Affaire Kabund : à l’UDPS, l’heure est au règlement des comptes

En annonçant le vendredi 14 janvier 2022, sur son compte twitter, sa démission au poste de 1er vice-président de l’Assemblée nationale, Jean-Marc Kabund-a-Kabund a joué gros. Sa décision a suscité une vive réaction qui a dépassé le seul cadre de la chambre basse du Parlement. D’ores et déjà, tous les présidents des groupes parlementaires de l’Union sacrée de la nation (USN) lui ont tourné le dos, suivi du groupe parlementaire de l’UDPS. Tous ont unanimement réitéré leur loyauté au Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.

La vague d’indignation s’est étendue jusqu’à l’Assemblée provinciale de Kinshasa où des élus de l’UDPS ont désavoué Jean-Marc Kabund, s’alignant automatiquement derrière le Chef de l’Etat.

Au sein de l’UDPS, la guerre est tout aussi déclarée contre celui qui demeure encore – en tout cas jusqu’à preuve du contraire – président a.i. de l’UDPS. C’est aussi le moment choisi par tous les cadres de l’UDPS en froid avec Kabund de déployer leur grande artillerie pour régler les comptes à l’élu national de la circonscription électoral du Mont-Amba (Kinshasa). Le plus en vue est bien évidemment Paul Tshilumbu, député national/UDPS de Tshangu (Kinshasa).

Dans une émission diffusée sur les antennes de Perfect Tv, Paul Tshilumbu s’est totalement déchargé sur Jean-Marc Kabund, faisant des révélations accablantes sur sa mauvaise gestion du parti.

Décidément, à l’UDPS, Kabund se conjugue déjà au passé. Sa page est en train d’être définitivement tournée.

Dans les rangs de l’UDPS, on rapporte que la chute de Kabund a été finalement le sceau final de «Maman» Marthe Kasalu, veuve du lider maximo, Etienne Tshisekedi wa Mulumba.

A l’UDPS, en l’absence de son mari, décédé en février 2016, «Maman» Marthe Kasalu joue d’office le rôle d’autorité morale. C’est par elle que passe toutes les grandes décisions du parti.

Maman Marthe Kasalu s’impose et régule 

En effet, l’histoire de l’UDPS se confond désormais avec la famille du sphinx, Etienne Tsihisekedi wa Mulumba.

Créée en 1982,  l’UDPS était au départ une affaire de treize parlementaires qui se sont rebellés contre le pouvoir du président Mobutu, avant que quatre d’entre eux ne maintiennent la flamme du combat, à savoir Etienne Tshisekedi, Frédéric Kibassa Maliba, Vincent Mbwankiem et le prof Marcel Lihau. Après la neutralisation des trois autres, Etienne Tshisekdi a pris le relais en remodelant enfin l’UDPS à son goût et suivant ses principes.

Avant sa mort en février 2016, l’UDPS d’Etienne Tshisekedi a résisté à toutes les vagues. Dans ses rangs, nombreux n’ont pas hésité à traverser la rive, abandonnant le parti au seul sphinx qui aura résisté contre vents et marées.

A la mort du lider maximo, c’est son fils, Félix Tshisekedi, qui a repris le bâton de commandement, avant que les résultats des urnes ne le proclament vainqueur de la présidentielle de décembre 2018.

Mais, on ne peut pas rappeler l’histoire de l’UDPS sans faire mention de la «maman», Marthe Kasalu, mère biologique du Chef de l’Etat, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. Elle a été de tout le combat du lider maximo, si bien qu’on ne peut pas la dissocier de la longue marche de l’UDPS vers le pouvoir acquis en janvier 2019.

Dans les statuts de l’UDPS, la «maman», comme l’appellent affectueusement les combattants de l’UDPS, n’a pas un rôle précis. Cependant, rien ne se fait sans elle. La «maman» s’impose et régule tout ce qui porte à la vie du parti. Elle se réclame détentrice de l’identité «non révélée» de l’UDPS. Normal ! Pour autant qu’elle est la seule à s’être accrochée au sphinx jusqu’à sa mort en février 2016. Elle a dû porter son deuil, selon la tradition Luba, seule en Belgique, jusqu’à ce que de grandioses funérailles ne soient organisées en mémoire du lider maximo au rapatriement de sa dépouille pour des obsèques officiels à Kinshasa.

Aujourd’hui qu’une crise profonde menace les digues de l’UDPS, c’est encore et comme toujours sur «maman» Marthe que se confie le parti pour conjurer son sort.

Au sein de l’UDPS, des indiscrétions rapportent que, c’est sous l’influence de la «maman» que Jean-Marc Kabund avait été porté, à la surprise générale, au poste de secrétaire général de l’UDPS.

L’histoire n’étant qu’un perpétuel recommencement, c’est aussi sur la «maman» que repose l’avenir de Kabund dans le parti présidentiel.

Econews