Alors que la République Démocratique du Congo s’apprête à marquer l’histoire en prenant la direction d’un débat crucial au Conseil de sécurité de l’ONU ce 22 juillet, le conseiller principal du Chef de l’État, Charly Tonsi, livre un plaidoyer sans concession sur le tournant stratégique imposé par Félix Tshisekedi. Face à une agression rwandaise persistante opérée sous le masque de l’AFC-M23 et facilitée par des complicités internes, Félix Tshisekedi a brisé le silence diplomatique pour imposer la vérité au monde et isoler l’agresseur. Entre la montée en puissance militaire des FARDC, une dynamique de reconstruction socio-économique sans précédent et une dénonciation ferme des manœuvres de diversion d’une opposition aux dérives subversives, cette tribune démontre comment le Chef de l’État s’érige désormais en clé de voûte incontournable pour l’avènement de la paix, de la souveraineté et du développement de la Nation.
C’est une première. Ce 22 juillet, la RDC sera à l’honneur au Conseil de sécurité de l’ONU, dont elle assure la présidence tournante. Marquant sa présidence, la réunion de haut niveau sur la restructuration de la gouvernance mondiale des ressources naturelles va culminer avec le débat public sous la direction du président Félix Tshisekedi. Avec, en toile de fond, la crise sécuritaire à l’est, dont le Rwanda est enclin à la « congolisation » sous couvert de l’AFC-M23 et des relais politiques et religieux à l’interne, cette séance est une rampe pour porter encore plus haut la voix du Congo et exiger, en rapport notamment avec les Accords de Washington adossés aux résolutions de l’ONU, le retrait des troupes rwandaises et capitaliser sur les récents rapports du groupe d’experts onusiens ainsi que sur les alertes d’ONG internationales crédibles.
Tout compte fait, le plus grand mérite du Chef de l’État congolais est d’avoir mis à nu l’agresseur du Congo et fait accorder les violons de la communauté internationale sur les véritables raisons de la guerre qui menace la souveraineté du pays. Mérite qui le place, sur fond de montée en puissance des FARDC couplée à la multiplication des projets d’infrastructures économiques et sociales, au cœur du projet de transformation du Congo, faisant ainsi de lui la clé de voûte de l’avènement de la paix et du développement.
L’agression militaire du Rwanda contre la RDC, sous couvert de ses supplétifs, de l’AFDL à l’AFC-M23, constitue la principale menace à laquelle le pays est confronté depuis plus de trois décennies dans sa partie orientale. C’est la cause profonde du conflit qui menace sa souveraineté et l’expose à la balkanisation. Ce n’est ni l’éventuelle révision de la Constitution ni, le cas échéant, son changement, comme le prétend la C64. Et encore moins la non-organisation du dialogue, vendu comme une recette miracle par la CENCO pour mettre fin à cette guerre trentenaire, alors que la moindre garantie sur l’éventuel retrait des troupes rwandaises est loin d’être apportée. Mais, aussi paradoxal que cela puisse paraître, ni la C64 ni la CENCO, aucune de ces entités ne pointe du doigt le Rwanda et l’AFC-M23, qui ne sont pas encore au bout de leur aventure funeste, pour dénoncer les crimes qu’ils perpètrent au Congo. Elles ne comptent à leur actif aucune marche à ce sujet.
L’équation « changement de la Constitution égale balkanisation » ne tient pas la route. Tant s’en faut. Vraisemblablement en phase avec la C64 et certains prélats catholiques, l’AFC-M23 occupe, sous le joug du Rwanda, bien auparavant de vastes pans du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, ce qui constitue une balkanisation de fait. C’est une violation flagrante de la Constitution, notamment de ses articles 52 (alinéa 2), 63 (alinéa 1) et 64, dont se prévalent Martin Fayulu et consorts. La plainte reportée sine die de la C64 contre le président de la République aurait dû fixer l’opinion sur les griefs retenus à sa charge et susceptibles de constituer l’infraction de « coup d’État constitutionnel ».
Par contre, l’alinéa 2 de l’article 64 de la Constitution risque de se retourner contre l’opposition pour tentative de renversement du régime constitutionnel avec l’organisation, ce 22 juillet, d’une marche à la limite subversive. Investir le Palais de la Nation, siège de l’institution Président de la République, lieu réputé protégé et inviolable, est une manière de vouloir tenter le diable. De deux choses l’une : ou la C64 est en quête d’incidents pour sacrifier le pouvoir sur l’autel de la communauté internationale, ou elle tient à brouiller la voix du Congo au Conseil de sécurité de l’ONU.
Les vraies raisons de la guerre sont connues
La menace représentée par les FDLR, la discrimination des populations tutsies et la problématique des réfugiés, prétextes allégués autrefois pour justifier la présence militaire rwandaise en RDC, ne tiennent plus la route. La diplomatie active, qui a signé le retour de la RDC au premier plan sur la scène internationale, a fini par avoir raison de ces allégations.
Le président Félix Tshisekedi a effectivement brisé le silence diplomatique en désignant publiquement le Rwanda comme l’agresseur direct de la RDC et en dénonçant les intérêts économiques et géopolitiques sous-jacents, notamment le pillage des ressources. Dès le début de son mandat, et particulièrement avec la résurgence des affrontements en novembre 2021, il a multiplié les prises de parole sur la scène internationale, notamment à la tribune des Nations unies, pour pointer du doigt l’implication de Kigali et réitérer constamment que le groupe rebelle M23 n’était qu’un supplétif de l’armée rwandaise. Personne ne l’a cru lorsqu’il a fait savoir que son prédécesseur prenait la tête de l’AFC-M23. Aussi, il a effectué de nombreux déplacements qui ont permis de renforcer la place du Congo auprès des partenaires africains et internationaux.
Cette offensive diplomatique a permis de sensibiliser la communauté internationale sur la crise sécuritaire dans l’est du Congo. Conséquence : les lignes ont bougé avec, comme effets, notamment, la levée de l’embargo sur les armes, les résolutions des Nations unies, les Accords de Washington adossés au processus de Doha, à la base des sanctions infligées au Rwanda, voire à l’ancien président congolais, par l’Administration américaine, qui n’en a pas encore fini.
Au cœur du projet de transformation de la RDC
La détermination et l’engagement du président Félix Tshisekedi pour la résolution de la crise dans l’est de la RDC sont évidents. La montée en puissance des FARDC, couplée à la multiplication des projets d’infrastructures économiques et sociales, le place au cœur du projet de transformation de la RDC, faisant ainsi de lui la clé de voûte, à court et à moyen terme, du processus d’avènement de la paix et du développement auxquels aspire légitimement le peuple congolais.
Le Belge André Flahaut a évoqué récemment les progrès accomplis sous le mandat du président Félix Tshisekedi, tout en ne perdant pas de vue la réalité d’un pays immense, confronté à de nombreux défis ainsi qu’à des intérêts extérieurs parfois contradictoires : infrastructures, gratuité de l’enseignement et des accouchements, universités, investissements dans la santé, modernisation de certains aéroports, diplomatie active et retour de la RDC au premier plan sur la scène internationale, etc.
Les chantiers routiers visant à fluidifier la circulation à Kinshasa, à désenclaver certaines communes demeurées telles des îlots depuis l’indépendance et à les relier les unes aux autres en sont une illustration. Il y a plus, même en province. En huit ans de règne, le président Félix Tshisekedi a réalisé plus que tous ses prédécesseurs, dont le maréchal Mobutu et Joseph Kabila, devenu rebelle, avec respectivement 32 et 18 ans de pouvoir.
(*) Conseiller Principal du Chef de l’Etat au Collège Politique et Réformes institutionnelles


