Sûreté nationale : Interpelé par les renseignements militaires et écroué à Makala, le lieutenant-général Philémon Yav sur les traces de François Beya

Le lieutenant-général Philémon Yav, bras croisés, sur le terrain des opérations dans le Nord-Kivu

Commandant de la 3ème zone de défense, qui comprend les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et les provinces de l’ex-province Orientale, et chef des opérations militaires menées contre le M23 dans le Nord-Kivu, le lieutenant-général Philémon Yav a été interpellé en début de semaine dans la ville de Goma, avant d’être transféré à Kinshasa où il a été aussitôt écroué à la prison centrale de Makala.
Si aucun communiqué officiel ne donne avec précision les griefs mis à charge du lieutenant-général, des sources militaires rapportent que son dossier est désormais pris en charge par l’auditorat militaire des Forces armées de la RDC, avec possibilité de faire fixer un éventuel procès.
Au regard de la succession des faits, des observateurs trouvent une curieuse similitude entre l’interpellation du lieutenant-général Philémon Yav et le dossier judiciaire mettant en cause François Beya, ancien conseiller spécial du Chef de l’Etat en matière de sécurité.

Entre l’Est et le Katanga
Des débâcles, Philémon Yav en a déjà connu quelques-unes dans sa longue carrière de commandant militaire. Celle-ci semble se classer parmi les plus sérieuses. Le lieutenant-général a été interpellé, mardi 20 septembre à Kinshasa et placé en détention à la prison centrale Makala. Si le motif de cette arrestation n’est pas encore connu, il pourrait être sérieux, vu l’envergure de ce militaire.
Depuis 2020, Philémon Yav avait été réaffecté dans l’Est du pays et, en juillet dernier, il avait été nommé commandant de la troisième zone de défense des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), qui couvre les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, de l’Ituri, du Maniema et de la Tshopo. À ce titre, il était chargé de la lutte contre les groupes armés, notamment de l’offensive coordonnée avec l’Ouganda contre la rébellion du M23, qui a repris ses attaques en terre congolaise en novembre dernier.
«C’est un terrain que je maîtrise», confiait-il en 2015 à Jeune Afrique en parlant du Kivu. Le « Tigre», tel qu’il est surnommé en référence aux gendarmes katangais de Moïse Tshombe, a en effet effectué toute sa carrière entre l’Est et le Katanga (Sud), d’où est originaire la famille de cet homme d’une soixantaine d’années né en Angola.
Homme de confiance des Kabila
Car avant d’être un homme clé du dispositif militaire de Félix Tshisekedi, Philémon Yav était surtout un proche de Laurent-Désiré Kabila, puis de son fils, Joseph Kabila, qu’il a connu dans les années 1990 au sein de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL).
Lorsque ce dernier devient président, Philémon Yav est considéré comme l’un de ses hommes de confiance, parfaitement loyal. Affecté au milieu des années 2000 dans l’Est de la RDC, il sera accusé d’avoir fourni des armes aux Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) dans un rapport des Nations unies – un soutien présumé de la RDC aux FDLR qui est, aujourd’hui encore, un des sujets de tension entre le Congo et son voisin rwandais.
Avec Jeune Afrique

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