
À l’approche de la rentrée scolaire fixée au 7 septembre 2026, le ministère de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté met en place un dispositif différencié pour assurer la continuité des apprentissages tout en limitant les risques liés à la 17ᵉ épidémie de la maladie à virus Ebola. La ministre d’État, Raïssa Malu, a présenté les principales mesures devant la presse, en coordination avec le ministère de la Santé.
La rentrée scolaire aura bien lieu à la date prévue, mais selon le niveau de risque sanitaire dans les différentes zones. Sur les 138 sous-divisions éducationnelles situées dans les provinces touchées, 40 sont affectées par l’épidémie, dont 18 considérées comme à haut risque, a précisé Raïssa Malu. Cette situation conduit le gouvernement à adopter une rentrée « différenciée », fondée sur trois niveaux : les zones vertes, oranges et rouges.
Trois niveaux de réponse sanitaire
Dans les zones vertes, où aucun cas d’Ebola n’a encore été déclaré, l’objectif est principalement de maintenir la vigilance et d’empêcher l’apparition de nouveaux cas. Les zones oranges, déjà touchées mais où la situation demeure maîtrisée, feront l’objet d’un renforcement de la prévention, de l’hygiène et de la sensibilisation.
Les zones rouges, considérées comme à haut risque, bénéficieront en revanche d’un dispositif particulier. « La rentrée a bien lieu le 1er septembre, mais de manière différenciée », a expliqué la ministre.
Dans ces zones, l’enseignement classique en présentiel sera temporairement adapté afin d’éviter les rassemblements importants. Le gouvernement entend ainsi empêcher qu’une zone orange ne devienne rouge et qu’une zone verte ne bascule à son tour dans la catégorie orange.
Des cours à distance sans Internet
Pour les élèves des zones à haut risque, le ministère prévoit un enseignement à distance allégé, sans recours obligatoire à Internet ou à des équipements numériques. Des feuilles pédagogiques, élaborées à partir des programmes scolaires et centrées sur les savoirs essentiels, seront distribuées aux élèves afin qu’ils puissent poursuivre leurs apprentissages à domicile.
Ce dispositif sera complété par des émissions diffusées sur les radios locales et communautaires. « Il ne faut surtout pas entendre enseignement en ligne ou Internet », a insisté Raïssa Malu, précisant que le système reposera notamment sur des supports papier et la radio.
L’objectif n’est toutefois pas de reproduire intégralement les cours dispensés en classe, mais de maintenir les élèves dans une dynamique d’apprentissage. « L’objectif, c’est de maintenir l’enfant en activité à l’école, à la maison, de ne pas le déconnecter de l’école et d’aller vers les savoirs essentiels », a expliqué la ministre.
Les écoles restent ouvertes dans les zones rouges
Même lorsque les cours en présentiel sont suspendus, les établissements scolaires ne seront pas complètement fermés. « L’école reste le point de service éducatif. L’école reste ouverte », a précisé Raïssa Malu.
Les enseignants et encadreurs resteront présents dans les établissements, avec les équipes du ministère de la Santé. Des dispositifs de lavage des mains et des kits sanitaires seront installés dans les écoles. Selon une programmation définie par les autorités, les parents et les élèves pourront se rendre dans les établissements afin de récupérer les supports pédagogiques, notamment toutes les deux semaines.
Le dispositif sera dans un premier temps mis en œuvre pendant quatre semaines, avant une nouvelle évaluation de la situation épidémiologique. La ministre a toutefois assuré que les supports pédagogiques pourront continuer à être imprimés et diffusés par les radios communautaires si la situation l’exige.
Prévention renforcée dans les zones oranges
Dans les zones oranges, l’accent sera mis sur la prévention plutôt que sur l’arrêt des cours. Les élèves présentant des symptômes devront rester à domicile et être orientés vers les structures sanitaires compétentes.
« Vous ne venez pas à l’école si vous avez des symptômes. Vous prévenez, vous passez dans la zone de santé », a indiqué la ministre. La sensibilisation portera également sur les gestes de prévention, l’hygiène et le respect des mesures sanitaires au sein des établissements.
Le ministère de l’Éducation entend par ailleurs travailler étroitement avec celui de la Santé, mais aussi avec les enseignants, les chefs d’établissement, les parents et les médias afin de renforcer la communication autour des comportements à adopter face à l’épidémie.
« Les enfants ne peuvent pas être deux fois pénalisés »
Pour Raïssa Malu, la réponse à Ebola ne doit pas entraîner une interruption durable de la scolarité. Le gouvernement veut éviter que les élèves soient pénalisés à la fois par l’épidémie et par l’arrêt des cours.
« Les enfants ne peuvent pas être deux fois pénalisés et par l’épidémie et par l’arrêt des cours », a-t-elle déclaré, soulignant que des enseignants référents resteront en contact avec les familles et les élèves afin de faciliter la poursuite des apprentissages.
La ministre a également assuré que le dispositif ne devrait entraîner aucune dépense supplémentaire pour les parents, sa prise en charge devant être assurée par le gouvernement avec l’appui de ses partenaires.
Les examens maintenus à l’école
Concernant les examens, notamment si l’épidémie devait encore sévir à cette période, Raïssa Malu a indiqué qu’ils se dérouleraient à l’école. Des mesures de distanciation et de prévention renforcées seraient alors mises en place pour garantir leur organisation dans des conditions sécurisées.
À travers ce dispositif, le ministère de l’Éducation nationale cherche ainsi à concilier continuité scolaire et protection sanitaire, avec une réponse adaptée à l’évolution de l’épidémie dans chaque zone. La priorité affichée reste de préserver les apprentissages tout en empêchant la propagation du virus au sein du système éducatif.
Tighana MASIALA


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