Tshisekedi à Brazzaville, Nkinzo à Lubu-mbashi : la Présidence active ses réseaux

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Félix Tshisekedi et Denis Sassou-Nguesso samedi à Brazzaville

Brazzaville, Lubumbashi, Luanda… En l’espace de quelques jours, les émissaires et les hauts responsables de Kinshasa multiplient les mouvements. Pendant que Félix Tshisekedi traverse le fleuve pour rencontrer Denis Sassou-Nguesso, Anthony Nkinzo Kamole prend la direction de Lubumbashi pour s’entretenir avec Mgr Fulgence Muteba. À première vue, deux agendas distincts. Mais leur concomitance alimente une question : que se joue-t-il réellement dans les coulisses du pouvoir ?

Ça bouge à la Présidence !

Le week-end aura été marqué par une intense activité autour de Félix Tshisekedi. Le chef de l’État congolais à Brazzaville, son directeur de cabinet à Lubumbashi, et, en amont, le ministre de l’Intégration régionale Floribert Anzuluni envoyé successivement auprès de João Lourenço à Luanda et de Denis Sassou-Nguesso à Brazzaville.

Difficile de ne pas voir dans cette succession de déplacements les pièces d’une même séquence diplomatique et politique.

Tshisekedi traverse le fleuve pour calmer le jeu

À Brazzaville, le Président de la République n’est pas venu avec un discours de confrontation. Face à Denis Sassou-Nguesso, il a plutôt choisi l’apaisement.

Au cœur des échanges : l’incident survenu à Makotipoko, localité de la République du Congo située à proximité de Yumbi, dans le Maï-Ndombe, impliquant des éléments des forces armées des deux pays.

Le risque était clair : laisser un incident local empoisonner une relation entre deux États dont les populations partagent une histoire, une culture et des liens particulièrement étroits.

Félix Tshisekedi a donc voulu remettre les choses à leur place : «Nous sommes un même peuple, nous avons la même culture. Nous sommes appelés à vivre ensemble. »

Le Chef de l’État a également indiqué avoir emmené avec lui les ministres de l’Intérieur et de la Défense afin que les deux parties travaillent ensemble à éviter que pareil incident ne se reproduise.

Plus loin, le Président de la République a annoncé son intention de rencontrer les victimes et d’engager une procédure d’indemnisation.

Le message de Kinshasa est donc celui de l’apaisement, mais aussi de la prévention : ne pas laisser un incident frontalier devenir une crise diplomatique.

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Mgr Fulgence Muteba et Anthony Nkinzo à Lubumbashi

Et l’Est de la RDC revient sur la table

La rencontre Tshisekedi-Sassou-Nguesso ne s’est toutefois pas limitée à l’incident de Makotipoko. Les deux dirigeants ont également abordé la situation sécuritaire et humanitaire dans l’Est de la RDC, ainsi que le respect des engagements pris dans le cadre du processus de paix.

Un sujet qui donne une autre dimension à cette rencontre. Car depuis plusieurs semaines, Kinshasa multiplie les consultations dans la région.

Avant même le déplacement présidentiel à Brazzaville, Floribert Anzuluni avait été envoyé auprès de plusieurs chefs d’État de la région avec un message personnel de Félix Tshisekedi. Luanda, Brazzaville, puis Bujumbura : les capitales régionales sont progressivement intégrées dans une même séquence diplomatique.

Pendant ce temps, Nkinzo prend la direction de Lubumbashi

Mais c’est à Lubumbashi que se trouve peut-être l’autre pièce du puzzle.

Alors que le Président de la République était à Brazzaville, son directeur de cabinet, Anthony Nkinzo Kamole, accompagné du conseiller spécial Fortunat Biselele, rencontrait Mgr Fulgence Muteba, président de la CENCO.

Objet de la rencontre : le Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État, voulu par Félix Tshisekedi. Et le choix de l’interlocuteur n’est évidemment pas anodin.

Depuis janvier 2025, la CENCO et l’Église du Christ au Congo (ECC) portent le « Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble en RDC et dans les Grands Lacs ». Elles ont donc développé leur propre approche du dialogue, de la cohésion nationale et de la résolution des crises.

Le contact entre la Présidence et Mgr Muteba prend ainsi une importance particulière.

La CENCO ne ferme pas la porte au principe du Dialogue national. Mais elle insiste sur une condition centrale : l’inclusivité du processus et la participation des différentes forces de la société congolaise.

Brazzaville-Luanda-Lubumbashi : les pièces s’alignent

C’est précisément la simultanéité de ces mouvements qui intrigue.

À Brazzaville, Tshisekedi travaille le front régional. À Lubumbashi, Nkinzo échange avec l’un des principaux acteurs ecclésiaux du pays. À Luanda, les discussions se poursuivent avec João Lourenço. Et dans les jours précédents, des messages présidentiels ont circulé entre plusieurs capitales de la région.

Coïncidence ? Simple agenda diplomatique ? Ou volonté de préparer simultanément plusieurs terrains ? Il serait prématuré de trancher.

Mais une chose est désormais visible : Kinshasa ne semble vouloir laisser aucun espace vide autour des deux grands dossiers qui dominent actuellement la scène nationale : la recherche de la paix dans l’Est et la perspective d’un Dialogue national.

Et si Brazzaville et Lubumbashi n’étaient finalement que les deux faces d’une même séquence ? La réponse appartient encore aux prochains jours. Mais, à la Présidence, les mouvements ont bel et bien commencé.

Econews

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