Notre pétrole, notre gaz

President of the Democratic Republic of the Congo Felix Tshisekedi addresses the 77th Session of the United Nations General Assembly at U.N. Headquarters in New York City, U.S., September 20, 2022. REUTERS/Eduardo Munoz

Du discours du chef de l’Etat à la 77ème session ordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies le 21 septembre 2022, le Congolais lambda ne semble avoir retenu que la volée de bois vert assenée au Rwanda et à son chef par un Félix Tshisekedi survolté, lui d’habitude si mesuré. On se gargarisera encore longtemps des termes de la philippique dont l’écho a été entendu jusqu’à Kigali, voire à Kampala. Et même ailleurs !
Dans les villas cossues, les chaumières en adobe, sur les mototaxis surchargés ou… les banquettes des transports en commun brinquebalants, c’est à qui remportera la palme de la meilleure louange de la prestation présidentielle. Du volet environnemental personne n’a jamais entendu parler.
Et pourtant. Dans ce domaine, Félix Tshisekedi s’est montré tout aussi incisif. Tenant à couper court aux polémiques sur la place publique internationale autour de l’Appel d’offres lancé le 28 juillet pour l’exploration de 27 blocs pétroliers et 3 gaziers, il n’a pas mis de gants pour assener qu’ « aucun instrument juridique international ratifié par la RDC ne lui interdit d’exploiter ses ressources naturelles pour cause de protection de l’environnement ou par crainte de l’aggravation du réchauffement de la planète » ! Les ONG de défense de l’environnement et les lobbies des multinationales occidentales apprécieront.
Le message est clair : notre pétrole et notre gaz, où qu’ils se trouvent sur le territoire congolais, seront exploités pour le développement économique du pays. Qu’ils soient présents dans les aires protégées, les parcs nationaux ou les réserves de la biosphère, ils seront trouvés, identifiés, exploités, transformés.
A ceux qui le prennent pour une déclaration de guerre, Félix Tshisekedi leur conseille de garder leurs apaisements : l’exploitation se fera dans le respect des normes environ-nementales. Les ressources naturelles du pays seront transformées localement pour leur donner de la valeur ajoutée… Sauf qu’à la cadence où se succèdent à Kinshasa des plénipotentiaires des pays d’économie avancée, il est à prévoir que sur ce dossier des hydrocarbures, la lutte ne fait que commencer.
La crise pétrolière et gazière qui résulte de la guerre américano-russo-ukrainienne, poussant les puissances occidentales à explorer de nouvelles sources d’approvisionnement va mettre face-à-face de nouveaux antagonismes sur un terrain que la Chine quadrille systématiquement et d’où il sera laborieux de le déloger.

Econews

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