C’est une offensive gouvernementale pour sortir de l’ombre les provinces les plus reculées. Sur instruction directe de la Première Ministre, le Vice-Premier Ministre de l’Économie, Daniel Mukoko Samba, a réuni mardi 28 juillet les patrons de la SNEL, de la REGIDESO et de l’ANSER. L’ordre est clair : élaborer un programme d’intervention rapide et réaliste pour que l’eau potable et l’électricité irriguent enfin les territoires enclavés du pays.
Un état des lieux sans concession pour le Sankuru et la Tshuapa
Dès l’ouverture des travaux, le VPM a mis les pieds dans le plat. Il a exigé des responsables un bilan transparent de leurs interventions, en mettant particulièrement le projecteur sur deux provinces symboles du retard accumulé : le Sankuru et la Tshuapa. L’heure n’est plus aux discours, mais à l’action concrète sur le terrain.
Côté éclairage public, l’ANSER a présenté un portefeuille de projets prometteurs. Dans le Sankuru, des chantiers sont déjà en cours à Lomela depuis 2022, et deux nouveaux projets viennent d’être validés par le Gouvernement à Katako-Kombe. Dans la Tshuapa, les territoires de Bokungu et Djolu sont également sur les rangs.
Mais le constat est amer : la mobilisation des ressources financières reste le principal obstacle à la concrétisation de ces rêves de lumière.
Le mégaprojet de Losambo dans le viseur
Pas question d’avancer à l’aveugle. Le VPM Mukoko a rappelé l’ambitieux projet hydroélectrique de Losambo, dont la capacité est estimée à 1.000 mégawatts. Pour éviter l’éparpillement, Daniel Mukoko Samba a donné une directive ferme : tous les dossiers, des plus petits chantiers aux mégaprojets, doivent être consolidés dans un tableau récapitulatif unique. Ce document devra mentionner clairement l’état d’avancement, les besoins de financement urgents et les études techniques déjà disponibles.
L’accès à l’eau potable est, lui aussi, un chantier prioritaire. Le tableau présenté par les experts est édifiante : dans la province de la Tshuapa, à peine 3 % de la population rurale a accès à l’eau courante. Dans le Sankuru, le taux grimpe à 32 %, un chiffre encore très en deçà des standards nationaux. Face à cette urgence, les responsables préconisent un double mouvement : renforcer les capacités de la REGIDESO déjà active dans le Sankuru et réhabiliter d’urgence les infrastructures vétustes de la Tshuapa.
Vers une feuille de route opérationnelle
En clôture des échanges, Daniel Mukoko Samba s’est dit satisfait d’avoir désormais une « base de travail solide« . Il a néanmoins mis la pression sur les équipes : instruction a été donnée de transmettre dans les plus brefs délais des données actualisées sur les priorités et les besoins de financement.
L’objectif final est limpide : transformer cette feuille de route en solutions concrètes pour redonner espoir aux populations oubliées du Sankuru et de la Tshuapa, en leur apportant enfin deux biens essentiels : la lumière et l’eau potable.
Francis N.


