
Le bras de fer autour de l’assainissement de l’Immeuble Flamboyant, dans la commune de la Gombe, vient de mettre au grand jour une tension qui couvait depuis plusieurs semaines entre l’Hôtel de ville de Kinshasa et le Service national (SN). En ordonnant aux occupants de cet immeuble de participer à des travaux d’assainissement, le SN a provoqué la réaction de l’autorité provinciale, qui dénonce des méthodes jugées inappropriées. Au-delà de cet incident, c’est surtout la question du pilotage de l’assainissement de la capitale qui semble cristalliser les frustrations depuis que la coordination de la task force dédiée à cette mission a été confiée au Service national.
L’affaire de l’Immeuble Flamboyant apparaît désormais comme bien plus qu’un simple différend autour de la salubrité d’un bâtiment. Elle met en lumière les frictions qui semblent s’installer entre deux structures appelées à intervenir dans un même objectif : rendre Kinshasa plus propre.
Remonté contre l’état d’insalubrité constaté autour de l’immeuble Flamboyant, situé dans la commune de la Gombe, le Service national (SN) a pris l’initiative d’imposer aux occupants des travaux destinés à assainir leur environnement.
Une intervention qui n’a visiblement pas été du goût de l’Hôtel de ville.
Par la voix de son ministre provincial chargé de l’Assainissement Infrastructures, Léon Mulumba, l’autorité provinciale a dénoncé la manière de procéder du Service national, estimant que les méthodes utilisées n’étaient pas appropriées.
Derrière cette réaction se profile une interrogation plus profonde : qui doit réellement conduire les opérations d’assainissement dans la capitale ?
Une task force qui dérange ?
La création d’une task force consacrée à l’assainissement de Kinshasa et placée sous la coordination du Service national avait déjà suscité des interrogations sur le rôle de l’Hôtel de ville dans cette nouvelle architecture.
Pour certains observateurs, confier au SN un rôle central dans une matière qui relève traditionnellement de l’action des autorités provinciales ne pouvait qu’alimenter des incompréhensions.
La question de l’assainissement est en effet au cœur des responsabilités de la ville-province de Kinshasa, qui multiplie depuis plusieurs années les initiatives pour lutter contre l’insalubrité, les immondices et l’occupation anarchique de l’espace public.
L’arrivée d’une structure extérieure disposant d’une forte capacité opérationnelle sur ce terrain pouvait donc difficilement être perçue comme neutre.
L’épisode de l’Immeuble Flamboyant semble ainsi avoir servi de révélateur à un malaise plus ancien.
Le SN passe à l’offensive
Sur le terrain, le Service national entend manifestement jouer pleinement son rôle dans l’opération d’assainissement de la capitale.
Son intervention à l’Immeuble Flamboyant traduit une volonté de ne pas limiter la task force à des réunions administratives, mais de passer rapidement à des actions concrètes.
Pour le SN, l’état de salubrité de Kinshasa constitue une urgence qui nécessite des interventions visibles et immédiates.
Mais cette approche se heurte désormais à une autre exigence : celle du respect des compétences et des procédures relevant de l’autorité provinciale.
C’est précisément sur ce terrain que le désaccord avec l’Hôtel de ville risque de s’amplifier si aucun mécanisme clair de coordination n’est rapidement établi.
Léon Mulumba hausse le ton
La réaction du ministre provincial Léon Mulumba illustre la crispation qui semble désormais caractériser les rapports entre les deux structures.
En contestant publiquement les méthodes employées par le Service national, l’Hôtel de ville entend rappeler qu’il ne saurait être dépossédé de ses prérogatives dans la gestion de la capitale.
Mais le ton adopté dans cette confrontation témoigne également de la profondeur du malaise.
L’Immeuble Flamboyant pourrait ainsi n’être que la partie visible d’un conflit institutionnel beaucoup plus large, né de la nouvelle répartition des rôles dans la lutte contre l’insalubrité à Kinshasa.
Un bras de fer à éviter
Au-delà des querelles de compétences, l’enjeu reste celui de la salubrité de Kinshasa. La population kinoise attend moins des affrontements institutionnels que des résultats concrets sur le terrain.
La capitale demeure confrontée à d’importants défis en matière de gestion des déchets, d’entretien des espaces publics et de discipline collective. Dans ce contexte, la multiplication des centres de décision pourrait rapidement devenir contre-productive si elle n’est pas accompagnée d’une coordination efficace.
L’épisode de l’Immeuble Flamboyant devrait donc servir d’avertissement. Si le SN et l’Hôtel de ville poursuivent leur confrontation sur fond de rivalité institutionnelle, c’est l’objectif même de l’opération d’assainissement qui risque d’en pâtir.
Le véritable défi n’est peut-être plus de savoir qui aura le dernier mot, mais de définir clairement qui fait quoi, sous quelle autorité et avec quels moyens, afin que la task force ne devienne pas un nouveau foyer de tensions au cœur de l’Hôtel de ville de Kinshasa.
Econews


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