
Le Garde des Sceaux passe à l’offensive. Dans une injonction ferme adressée au procureur général près la Cour de cassation, Guillaume Ngefa a ordonné des poursuites contre plus de 62 présumés spoliateurs fonciers et immobiliers. Une opération coup de poing qui vise aussi bien les biens de l’État que les propriétés privées, et qui marque un tournant dans la lutte contre l’insécurité juridique qui ronge la capitale congolaise.
« Folioman » dans le viseur : un réseau criminel débusqué
Derrière cette offensive, un ennemi bien identifié : le phénomène « Folioman ». Selon le ministère de la Justice, il s’agit d’un véritable réseau structuré, spécialisé dans la falsification de titres administratifs, la contrefaçon de documents fonciers, et la vente frauduleuse de terrains et d’immeubles à Kinshasa.
« Cette injonction marque une étape significative dans la lutte contre les auteurs, co-auteurs et complices de ce réseau », a déclaré sans détour le Ministre d’État en charge de la Justice, Guillaume Ngefa.
Les 62 dossiers transmis au parquet ne constituent qu’un premier lot. Le Garde des Sceaux prévient : les investigations se poursuivent pour remonter toute la chaîne criminelle.
Une riposte qui ne s’arrête pas aux portes de Kinshasa
Si la capitale est l’épicentre du phénomène, les enquêtes révèlent déjà des ramifications bien plus larges. Le réseau « Folioman » pourrait étendre ses tentacules dans plusieurs provinces du pays. Une perspective qui annonce une bataille judiciaire longue, mais que le ministre entend mener sans relâche.
« La Justice ne considère pas ces 62 dossiers comme un aboutissement. Ils sont un premier pas », insiste-t-on au cabinet Ngefa.
Pour renforcer l’efficacité de cette riposte, le Gouvernement a mis en place un cadre permanent de concertation. Autour de la table : les ministères de la Justice, de l’Urbanisme et Habitat, et des Affaires foncières, aux côtés de l’Agence nationale de protection du patrimoine immobilier de l’État (AN-PPIE). Objectif : accélérer l’examen des cas signalés, sécuriser les titres fonciers et cadastraux, et empêcher toute nouvelle spoliation. Une réponse systémique à un fléau qui, jusqu’ici, prospérait dans l’ombre d’une administration débordée.
La détermination d’un Garde des Sceaux qui ne lâche rien
Guillaume Ngefa ne cache pas sa volonté de faire de cette lutte une priorité absolue. Pour lui, il ne s’agit pas seulement de punir, mais de restaurer la confiance des citoyens et des investisseurs dans la sécurité juridique du pays.
« Les procédures seront menées dans le respect de la loi, mais elles seront menées jusqu’au bout », prévient-il.
À l’heure où Kinshasa suffoque sous les scandales fonciers récurrents, cette offensive judiciaire incarne un signal clair : l’impunité n’est plus une option. Et les 62 spoliateurs dans le viseur de la Justice pourraient bien n’être que les premiers d’une longue liste.
Econews


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