La CAF annule la victoire du Sénégal et attribue le titre au Maroc sur tapis vert. Dakar dénonce une décision « inique », saisit le TAS et réclame une enquête internationale. Une crise sans précédent secoue le football africain.
La finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 connaît un rebondissement inédit qui plonge le football africain dans une vive controverse. Alors que le Sénégal pensait avoir décroché le sacre sur le terrain, la Confédération africaine de football a finalement annulé sa victoire pour attribuer le titre au Maroc sur tapis vert.
Une décision qui a immédiatement provoqué une onde de choc à Dakar et déclenché une riposte ferme des autorités sportives sénégalaises.
Dakar saisit le TAS pour contester la décision
Lors d’une conférence de presse tenue le 19 mars 2026, le président de la Fédération sénégalaise de football (FSF), Abdoulaye Faye, a annoncé que son institution allait engager une procédure devant le Tribunal arbitral du sport (TAS), basé à Lausanne.
La FSF affirme avoir mandaté ses avocats afin d’obtenir « l’annulation de la décision », qu’elle juge injuste et contraire aux principes de l’équité sportive. Le Comité exécutif de la fédération évoque une décision « inique » et assure vouloir utiliser «tous les moyens possibles » pour faire valoir les droits du Sénégal.
Le Comité national olympique sénégalais a également apporté son soutien, se disant prêt à accompagner la fédération dans cette bataille juridique.
« Le Sénégal, unique vainqueur sur le terrain »
Pour les dirigeants sénégalais, il ne fait aucun doute que le titre a été remporté de manière légitime. La FSF considère ainsi le Sénégal comme « l’unique vainqueur de la CAN 2025 acquis de droit sur le terrain ».
Abdoulaye Faye n’a pas caché son incompréhension face à une décision qualifiée de « sans précédent » et « incompréhensible ». Il a également exprimé sa solidarité envers les supporters sénégalais encore retenus au Maroc, promettant que tout serait mis en œuvre pour obtenir leur libération dans les plus brefs délais.
Des conditions de finale jugées inéquitables
Au-delà de la décision finale, les responsables sénégalais dénoncent des conditions d’organisation qu’ils jugent défavorables. Selon Abdoulaye Faye, plusieurs dysfonctionnements auraient entaché la préparation de la sélection avant la finale.
Il a notamment pointé des problèmes liés à l’hébergement et aux conditions d’entraînement, évoquant des situations jugées incompatibles avec les standards d’équité sportive.
«Aller faire nos entraînements dans le camp de l’adversaire, ce n’était pas possible », a-t-il déclaré, estimant que son équipe n’a pas abordé la finale dans des conditions équitables.
Une bataille désormais juridique et diplomatique
Face à ce qu’il considère comme une injustice, le Sénégal a décidé de porter le combat sur tous les fronts. Dans un communiqué publié le 18 mars, le gouvernement sénégalais a demandé l’ouverture d’une enquête internationale pour «soupçons de corruption au sein des instances dirigeantes de la CAF ».
Ces accusations ont été rapidement rejetées par le président de la CAF, Patrice Motsepe, qui a assuré que l’instance dirigeante du football africain traite tous les pays de manière équitable et que ses organes disciplinaires agissent en toute indépendance.
Une crise majeure pour le football africain
Cette affaire pourrait avoir des répercussions durables sur l’image et la crédibilité de la CAF. Entre contestations juridiques, tensions diplomatiques et accusations de partialité, le dossier s’annonce complexe et potentiellement long.
En attendant la décision du TAS, le football africain reste suspendu à l’issue de ce bras de fer entre Dakar et Rabat, dans une affaire qui pourrait faire jurisprudence dans l’histoire de la Coupe d’Afrique des Nations.
Tighana MASIALA

