Global Compact en RDC a célébré la journée du 9 décembre sous le thème «Zéro corruption, 100% développement »

Panel d’experts sur les questions de corruption, justice, législatives et fiscales.

La journée du 9 décembre, consacrée à travers le monde à la lutte contre la corruption, a été l’occasion pour la section RDC de Global Compact de convier ses membres à une réflexion autour de ce fléau mondial. Lieu choisi : l’ambassade des Pays-Bas en RDC. Global Compact en RDC a centré les discussions autour du thème « Zéro corruption, 100% développement», développé autour d’un panel composé de Charles Dimoke, directeur à la Direction générale des impôts, Benjamin Nzailu, président de l’Ordre national des experts comptables, Me Declerk Mavinga de la FEC (Fédération des entreprises du Congo) et l’honorable Jean-Pierre Pasi za Pamba, élu national de Popokabaka, porteur à l’Assemblée nationale d’une proposition de loi sur la lutte contre la corruption.
La corruption est un grand fléau, elle ruine les efforts et compromet la route vers le développement. Cette conviction est de Célestin Mukeba, président de la section RDC de Global Compact, cette synergie internationale née en 2000 sous l’impulsion de Kofi Annan, alors secrétaire général des Nations Unies.
Pour célébrer la journée du 9 décembre, consacrée à la lutte contre la corruption, Global Compact en RDC a convié ses membres, dans la salle de conférence de l’ambassade des Pays-Bas à Kinshasa, à une matinée d’échanges autour du thème «Zéro corruption, 100% développement ».
De l’avis de Célestin Muteba, le choix de ce thème dévoile la nécessité de bannir la corruption dans la voie de développement. «Là où prospère la corruption, les chances de développement sont aussi réduites», a-t-il dans le mot qu’il a prononcé pour la circonstance.
Cette matinée d’échanges avait pour objectif principal de sensibiliser les différentes parties prenantes, notamment l’État, les responsables gouvernementaux, les fonctionnaires, les forces de l’ordre, les médias, le secteur privé, la société civile, les universités, le public et les jeunes… à la lutte et à la prévention de ce fléau.
En effet, le 9 décembre, déclarée Journée internationale de lutte contre la corruption, était une belle opportunité de parler année après année de l’importance de protéger les institutions de toute tentative de corruption. La conférence avait pour objectif de créer un mouvement d’entreprises responsables et de sensibiliser les différentes parties prenantes à l’importance de lutter contre la corruption en mettant en place de bonnes pratiques en vue d’améliorer le climat des affaires.
Cette conférence est une opportunité de mise en avant de la place du Global Compact reconnu mondialement comme la plateforme d’accompagnement la plus importante dans toutes les questions de «Responsabilité Sociétale d’Entreprise».

Discussions en panel
Un panel d’experts, composé essentiellement de Charles Dimoke de la DGI, Benjamin Nzailu de l’Ordre national des experts comptables, de Me Declerc Mavinga de la FEC et de l’honorable Jean-Pierre Pasi za Pamba, a animé cette matinée d’échanges. Les discussions ont porté sur : «Comment enrayer la corruption dans le secteur fiscal en vue de promouvoir le développementdu Congo ? Diagnostique et piste de solution; La loi anti-corruption, gage d’amélioration du climat des affaires ou simple illusion; Quid du développement de la Justice par la promotion de la politique de tolérance Zéro à la corruption; Dans le contexte de la lutte contre la corruption quelles sont les actions prioritaires pour garantir le développement du Pays».
Charles Dimoke, directeur à la DGI, a fait comprendre que, dans le contexte de la RDC, la corruption tient aussi à la faiblesse des textes et réglementaires qui entretiennent ce phénomène. Il ne minimise pas la part des entreprises qui passent aussi pour des vecteurs de propagation de la corruption. Il reste convaincu que «la corruption paralyse l’économie et affaiblit les entreprises». Ce qui suppose l’union des efforts entre les pouvoirs publics et les entreprises pour lutter efficacement contre la corruption.
De son côté, Benjamin Nzailu, président de l’Ordre national des experts comptables, a fait remarquer que la corruption s’opère à trois niveaux : pression par la souplesse du système juridique nationale qui fait le lit à ce fléau; opportunité par le fait des conditions en présence qui favorisent la corruption et enfin rationalisation où la redondance des textes légaux et réglementaires en présence constitue une «passerelle à la corruption».
Selon lui, la meilleure façon de lutter contre la corruption est de garantir la transparence dans tous les secteurs de la vie nationale, estimant que «la corruption ne prospère que là où il y a l’opacité ».
Me Declerc Mavinga de la FEC partage le même avis, s’indigne toutefois du fait que la corruption a atteint des proportions telles que «quand on en parle, il y a une forme d’indifférence, une banalisation qui devient inquiétante».
Il reste convaincu que «l’Etat crée les conditions pour que la corruption prospère». Il prend pour illustration le nombre impressionnant de «266 prélèvements» perçus en RDC sur les entreprises. A lui de s’interroger : «Comment voulez-vous que les choses se passent en toute transparence parce que, pour les entreprises, c’est payer ou disparaitre. Et certaines ont développé des réflexes pour survivre».
Sa conclusion tient de cette opacité délibérément entretenue par l’Etat congolais : «du fait de l’insécurité juridique et judiciaire qui est née de la multiplicité des prélèvements perçus sur les entreprises de l’Etat congolais entretient indirectement la corruption».
Porteur à l’Assemblée nationale d’une proposition de loi sur le renforcement du dispositif légal de lutte contre la corruption, Jean-Pierre Pasi za Pamba pense plutôt que «les règles de répression sont là, il faut que tous s’y soumettent». Il rappelle que «la meilleure façon de lutter contre la corruption commence aussi par l’entière soumission à la loi (…) La sanction est le meilleur moyen de barrer la route à la corruption».

Qu’est-ce que le Global Compact?
Lancée en juillet 2000 par Kofi Annan, alors secrétaire général des Nations Unies, avec l’idée que les entreprises se seront rassemblées pour faire progresser de responsabilité sociétale. Une plate-forme d’engagement et d’action collective favorisant des sociétés stables et inclusives.
Le «United Nations (UN) Global Compact» est la plus grande initiative internationale d’engagement volontaire en matière de développement durable, regroupant plus de 13.000 participants dans 180 pays.
Fondée sur dix principes universellement reconnus réunis autour de quatre thèmes principaux : les Droits de l’homme; les Normes Internationales du Travail; l’Environnement; ainsi que la Lutte contre la Corruption. Nous nous unissons aux Nations Unies en soutenant les Objectifs de développement durable (ODDs).

Anti-corruption : Principe 10 de Global Compact
Le dixième et dernier principe du Global Compact des Nations Unies concerne la lutte contre la corruption. Adopté en 2004, il engage les participants à éviter la corruption, l’extorsion et d’autres formes de corruption, mais aussi à développer de manière proactive des politiques et des programmes concrets pour lutter contre la corruption en interne et au sein de leurs chaînes d’approvisionnement. Les entreprises sont également mises au défi de travailler collectivement et de rejoindre la société civile, les agences des Nations Unies et les gouvernements afin d’atteindre une économie mondiale plus transparente.
Pour Transparency International, la corruption est «l’abus de pouvoir à des fins privées». Cela peut signifier non seulement un gain financier, mais également des avantages non financiers. La corruption correspond à «une offre ou la réception de tout don, prêt, frais, récompense ou autre avantage comme une incitation à faire quelque chose qui est malhonnête, illégal ou un abus de confiance, dans la conduite des affaires de l’entreprise».
Les lignes directrices de l’OCDE pour les entreprises multinationales définissent l’extorsion de la manière suivante : «La sollicitation de pots-de-vin est l’acte de demander ou d’inciter autrui à commettre un acte de corruption. Il devient extorsion lorsque cette demande est accompagnée par les menaces qui mettent en danger l’intégrité personnelle ou la vie privée de l’acteur impliqué».
La corruption met en danger la réputation d’une entreprise et accroît les risques juridiques, financiers, etc.

Econews