Dialogue national : Tshisekedi veut garder toutes les cartes en main

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Si les appels se multiplient autour d’un « Dialogue national inclusif », le Chef de l’Etat, Félix Tshisekedi, semble vouloir imposer sa propre partition. Depuis Libreville jusqu’à Zanzibar, le Chef de l’État affiche une ligne claire : ce rendez-vous politique, s’il doit se tenir, ne devra échapper ni à son contrôle ni à sa vision. Face à une opposition divisée et aux exigences de figures comme Martin Fayulu, qui réclame notamment la présence de l’ancien président Joseph Kabila, Tshisekedi entend garder la maîtrise du processus et de ses contours. Pour lui, il ne s’agit visiblement pas de reproduire les précédents dialogues qui ont marqué l’histoire politique congolaise, mais d’installer un nouveau cadre dont il entend définir les règles, les acteurs et l’agenda. Le dialogue aura donc lieu, mais la grande question demeure : qui en écrira réellement le scénario ?

Il sera inclusif, dit-on. Il sera ouvert, promet-on. Pourtant, à y regarder de plus près, le prochain Dialogue national en République démocratique du Congo ne laissera aucune place à l’improvisation. Et pour cause : Félix Tshisekedi entend en être l’unique chef d’orchestre. Qu’importe le vacarme de l’opposition, qu’importent les exigences de Martin Fayulu. Le Président a tranché : ce sera son dialogue, à sa manière, et rien ni personne n’y changera quoi que ce soit.

C’est en substance le message que le Président Félix Tshisekedi a fait passer, non pas depuis les hauteurs de Kinshasa, mais au fil de ses récentes pérégrinations diplomatiques. Après Libreville et Zanzibar, le chef de l’État congolais a semblé poser les jalons d’un projet qui lui tient à cœur : le fameux Dialogue national.

Un dialogue « inclusif », répètent en chœur ses conseillers. Mais inclusif jusqu’où ? La réponse est dans le silence assourdissant qui entoure les revendications de l’opposition.

Fayulu et les autres : prière de s’adapter

Dans un coin de l’arène politique, Martin Fayulu s’égosille. Sa condition sine qua non pour participer à ces assises : la présence de l’ancien Président Joseph Kabila autour de la table. Une exigence qui, pour l’instant, ressemble à un cri dans le désert.

Car Félix Tshisekedi a été clair, sans jamais avoir à le dire ouvertement : son dialogue ne ressemblera à aucun de ceux que la RDC a connus par le passé. Ni les palabres interminables, ni les marchandages stériles, ni les compromis qui n’engagent que ceux qui les signent. Non. Ce dialogue-là sera taillé sur mesure, selon un schéma dont lui seul détient les clés.

Et l’opposition, en ordre dispersé, peut bien s’agiter. Elle peut bien monter au créneau, exiger, menacer, crier à la mainmise. Rien n’y fera. Le calendrier est fixé. La feuille de route est tracée. Les rideaux, eux, sont déjà tirés.

De Libreville à Zanzibar, une vision se dessine

Ce positionnement inflexible, le Président Tshisekedi ne l’a pas affiché lors d’un discours solennel à Kinshasa. Il l’a plutôt laissé filtrer au gré de ses déplacements récents.

D’abord, il y eut Libreville, au Gabon. Aux côtés du Président Brice-Clotaire Oligui Nguema, dans une atmosphère de complicité affichée, le chef de l’État congolais a pris le temps de peaufiner ses réflexions. Un moment de respiration avant de dévoiler ses « vraies intentions », confient des sources proches du dossier.

Ensuite, ce fut la Tanzanie. Une escale qui, elle, ne doit rien au hasard. À Zanzibar, aux côtés de son homologue tanzanien, Félix Tshisekedi n’a pas seulement parlé tourisme ou coopération bilatérale. Il a surtout balisé la voie vers un retour à la paix dans l’Est de la RDC, une région déchirée par des décennies de conflits.

Deux étapes, deux messages : au Gabon, il a préparé le terrain politique intérieur ; en Tanzanie, il a consolidé les appuis régionaux.

Le message est limpide : le Dialogue national ne sera pas qu’une affaire de politique intérieure. Il sera aussi une question de crédibilité internationale. Et sur ce terrain, Félix Tshisekedi compte bien garder la main.

La certitude d’un homme seul

Au fond, qu’importe le vacarme. Qu’importe que Martin Fayulu crie à la forfaiture ou que d’autres voix s’élèvent pour dénoncer une mainmise présidentielle.

Félix Tshisekedi a une certitude chevillée au corps : son dialogue sera différent. Il sera son œuvre. Et si certains refusent d’y prendre part, tant pis. L’Histoire retiendra que le Président a tenté, à sa façon, de rassembler le Congo autour d’une table. Que ses opposants aient choisi de bouder cette table relèvera, à ses yeux, de leur seule responsabilité.

Alors que les semaines passent et que les rumeurs s’amplifient, une seule chose est désormais acquise : le Dialogue national aura lieu. Tôt ou tard.

Mais une certitude demeure, plus impérieuse que toutes les exigences de l’opposition : tout se fera comme le veut Félix Tshisekedi. Pas comme le souhaitent les autres. Pas comme l’exige non plus la rue.

Econews

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