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Double standard minier : pourquoi les entreprises américaines échappent-elles aux sanctions ? (*)

Pourquoi les entreprises américaines qui achètent ces minerais ne sont-elles pas sanctionnées ? Les États-Unis imposent unilatéralement leurs règles extraterritoriales, forçant les entreprises étrangères à s’y plier sous peine d’exclusion du marché américain. Pourtant, la Chine, autre acheteur majeur de ces ressources, contourne progressivement le dollar et défie ces sanctions.  

Les nouvelles mesures visent spécifiquement des entités congolaises (la Coalition des patriotes résistants – Pareco-FF et la Coopérative des artisanaux miniers du Congo) ainsi que deux sociétés basées à Hong Kong (East Rise et Star Dragon). Or, ces sanctions semblent servir indirectement les intérêts de America First Global – une entreprise dirigée par Gentry Beach, homme d’affaires texan proche de Donald Trump. Celle-ci négocie actuellement la reprise de la mine de coltan de Rubaya (RDC) au sein d’un consortium incluant Mercuria (spécialiste du négoce de matières premières) et Ngali Holdings, un fonds public rwandais.

Cette stratégie rappelle un scénario bien rodé : les sanctions ciblées affaiblissent les acteurs étrangers, ouvrant la voie à des rachats à bas prix par des groupes américains.

L’exemple d’Alstom, racheté par General Electric après des pressions judiciaires du FBI, illustre cette logique de prédation économique déguisée en lutte contre la corruption ou les violations géopolitiques.

Ce document ne constitue en rien une apologie des prédateurs ou trafiquants de nos ressources minières. Il expose, de manière préventive, les conséquences possibles d’un scénario dans lequel les sanctions américaines élimineraient les opérateurs actuels. Les opérateurs  chinois de Hong Kong n’ont plus rien à cirer du dollar américain. Ils font des transactions en Yuan. Le troc avec des produits commerciaux chinois qui seront vendus dans la partie est du pays s’effectuera en dollars.  Le vide que les sanctions voudraient atteindre,  serait comblé par un consortium associant America First Global (entité américaine) et Ngali Holdings (entité rwandaise), perpétuant ainsi la marginalisation structurelle de la RDC dans la chaîne de valeur.

La RDC n’aura rien gagné. Réfléchissons deux minutes !

(*) Le titre est de la rédaction

Nkoy Mobali (CP)