IMG 20260326 WA0025

Rapport UNESCO/GEM 2026 : la RDC expose sa stratégie d’équité devant la communauté internationale

La ministre d’État chargée de l’Éducation nationale et de la Nouvelle citoyenneté, Raïssa Malu, a pris part, mardi 25 mars 2026, à une rencontre internationale de haut niveau organisée au siège de l’UNESCO, à Paris, consacrée aux enjeux d’accès et d’équité dans l’éducation à l’horizon 2030.

Cette réunion s’inscrivait dans le cadre du lancement du Rapport mondial de suivi sur l’éducation (GEM) 2026, un rendez-vous majeur réunissant responsables politiques, experts, partenaires techniques et financiers ainsi que représentants de la société civile autour des défis liés au financement de l’éducation et à la justice éducative à l’échelle mondiale.

La gratuité scolaire présentée comme moteur de justice sociale

Intervenant lors d’un panel consacré au financement et à l’équité dans l’éducation, aux côtés de représentants des Philippines, du Brésil et de l’Espagne, la ministre d’État congolaise a défendu la vision du gouvernement selon laquelle le financement de l’éducation constitue en République démocratique du Congo un véritable levier de justice sociale.

Elle a mis en avant la mise en œuvre progressive de la gratuité de l’enseignement primaire, présentée comme l’une des réformes les plus structurantes en matière de redistribution sociale dans le pays. Selon elle, le transfert de la charge financière de la scolarité des ménages vers l’État a permis une augmentation significative du taux d’accès à l’école, particulièrement pour les enfants issus de milieux défavorisés.

Un changement structurel du financement de l’éducation

La ministre a rappelé qu’avant l’instauration de cette réforme, près de 73 % du financement du système éducatif reposait sur les familles, s’appuyant notamment sur les analyses du RESEN et de la Banque mondiale. Cette situation traduisait, selon elle, une forme de privatisation de fait de l’enseignement.

«La gratuité a permis un transfert massif de pouvoir d’achat vers les ménages, estimé à plus d’un milliard de dollars par an. Il s’agit de la plus vaste opération de redistribution sociale jamais réalisée dans le pays, tant par son ampleur que par sa rapidité », a-t-elle affirmé devant l’assistance.

Promotion de la scolarisation des filles

Au-delà de la gratuité, la ministre a également mis l’accent sur les initiatives spécifiques visant à promouvoir l’éducation des filles. Elle a notamment évoqué des programmes de bourses scolaires destinés à réduire les inégalités de genre et à soutenir directement les élèves ainsi que leurs familles.

Ces mesures, a-t-elle expliqué, visent à lever les obstacles économiques et socioculturels qui continuent de freiner l’accès des jeunes filles à l’éducation, notamment dans certaines zones rurales et vulnérables. Elle a également insisté sur l’importance du programme national d’alimentation scolaire, présenté comme un outil stratégique pour améliorer la fréquentation des classes et renforcer la justice sociale.

Réponses adaptées aux zones en crise

Face aux défis persistants, particulièrement dans les régions affectées par les conflits armés et les déplacements de populations, la ministre d’État a souligné la nécessité d’adapter les réponses éducatives. Elle a évoqué la mise en place d’espaces temporaires d’apprentissage ainsi que des dispositifs spécifiques permettant d’assurer la continuité pédagogique pour les enfants en situation d’urgence.

Ces initiatives visent à garantir que l’éducation demeure accessible, même dans des contextes fragiles, contribuant ainsi à la résilience du système éducatif congolais.

Le Rapport GEM 2026, un outil d’évaluation globale

Le lancement du Rapport GEM 2026 constitue une étape importante dans l’évaluation des engagements internationaux en matière d’éducation. Axé sur les questions d’accès et d’équité, ce document appelle les États à améliorer la répartition des ressources éducatives de manière plus juste et plus efficace, afin de réduire les inégalités persistantes.

Une implication accrue de la RDC dans les débats mondiaux

La participation de la RDC à ce forum international témoigne de sa volonté de s’impliquer activement dans les réflexions mondiales sur l’avenir de l’éducation. Elle s’inscrit dans une dynamique visant à construire un système éducatif inclusif, équitable et résilient, capable de répondre aux besoins de tous les enfants, sans distinction.

Cette rencontre faisait suite à la sixième réunion annuelle de la Coalition mondiale pour l’éducation, tenue les 23 et 24 mars, et à laquelle plusieurs acteurs internationaux du secteur éducatif avaient également pris part.

À travers cette participation, la RDC réaffirme ainsi son engagement à poursuivre les réformes en cours, tout en renforçant les partenariats internationaux pour atteindre les objectifs éducatifs fixés à l’horizon 2030.

Tighana MASIALA