
Officiellement, Ebola. Officieusement, un visa. Pour la première fois, le Président Félix Tshisekedi a manqué la tribune de l’Assemblée générale des Nations Unies. Mais si l’épidémie justifiait son absence, pourquoi Judith Suminwa et sa délégation ont-elles pu se rendre à New York ?
L’argument sanitaire ne résiste pas à l’examen.
Derrière l’absence, une question : Washington a-t-il fermé sa porte au Chef de l’Etat ? La coïncidence est troublante.
Moins d’un an après l’accord du 4 décembre 2025, signé en grande pompe avec le Rwanda sous parrainage américain, Kinshasa et Washington semblent déjà dos à dos. Ce texte devait sceller un partenariat autour des minerais critiques et de la sécurité. Il ressemble aujourd’hui à un piège.
La raison ? Tshisekedi a voulu instrumentaliser l’Amérique pour durer. En évoquant une prétendue exigence américaine de révision constitutionnelle pour un troisième mandat, il a exposé ses partenaires. Washington, qui convoite cobalt et coltan, ne veut pas être associé à un contournement des règles démocratiques. Le refus de visa – si refus il y a – serait un avertissement.
Judith Suminwa à New York n’est donc pas une simple remplaçante. Elle incarne une présidence affaiblie, contrainte de déléguer sa voix. La RDC est représentée ; Tshisekedi, lui, est absent. Et cette absence parle plus que tous les discours.
L’axe Washington-Kinshasa n’est pas rompu, mais il est fissuré. L’accord du 4 décembre vacille. La realpolitik reprend ses droits : les États-Unis traitent avec ceux qui peuvent garantir leurs intérêts, pas avec un partenaire devenu encombrant.
À New York, le silence de Tshisekedi soulève bien de commentaires.
Econews


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