Malgré son exil politique, Moïse Katumbi continue de structurer son opposition à distance. Le leader d’Ensemble pour la République a ouvert ce mardi 12 août à Bruxelles (Belgique) un conclave décisif pour sa formation politique, marquant le coup d’envoi d’une réflexion approfondie sur sa stratégie en vue des élections de 2028.
Pendant trois jours (du 12 au 14 août), les cadres du parti se réunissent dans la capitale belge pour évaluer dix ans d’engagement politique. Au menu des travaux : un audit complet de l’organisation interne, de la communication et des alliances, ainsi qu’une restructuration en profondeur du mouvement.
«L’objectif est de tirer les leçons du passé, clarifier notre ligne et nous renforcer pour les batailles à venir », explique une source proche des discussions.
Parmi les priorités affichées figurent, entre autres, la consolidation des alliances au sein de l’opposition, face à ce que le parti qualifie de « dictature », la mobilisation citoyenne et l’ancrage territorial en RDC, la préparation des échéances de 2028, sans compter le renforcement de la visibilité internationale.
Un plan d’action détaillé sera soumis à adoption avant la clôture des travaux, confirme la même source.
«Depuis Bruxelles, des réflexions importantes vont annoncer un tournant décisif dans l’action de l’opposition. Nous sommes forts Ensemble. Nous sommes grands Ensemble. Nous gagnerons Ensemble», a écrit sur Facebook Hervé Diakiese, cadre du parti, également présent dans la capitale belge.
Une rupture assumée avec le pouvoir
Fondé par Katumbi après sa rupture avec le pouvoir en place, Ensemble pour la République a quitté l’Union sacrée de la nation fin 2023, jugeant cette plateforme « dépourvue de vision ». Plusieurs de ses membres, autrefois ministres sous Sama Lukonde, ont depuis quitté le Gouvernement, tandis que d’autres ont choisi de rester dans le giron du régime.
Aujourd’hui, en exil depuis mi-2024, Katumbi mise sur ce conclave pour redynamiser son mouvement et afficher une opposition unie, malgré les défis liés à son éloignement forcé.
Ce rendez-vous bruxellois marque-t-il un tournant dans la lutte contre le pouvoir de Kinshasa ? Réponse dans les mois à venir, à mesure que la machine électorale se mettra en marche.
Francis N.

