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Qui arrêtera ces Kuluna ?

La scène est d’une violence inouïe. Elle s’est déroulée en plein jour, sur l’avenue Batetela, au cœur de la commune de Gombe, à deux pas du Palais de la Nation. Des «Kuluna», ces bandits urbains qui terrorisent Kinshasa, se sont affrontés dans une bataille rangée, sous le regard médusé des Kinois. Ce spectacle, qui aurait été impensable il y a quelques années, est la preuve que le phénomène «Kuluna» a atteint un point de non-retour, et que l’État a perdu le contrôle de la situation.

Gombe, sanctuaire du pouvoir congolais, abrite les plus grandes institutions du pays. La Présidence, la Primature, le Palais de la Justice, les ministères, les les institutions diplomatiques : autant de symboles de l’autorité de l’État qui sont aujourd’hui bafoués.

Comment expliquer que des bandits, minis de machettes et d’armes blanches, puissent défier l’État en son cœur même ? Est-ce que les «Kuluna» sont devenus plus forts que les forces de l’ordre et de la défense ? Qu’est-ce qui rend ces hors-la-loi invulnérables au point de semer la terreur dans les quartiers les plus sécurisés de la capitale ?

Ces questions brûlantes sont restées sans réponse. Le peuple, qui ne sait plus à quel saint se vouer, a l’impression d’être livré à lui-même. L’opération «Ndobo », lancée avec fracas pour éradiquer le phénomène, a fait flop. Les promesses du vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur et de la Sécurité, Jacquemin Shabani, sont restées lettre morte. Et les «Kuluna», eux, continuent leur macabre besogne, en toute impunité.

Cette situation est un véritable camouflet pour l’État congolais. Elle révèle ses faiblesses et son incapacité à assurer la sécurité de ses citoyens. Il est temps que les autorités prennent la mesure de la gravité de la situation et agissent de manière énergique pour mettre fin à ce fléau. Kinshasa ne peut pas être livrée aux «Kuluna».

Econews