RDC : le gouvernement accélère la démobilisation et la réinsertion des combattants Mobondo

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Le gouvernement de la République démocratique du Congo entend intensifier les opérations de démobilisation, de désarmement et de réinsertion des membres de la milice Mobondo encore actifs dans les zones affectées par les violences. L’objectif affiché est de consolider les acquis sécuritaires et de permettre une restauration durable de l’autorité de l’État dans le Kwango, le Mai-Ndombe et certains secteurs de Kinshasa.

Le ministre délégué chargé des Anciens Combattants, Éliézer Ntambwe, a fait le point sur cette démarche lundi 17 août, lors d’un briefing de presse coanimé avec le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, au Studio Maman Angebi.

Sensibiliser pour favoriser le dépôt des armes

Selon Éliézer Ntambwe, le gouvernement privilégie notamment la sensibilisation des combattants encore présents dans les zones reculées afin de les convaincre de déposer les armes et de rejoindre le processus de pacification.

Cette stratégie aurait déjà permis à plusieurs personnes impliquées dans le phénomène Mobondo de quitter la brousse et d’intégrer le processus de paix. Pour les autorités, l’objectif est désormais de transformer ces redditions en un processus durable de démobilisation et de réinsertion.

Plusieurs missions de sensibilisation ont ainsi été menées dans le Kwango, le Mai-Ndombe ainsi que dans certains secteurs de Kinshasa. Mongata, Masambio, Ibi, Bethany, Tumba Nangwaka, Nganda Bangala et plusieurs villages de la commune de Maluku ont notamment été concernés.

Le ministre a assuré que ces opérations ont favorisé la sortie de plusieurs responsables du mouvement et contribué à améliorer la situation sécuritaire dans plusieurs localités.

596 personnes cantonnées et 146 armes récupérées

Sur le volet du désarmement, Éliézer Ntambwe a indiqué que 596 personnes ont été envoyées à Kanyama, tandis que d’autres restent cantonnées dans différents villages ou se trouvent encore à Kinshasa.

Le processus a également permis de récupérer 146 armes, qui ont été remises au vice-Premier ministre chargé de la Défense pour leur transmission à la logistique des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).

D’autres armes récupérées depuis le début des opérations doivent également être intégrées au processus de désarmement.

Concernant les anciens responsables du mouvement Mobondo, le ministre a précisé que des enquêtes sont en cours. Il a toutefois rappelé que les conclusions de ces investigations relèvent des services compétents et, en dernier ressort, de la justice.

Une crise que Kinshasa présente comme principalement foncière

Le gouvernement congolais entend également revoir la lecture du phénomène Mobondo. Éliézer Ntambwe a rejeté l’idée d’un conflit essentiellement communautaire, estimant que les violences sont avant tout liées à des différends fonciers qui ont progressivement dégénéré.

Le ministre a notamment cité la situation à Nganda Bangala, dans le Kwango, où vivent plusieurs communautés, parmi lesquelles les Teke, Yaka, Tete, Songye, Banga ainsi que des populations originaires du Kasaï.

Cette diversité, selon lui, démontre la nécessité d’une analyse plus nuancée des causes de la crise et d’éviter de la réduire à une opposition entre deux communautés.

Des axes routiers progressivement sécurisés

Les autorités affirment également constater une amélioration de la circulation sur certains axes stratégiques touchés par les violences, notamment la RN1 et la RN17.

La réhabilitation de la RN17, qui relie Mongata à Bandundu, devrait par ailleurs reprendre conformément à l’engagement pris par le président Félix Tshisekedi lors de la conférence des gouverneurs organisée à Bandundu.

Pour Kinshasa, la sécurisation de ces axes constitue un enjeu majeur pour permettre la reprise des activités économiques et faciliter la circulation des populations.

De la démobilisation à la restauration de l’État

Pour le gouvernement, le désarmement ne constitue qu’une étape du processus. L’enjeu est désormais de consolider les zones pacifiées, de favoriser la réinsertion des personnes sorties des groupes armés et de permettre le retour progressif des services publics.

Éliézer Ntambwe a notamment insisté sur la nécessité de clarifier le rôle des différentes institutions dans le rétablissement de la sécurité, la récupération des biens des personnes victimes des violences et la restauration de l’administration publique.

« Nous sommes au moment du rétablissement de l’autorité de l’État », a-t-il déclaré.

Cette phase doit ainsi combiner sensibilisation, désarmement, démobilisation, réinsertion et restauration des services publics.

Le défi de la réinsertion

La réussite du processus dépendra toutefois de sa capacité à offrir une véritable perspective aux personnes qui renoncent aux armes. Au-delà du cantonnement et de la récupération des armes, leur réinsertion constitue un enjeu central pour éviter de nouveaux cycles de violence.

Le gouvernement prévoit donc de poursuivre les opérations de sensibilisation et de désarmement tout en renforçant les actions destinées à rétablir progressivement l’administration dans les territoires concernés.

À travers cette démarche, Kinshasa entend consolider les progrès sécuritaires enregistrés, sécuriser les principaux axes de circulation et créer les conditions permettant aux populations affectées par le phénomène Mobondo de retrouver une vie normale et durable.

Tighana MASIALA

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