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Président de la BAD – Sidi Ould Tah à Brazzaville : «L’Afrique ne doit plus quémander, mais elle doit mobiliser »

Clôturées vendredi 29 mai à Brazzaville, les Assemblées annuelles 2026 de la Banque africaine de développement (BAD) ont accouché d’une nouvelle donne : l’Afrique, jusqu’ici trop souvent cantonnée au rôle de demanderesse, a décidé de prendre son avenir en main. Sous le leadership du président Sidi Ould Tah, soutenu unanimement par les Gouverneurs de l’institution, la BAD s’engage résolument sur la voie des solutions concrètes. « L’Afrique ne doit plus quémander, elle doit mobiliser », a-t-il martelé. Retour sur cinq jours d’engagements qui redessinent le partenariat entre le continent et sa Banque.

L’édition 2026 des Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement, qui s’est tenue à Brazzaville du 27 au 29 mai, s’achève sur une note de ferme détermination. Le président de l’institution, Sidi Ould Tah, a reçu un soutien unanime des Gouverneurs à son agenda de réformes, gage de la confiance retrouvée entre les États membres et leur banque commune.

Ce consensus n’a rien d’anodin. Il traduit une aspiration partagée : faire de la BAD un levier d’accélération pour l’intégration africaine, longtemps freinée par l’écart entre les discours solennels et les réalisations sur le terrain.

« L’intégration africaine passe des discours à la réalité »

C’est par cette déclaration choc que le président Sidi Ould Tah a résumé l’esprit de Brazzaville. Avant lui, Ludovic Ngatsé, ministre congolais de l’Économie, avait posé les bases en affirmant : « La BAD veut devenir la banque de solution pour l’Afrique que nous voulons. » Une formule qui, en quelques mots, résume l’ambition nouvelle : fini les diagnostics répétés, place aux réponses opérationnelles.

Le Premier ministre de la République du Congo, Anatole-Collinet Makosso, a renchéri dans le même élan : « Notre responsabilité est de veiller à ce que l’élan de Brazza se traduise en actions. » Ces propos, relayés tout au long des travaux, ont trouvé un écho particulier chez les gouverneurs représentant les 54 pays membres.

Lors de sa conférence de presse de clôture, le président de la BAD est revenu sur cet engagement collectif avec une franchise inhabituelle. «L’heure n’est plus au constat, mais à l’action », a-t-il martelé, soulignant le rôle central de la Banque comme partenaire stratégique et essentiel pour la mobilisation des ressources en faveur des États africains.

Et d’ajouter, dans une formule promise à faire date : « L’Afrique ne doit plus quémander, mais elle doit mobiliser. » Autrement dit : se projeter dans une logique de souveraineté financière, d’ingénierie de projets, d’attraction des capitaux privés, plutôt que d’attendre passivement l’aide extérieure.

Plaçant son action sous le signe de l’innovation et des résultats, Dr Ould Tah a réaffirmé son ambition de faire de la Banque africaine de développement une « banque de solutions », plus agile, plus proche des populations et pleinement engagée dans la transformation économique du continent.

Par ailleurs, le Dr Ould Tah a assuré que la BAD ne sera jamais gagnée par la bureaucratie et sera plus que jamais connectée au terrain. « Il n’y a aucun risque de déconnexion avec le terrain », soulignant que la Banque travaillera avec les banques nationales, avec les banques régionales pour fournir l’appui aux PME, aux jeunes et aux femmes. Il a insisté sur le fait que l’Afrique devrait mobiliser davantage ses ressources domestiques, se prémunir de la fragmentation et transformer ses matières premières pour créer de la valeur, de la croissance et surtout des emplois pour les jeunes et les femmes africains.

Brazzaville, acte fondateur d’une Afrique architecte de son destin

Au terme de ces trois jours intenses, les observateurs s’accordent sur un point : les assises de Brazzaville ont consacré une rupture. L’Afrique, qui subissait souvent les modèles des autres, se pose désormais comme «architecte de son destin », avec la promesse répétée de « bâtir une Afrique unie, intégrée et prospère ».

Cette nouvelle donne repose sur trois piliers concrets: la réforme interne de la BAD pour plus d’efficacité et de réactivité; la mobilisation accrue des ressources propres du continent (fonds souverains, épargne intérieure, investissements des diasporas); la traduction systématique des engagements en projets réalisables, sous la supervision des États membres.

Reste désormais à vérifier si la dynamique de Brazzaville survivra aux retours dans les capitales. Mais pour la première fois depuis longtemps, les acteurs africains – gouvernements, banque multilatérale, secteur privé – semblent parler d’une seule voix. «L’Afrique que nous voulons» n’est plus un slogan lointain : elle s’écrit, en actes, à partir de ce 29 mai 2026. Comme l’a résumé un gouverneur présent : «Nous avons quitté Brazzaville avec une feuille de route, pas avec un vœu pieux.»

Faustin K. (De retour de Brazzaville)

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