Anzuluni et Muyaya

Neutralisation et démobilisation des FDLR : Kinshasa fait le premier pas, Kigali recule

Au moment où la République Démocratique du Congo pose un acte concret de bonne foi en concluant un accord de démobilisation et de rapatriement des FDLR conformément à l’Accord de Washington, Kigali rejette cette avancée et ravive le dialogue de sourds. En s’obstinant à bloquer ce processus crucial tout en instrumentalisant la présence de ces rebelles sur le sol congolais comme un perpétuel fonds de commerce, le gouvernement rwandais dévoile une fois de plus sa mauvaise foi manifeste et son refus d’un retour à la paix durable dans la région des Grands Lacs. Face à ce retour à la case départ orchestré par Kigali, la responsabilité du Rwanda dans l’enlisement de la crise n’a jamais été aussi évidente pour la communauté internationale.

Alors que la République Démocratique du Congo, de bonne foi, a engagé un processus de rapatriement volontaire des combattants des FDLR conformément à l’Accord de Washington du 4 décembre 2025, le Rwanda persiste dans une posture d’obstruction systématique. Pis, Kigali semble faire de cette nébuleuse rebelle son prétexte favori pour justifier son ingérence dans l’Est congolais.

Pendant ce temps, la Monusco prend ses distances, créant une confusion qui profite à un seul camp : celui qui refuse la paix. Il est temps que la communauté internationale comprenne que le véritable obstacle à la stabilité dans les Grands Lacs porte un nom : le Rwanda.

Décryptage

En réalité, c’est un geste fort que le Gouvernement congolais a posé en annonçant un accord avec la branche des FDLR présente sur son territoire, en vue d’un rapatriement encadré et conforme aux engagements internationaux. Cette démarche, qui s’inscrit dans le respect strict de l’Accord du 4 décembre 2025 signé à Washington, témoigne de la volonté de Kinshasa d’apaiser les tensions et de contribuer activement à la pacification de la région.

Mais ce geste de bonne foi, salué par les observateurs avisés, s’est heurté à un mur de silence, puis à une rétractation, du côté de Kigali. Le Rwanda, qui a fait des FDLR son fonds de commerce diplomatique, n’a visiblement aucune intention de laisser Kinshasa prendre l’initiative sur un dossier qu’il utilise comme arme de chantage depuis des décennies.

MONUSCO : une clarification qui soulève des questions

Dans ce contexte déjà confus, la MONUSCO a choisi de raviver le suspense en publiant un communiqué affirmant n’avoir jamais été associée au processus de démobilisation et de rapatriement mené en solitaire par Kinshasa. Cette déclaration, si elle peut s’expliquer par des considérations procédurales, risque de jeter un trouble dans l’esprit de l’opinion publique et de renforcer l’argumentaire rwandais.

Mais faut-il s’étonner ? La Mission onusienne, souvent critiquée pour son manque de proactivité, semble avoir préféré la prudence à l’accompagnement. Un choix qui dessert la cause de la paix et offre un boulevard à ceux qui parient sur l’échec du processus.

Le Rwanda, fossoyeur de la paix régionale

Le comportement de Kigali est désormais prévisible : dès que Kinshasa fait un pas vers la résolution du dossier des FDLR, le Rwanda change les règles du jeu. Cette stratégie de l’éternel recommencement n’a qu’un seul objectif : maintenir une instabilité chronique dans l’Est de la RDC, prétexte commode pour justifier des ingérences militaro-économiques déguisées en préoccupations sécuritaires.

Car il ne faut pas s’y tromper : les FDLR ne sont qu’un prétexte. Le véritable enjeu pour Kigali est le contrôle des ressources minières congolaises et la volonté de maintenir une zone d’influence sur une partie du territoire de son voisin.

La communauté internationale dos au mur

Il est temps que les bailleurs de fonds, les Nations Unies et l’Union Africaine cessent de se voiler la face. La paix dans la région des Grands Lacs ne sera possible que lorsque le Rwanda sera contraint de renoncer à son jeu de dupe. L’initiative de Kinshasa mérite d’être soutenue, encouragée et sécurisée. À défaut, ce sera l’éternel retour à la case départ, avec son cortège de violences, de déplacements de populations et de vies brisées.

La balle est dans le camp de la communauté internationale. Soit elle continue de fermer les yeux sur les manœuvres dilatoires de Kigali, soit elle exige enfin que le Rwanda s’engage sincèrement dans un processus de désescalade et cesse de faire des FDLR son fonds de commerce. L’heure n’est plus aux faux-semblants. L’heure est à la vérité.

La RDC a prouvé sa volonté de respecter ses engagements. Elle a tendu la main. Si elle se heurte à la mauvaise foi de son voisin, c’est à la communauté internationale qu’il revient de trancher et de sanctionner ceux qui entravent la paix. Les Grands Lacs ne peuvent plus être la cour de récréation des ambitions hégémoniques de Kigali. Le moment est venu pour que la vérité éclate au grand jour.

Econews

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