RDC-CAFI, trois fenêtres d’intervention ont été rappelées : subventions aux réformes, programmes intégrés REDD+, et paiements directs pour services environnementaux. « Le PSE n’est pas une charité, c’est une reconnaissance. Les communautés locales doivent être payées pour ce qu’elles préservent – notre avenir commun, » a martelé Mme Bahati Tito en clôture des échanges.

Le jeudi 26 mars 2026 à 11h00, une séance de travail stratégique s’est tenue au Cabinet de la Ministre déléguée à l’Environnement, au Développement durable et à la Nouvelle économie du climat. Convoquée par Mme Arlette Bahati Tito, cette rencontre a réuni les représentants du Secrétariat exécutif du FONAREDD, du Secrétariat CAFI ainsi que deux agences d’exécution (WWF et One Acre Fund).

Cette réunion s’inscrit dans la dynamique nationale visant à structurer et opérationnaliser un Programme National de Paiements pour Services Environnementaux (PSE), considéré comme un levier stratégique pour concilier conservation des écosystèmes forestiers et développement durable.

Un cadre d’échange orienté vers l’action

Les discussions ont permis d’aborder trois axes complémentaires et structurants: l’évaluation des expériences existantes en matière de PSE en RDC, à travers une analyse des acquis, des défis rencontrés et des perspectives d’amélioration; la mise en lumière de l’expérience du FONAREDD dans le déploiement du mécanisme PSE, notamment son intégration progressive dans les programmes REDD+ et les efforts de capitalisation en cours ; la définition des fondements d’un Programme National de PSE en RDC, incluant les dimensions institutionnelles, opérationnelles et réglementaires nécessaires à son déploiement à grande échelle.

Ces échanges ont permis d’aligner les visions des différentes parties prenantes autour d’un objectif commun : bâtir un mécanisme PSE cohérent, efficace et adapté au contexte national.

Le mécanisme PSE au cœur du partenariat CAFI–RDC

Au cours des échanges, le FONAREDD a rappelé les fondements de la deuxième Lettre d’Intention (LOI-2) qui encadre le partenariat entre la RDC et l’Initiative pour la Forêt d’Afrique Centrale (CAFI), ainsi que les programmations qui en découlent tout en exergue les trois fenêtres d’intervention prévues dans ce cadre: les subventions pour appuyer les réformes dans les secteurs moteurs de déforestation ; les financements destinés à la mise en œuvre de programmes intégrés REDD+ selon des approches territoriales ; les paiements pour services environnementaux (PSE), en tant que mécanisme incitatif de conservation.

Dans cette architecture, le PSE apparaît comme un instrument clé pour encourager des pratiques durables en apportant des incitations directes aux acteurs engagés dans la préservation des ressources naturelles.

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Une expérience nationale à consolider

Le FONAREDD a souligné que le mécanisme PSE est déjà intégré dans la Stratégie Nationale REDD+ de la RDC et expérimenté à travers plusieurs programmes du portefeuille depuis le premier cadre programmatique du partenariat CAFI-RDC. Des efforts sont en cours pour capitaliser les expériences existantes et progresser vers l’institutionnalisation du mécanisme PSE à l’échelle nationale.

De même, les représentants des agences d’exécution, notamment le WWF et de « One Acre Fund » ont partagé leurs expériences de terrain ainsi que les difficultés rencontrées dans l’opérationnalisation du mécanisme PSE.

Parmi les principaux défis soulevés figure la faible couverture des réseaux de télécommunication dans certaines zones d’intervention. Cette contrainte constitue un enjeu majeur, dans la mesure où le mécanisme PSE ambitionne de s’appuyer sur une plateforme numérique pour assurer le suivi, la gestion des données et la distribution des paiements.

Vers un cadre national structuré et opérationnel

Clôturant les échanges, Mme Arlette Bahati a réaffirmé l’importance stratégique du mécanisme PSE dans la politique environnementale de la RDC.

Elle a insisté sur plusieurs priorités essentielles pour garantir son succès : le renforcement de la communication et de la sensibilisation autour du mécanisme ; la consolidation des bases de données et des systèmes d’information ; la mise en place d’un cadre légal et réglementaire adapté.

Dans cette perspective, la mise en place d’une commission nationale dédiée a été annoncée afin approfondir ces questions et d’accélérer la structuration du Programme National de PSE.

Une étape décisive pour la transition écologique

Cette séance de travail marque une avancée significative dans le processus de structuration du mécanisme PSE en RDC. Elle témoigne de l’engagement des institutions nationales et de leurs partenaires à construire un dispositif innovant, capable de répondre aux enjeux de lutte contre la déforestation tout en générant des bénéfices durables pour les populations.

À travers cette dynamique, le FONAREDD confirme son rôle central dans la coordination des efforts en faveur d’une gestion durable et inclusive des ressources naturelles du pays.

Avec Celcom/FONAREDD