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Judith Suminwa Tuluka, la discrète architecte du redressement économique congolais

Discrète mais efficace, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka impose son style en coulisses : celui d’une gestion rigoureuse qui porte ses fruits. Alors que la RDC affiche une croissance robuste de 6,5% en 2024 et une inflation maîtrisée sous les 10%, le dernier rapport du FMI vient confirmer le redressement économique orchestré par cette technocrate hors pair. Taux de change stabilisé, réserves de change en hausse, pouvoir d’achat préservé… Derrière ces indicateurs au vert se dessine le portrait d’une cheffe du Gouvernement qui préfère les résultats aux déclarations tapageuses. Un an après sa nomination, son bilan socio-économique commence à convaincre, même si des défis persistent. La RDC a-t-elle enfin trouvé la formule pour concilier stabilité macroéconomique et progrès social ?

Elle fuit les projecteurs, mais impose ses résultats. Judith Suminwa Tuluka, Première ministre depuis mai 2024, a discrètement opéré un redressement économique remarquable, comme en attestent les derniers indicateurs officiels et le récent rapport du Fonds monétaire international (FMI).

Contrairement à d’autres dirigeants, Judith Suminwa évite l’autopromotion. Ses ministres relaient les avancées sectorielles, tandis qu’elle pilote l’ensemble avec une méthodologie remarquée.

«Elle agit comme un chef d’orchestre exigeant, mais sans tambour », confie un conseiller ministériel sous couvert d’anonymat. «Son leadership apaisé a permis des réformes impopulaires mais nécessaires, comme la réduction de subventions aux carburants », commente un économiste à la Banque Centrale du Congo.

Les bonnes notes du FMI

Avec Mme Judith Sumina, les principaux indicateurs macro-économiques sont au vert. Ce qu’a d’ailleurs confirmé la dernière mission du FMI dépêchée, 30 avril au 13 mai 2025 à Kinshasa, dans le cadre de la première revue semestrielle de l’accord formel conclu avec la RDC : «L’activité économique est restée résiliente, avec une croissance robuste du PIB de 6,5 % en 2024. La croissance devrait rester supérieure à 5% en 2025, portée par le dynamisme continu du secteur extractif. La stabilité extérieure s’est renforcée, soutenue par l’accumulation continue de réserves internationales et la réduction du déficit du compte courant, bien que restant toujours en-deçà du niveau d’adéquation recommandé de couverture des importations. La stabilité du taux de change qui en a résulté depuis mi-2024, conjuguée au resserrement approprié de la politique monétaire, ont contribué à atténuer les tensions inflationnistes. L’inflation en glissement annuel est revenue à un niveau à un chiffre en avril 2025, pour la première fois depuis juillet 2022.»

Dans le registre des finances publiques, l’équipe du FMI avait salué les « progrès encourageants » dans la mise en œuvre de l’agenda des réformes structurelles. «Les réformes axées sur la modernisation de la gestion des finances publiques (GFP) progressent », a fait part l’équipe du FMI.

C’est dire que le tableau socio-économique qu’aligne Mme Judith Suminwa rassure à tout point de vue. Elle a véritablement imposé sa marque, déclinée en ces termes : taux de change stable à 2.850 FC/USD; maîtrise de l’inflation désormais sous la barre de 10%; réduction de pertes et manque à gagner dû aux pétroliers de 281 millions à 31 millions USD; réserves internationales frôlant la barre de 7 milliards USD; pas d’arriérés des salaires dans l’administration publique; soldes des militaires doublées dans un contexte de guerre dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu; pas de pénurie de produits de grande consommation.

Avec ce bilan, Mme Judith Suminwa Tuluka crédibilise son approche technocratique. Reste à transformer l’essai en améliorant le quotidien des Congolais, véritable test pour 2025.

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Faustin K.