Alors que l’Ouganda annonce officiellement la fin de son épidémie d’Ebola après avoir enregistré seulement 20 cas confirmés et deux décès, tous importés de la République démocratique du Congo, la situation demeure alarmante de l’autre côté de la frontière. Au 28 juillet 2026, le virus a déjà coûté la vie à 1.521 personnes dans les cinq provinces congolaises touchées, illustrant une propagation toujours incontrôlée. Si l’Organisation mondiale de la santé (OMS) appelle à la prudence en maintenant une surveillance renforcée en Ouganda face au risque d’importation de nouveaux cas depuis la RDC, cette différence de trajectoire met en lumière l’ampleur de la crise sanitaire congolaise et l’urgence d’une riposte plus efficace pour enrayer une épidémie qui continue de faire de lourdes victimes.
Lorsque l’Ouganda exhale un soupir de soulagement, la République Démocratique du Congo, elle, retient son souffle, étouffée par une hécatombe silencieuse mais dévastatrice. Avec 1.521 décès recensés au 28 juillet dans cinq provinces, le virus Ebola continue de labourer le territoire congolais avec une violence inouïe. Une disparité frappante qui pousse l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à refuser de baisser la garde, martelant que l’ennemi ne connaît pas de frontières et que la menace reste intacte pour les pays voisins.

L’Ouganda crie victoire, la RDC pleure ses morts
En effet, ce mardi 28 juillet, le ministre ougandais de la Santé a déclaré officiellement la fin de l’épidémie d’Ebola dans son pays. Une bonne nouvelle, certes, mais qui interpelle par sa modestie : seulement 20 cas confirmés et 2 décès, tous importés de la RDC. L’Ouganda peut souffler.
Pourtant, de l’autre côté de la frontière, le drame prend des proportions apocalyptiques. Les services officiels de la santé congolaise dénombrent, à la même date, 1.521 décès dans les cinq provinces touchées. Un chiffre qui donne le vertige et qui illustre cruellement l’incapacité du système de santé congolais à endiguer la propagation face à un virus aussi insidieux que meurtrier.
Le contraste indécent entre deux voisins
Comment expliquer un tel écart ? D’un côté, un pays qui maîtrise le foyer épidémique en quelques semaines. De l’autre, une RDC qui assiste, impuissante, à l’hémorragie humaine. Les raisons sont connues : infrastructures sanitaires défaillantes, zones d’accès difficile, défiance des populations et manque de moyens logistiques. Le virus, lui, ne fait pas de politique. Il frappe là où le terrain est le plus vulnérable.

Quoi qu’il en soit, l’euphorie ougandaise a été tempérée par une mise en garde glaciale de l’OMS. Jeudi 30 juillet, l’organisation onusienne a prévenu : malgré la guérison du dernier patient infecté localement, l’Ouganda reste exposé à un risque élevé de résurgence en provenance de la RDC voisine.
Certes, 42 jours se sont écoulés depuis la guérison du dernier contaminé localement, le 16 juin, sans nouvelle transmission. La norme est respectée. Mais l’OMS, fidèle à son principe de précaution, rappelle que cette règle des 42 jours s’applique strictement aux cas locaux.
Une vigilance accrue jusqu’en septembre
L’inquiétude de l’OMS est justifiée par un détail crucial : le dernier patient infecté, arrivé de la RDC, a quitté le centre de traitement le 16 juillet. L’organisation a donc décidé de prolonger sa surveillance de 42 jours à compter de cette date, soit jusqu’à la fin du mois d’août. Une mesure de précaution supplémentaire, explique-t-elle, pour s’assurer qu’aucune chaîne de transmission n’a été négligée.

En clair, le spectre d’Ebola plane toujours sur l’Ouganda tant que le foyer congolais n’est pas maîtrisé. Le virus, lui, se moque des déclarations officielles et des frontières artificielles.
Ce contraste saisissant entre les deux pays devrait sonner comme un réveil pour la communauté internationale. Tant que la RDC continuera d’encaisser les coups du virus avec des moyens dérisoires, aucun pays de la région ne sera vraiment à l’abri. La victoire de l’Ouganda est une bouffée d’oxygène, mais le combat est loin d’être gagné. Il est urgent de renforcer les capacités de riposte en RDC, d’investir dans les infrastructures sanitaires et de briser les chaînes de transmission là où le virus prospère. L’heure n’est pas à l’indifférence, mais à la solidarité. Car face à Ebola, la sécurité sanitaire est indivisible.

Hugo Tamusa


