Echauffourées entre étudiants de l’ISPT/Kin et élèves de l’ITI/Gombe : plusieurs blessés et d’importants dégâts

Un conflit de terre oppose depuis plusieurs mois deux établissements d’enseignement à Kinshasa : l’Institut supérieur pédagogique et technique (ISPT)/Kin et l’Institut technique industriel (ITI)/Gombe. Il a dégénéré lundi dernier avec à la clé plusieurs blessés et d’importants dégâts matériels.
Un conflit de terre oppose depuis plusieurs mois l’Institut technique industriel (ITI)/Gombe et l’Institut supérieur pédagogique et technique (ISPT)/Kin mais il a dégénéré lorsque les responsables de ce dernier institut d’enseignement ont décidé de construire un mur de séparation entre les deux établissements. Cette décision a été mal perçue par les élèves de l’ITI/Gombe qui ont décidé d’affronter les étudiants de l’ISPT/Kin sous prétexte que le terrain querellé était la propriété de leur école qui a été construite en 1952. Les échauffourées ont amené les éléments de la Police nationale congolaise et ceux de la Police militaire à intervenir pour ramener l’ordre sur le lieu.
Dressant le bilan des échauffourées, le directeur général de l’ISPT/Kin, Albert Kabasele, a déclaré à la presse qu’il y a plusieurs blessés parmi les manifestants, dont certains graves parmi ses étudiants. Selon lui, ces échauffourées ont aussi provoqué d’importants dégâts matériels. Il a saisi cette opportunité pour dénoncer la main noire à l’origine de ces échauffourées.
De son côté, le préfet de l’ITI/Gombe, Félicien Manguala, avait fait, lors d’un point de presse tenu le jeudi 13 juillet 2023, la genèse de cette «affaire» dont l’origine est la spoliation des terrains et locaux de son école par l’ISPT/Kin. Avant de rappeler qu’à la création de l’ISPT/Kin en 1976, l’Etat congolais l’avait doté d’un vaste terrain de plus deux hectares pour la construction de ses propres bâtiments sur l’avenue de la Science, tout près de l’ITI/Gombe.
Le préfet a fait observer que «chose étonnante, l’ISPT/Kin s’était installé provisoirement dans les locaux disponibles qui se trouvaient dans les installations de l’ITI/Gombe, au lieu de construire ses propres bâtiments». Et d’ajouter : «Le comité de gestion de l’ISPT/Kin a cédé aux expatriés à des fins lucratives les bâtiments mis à la disposition de cet institut d’enseignement par l’Etat, à sa création».
«Face à cette situation, l’ISPT/Kin n’a pas trouvé d’autres alternatives que de se jeter sur le patrimoine immobilier revenant à l’ITI/Gombe pour s’en approprier », a-t-il dénoncé.
Voilà pourquoi la Police nationale est intervenue pour disperser les manifestants.
D’après certaines indiscrétions, un groupe d’individus non autrement identifiés a pris d’assaut samedi dernier l’immeuble où sont logés les enseignants de l’ITI/Gombe et ont emporté certains biens appartenant à ces derniers.
Des sources proches du ministère de l’Enseignement primaire, secondaire et technique (IPST), une réunion a eu lieu pour examiner cette situation.

Un chaos qui offusque les parents
Des parents qui accompagnent leurs enfants à l’école et les passagers avaient de la peine à voir le spectacle désolant que leur offraient les manifestants.
Interrogé, un parent s’est plaint de ce conflit de terre qui a trop duré. Aussi a-t-il fait appel aux autorités compétentes afin qu’elles y trouvent une solution, le plus tôt. Cela en vue de permettre aux enseignements de se dérouler sans problème et d’épargner la vie de leurs enfants.
Pour rappel, les deux établissements d’enseignement publics ont toujours fonctionné depuis plusieurs décennies sur des sites contigus.
Créé en 1952, l’ITI/Gombe a été le premier à jouir de ce site avec tous les bâtiments. A sa création vingt-quatre plus tard, l’ISPT/Kin a bénéficié de l’Etat une partie du site avec quelques bâtiments.
Econews avec Benny Lutaladio