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Plan triennal 2026-2028 en mains, Christophe Bitasimwa se donne trois ans pour réinventer l’IGF

Trois ans pour tout changer. Armé du nouveau Plan triennal 2026–2028, le patron de l’Inspection générale des finances (IGF), Christophe Bitasimwa Bahii, affiche une détermination sans faille : réinventer de fond en comble l’organe supérieur d’audit de l’État congolais. Au terme d’un séminaire d’appropriation de six jours avec les médias et la société civile, il a dévoilé sa feuille de route stratégique, estimée à 39 millions de dollars US. Son ambition majeure repose sur le déploiement du « contrôle systémique » et d’une véritable « architecture digitale » interconnectée. Malgré l’immensité du défi, Christophe Bitasimwa se dit prêt à le relever pour donner naissance à des inspecteurs des finances « augmentés » et ériger une « intelligence financière » capable d’étouffer la corruption à la racine d’ici 2028.

L’Inspection générale des finances (IGF) entre dans une nouvelle phase de son histoire. À travers le Plan triennal 2026-2028, son Chef de service, Christophe Bitasimwa Bahii, ambitionne de transformer en profondeur cet organe supérieur de contrôle de l’État afin d’en faire une institution moderne, connectée et capable d’anticiper les risques de corruption et de détournement des deniers publics.

Cette vision a été présentée aux médias et aux organisations de la société civile lors d’un séminaire organisé du 8 au 13 juin 2026 à Kinshasa. Durant six jours, les participants ont été sensibilisés aux contours d’une réforme qui place le «contrôle systémique » au cœur de l’action de l’IGF pour les trois prochaines années.

Le pari de la modernisation

À peine installé à la tête de l’IGF, Christophe Bitasimwa affiche une volonté claire : adapter l’institution aux exigences d’une gouvernance publique moderne.

Pour lui, l’efficacité du contrôle financier ne peut plus reposer uniquement sur les missions d’inspection classiques, souvent déclenchées après la survenance des irrégularités. Le défi consiste désormais à mettre en place des mécanismes capables de détecter les risques en temps réel et de prévenir les dérives avant qu’elles ne causent un préjudice à l’État.

Cette approche repose sur un changement de paradigme : passer d’un contrôle essentiellement curatif à un contrôle préventif, fondé sur l’exploitation des données et l’interconnexion des systèmes de gestion publique.

Le contrôle systémique comme moteur de la réforme

Au centre de cette transformation figure le contrôle systémique, présenté comme la pierre angulaire du Plan triennal 2026-2028.

L’ambition est de créer un environnement numérique dans lequel l’IGF pourra accéder aux informations financières des structures relevant de son champ de contrôle et suivre les opérations depuis leur initiation jusqu’à leur exécution.

À terme, cette architecture permettra à l’institution de disposer d’une visibilité permanente sur les flux financiers publics, renforçant ainsi sa capacité à détecter les anomalies, à prévenir les risques et à sécuriser les ressources de l’État.

Pour Christophe Bitasimwa, il ne s’agit pas seulement d’améliorer les performances de l’IGF, mais de bâtir un véritable système national d’intelligence financière au service de la transparence et de la bonne gouvernance.

Des « inspecteurs augmentés » pour une nouvelle ère

La réussite de cette mutation passe également par une transformation des compétences internes.

Le patron de l’IGF souhaite voir émerger une nouvelle génération d’agents capables d’exploiter pleinement les outils numériques et les technologies de traitement des données.

Ces « inspecteurs des finances augmentés », selon son expression, devront conjuguer expertise financière, maîtrise des systèmes d’information et capacité d’analyse afin d’intervenir avec davantage de rapidité et d’efficacité dans la surveillance des finances publiques.

Cette évolution vise à renforcer les capacités opérationnelles de l’IGF tout en l’alignant sur les standards internationaux des institutions modernes de contrôle.

Un investissement de 39 millions USD

Pour concrétiser cette vision, l’IGF prévoit un investissement estimé à 39 millions de dollars américains.

Ce financement servira notamment à mettre en place l’infrastructure technologique nécessaire à l’interconnexion des systèmes, à renforcer les capacités des inspecteurs et à déployer les outils numériques indispensables au fonctionnement du contrôle systémique.

L’objectif est de doter l’institution d’une plateforme performante lui permettant de suivre les opérations financières de manière continue et de produire des analyses plus fiables pour éclairer la prise de décision.

Un défi ambitieux à l’horizon 2028

Christophe Bitasimwa reconnaît lui-même l’ampleur du chantier. Transformer une institution aussi stratégique que l’IGF en seulement trois ans exige des ressources, de l’expertise et une forte mobilisation des équipes.

Mais pour le Chef de service, l’enjeu dépasse le simple cadre institutionnel. Il s’agit de doter la République démocratique du Congo d’un outil moderne capable de renforcer la discipline financière, de réduire les espaces de fraude et de protéger plus efficacement les ressources publiques.

À l’horizon 2028, Christophe Bitasimwa espère ainsi laisser en héritage une IGF profondément réinventée : une institution connectée, proactive et tournée vers l’anticipation, où le contrôle systémique constituera la première ligne de défense contre la corruption et les détournements des fonds publics.

Faustin K.

Rapport final du Séminaire de renforcement des capacités des partenaires de l’IGF (médias et société civile) pour l’appropriation du Plan triennal (2026-2028) de l’IGF

Durant six jours, du lundi 08 au samedi 13 juin 2026, les partenaires médias et les organisations de la société civile ont pris part au séminaire de renforcement des capacités organisé par l’Inspection Générale des Finances en ce beau cadre du Restaurant Le 19 dans la Commune de la Gombe. Les cadres et agents de l’Inspection Générale des Finances ont été aussi associés à ce séminaire de renforcement des capacités.

Cette activité avait pour objectif principal de permettre aux participants de mieux connaître l’Inspection Générale des Finances, de comprendre ses missions et son mode de fonctionnement ainsi que les orientations contenues dans son Plan stratégique triennal 2026-2028, afin de s’en approprier et de contribuer efficacement à sa vulgarisation auprès du grand public avec un sens élevé de responsabilité et dans le respect des règles déontologiques et éthiques.

Au cours de ces travaux, plusieurs exposés de haute qualité ont été présentés par des experts et personnalités ressources. Les participants ont notamment été édifiés sur les thématiques suivantes:

  1. L’historique de l’IGF ;
  2. IGF, aujourd’hui et demain ;
  3. Place du contrôle supérieur de l’IGF dans l’organisation et le fonctionnement de l’Etat ;
  4. Techniques et stratégies communicationnelles pour l’appropriation du Plan stratégique triennal de l’IGF ;
  5. Le numérique, une révolution à capitaliser ou à rattraper pour la modernisation de la gouvernance publique en RDC.

Les échanges ont permis de mettre en lumière les résultats obtenus par l’Inspection Générale des Finances dans la lutte contre la corruption, le gaspillage des ressources publiques, le détournement des biens et deniers publics ainsi que l’amélioration de la gouvernance financière sous l’impulsion de Son Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’État, Félix- Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Les participants ont également retenu que la communication de l’IGF repose sur des faits, des chiffres et des résultats concrets, conformément à la vision exprimée par l’Inspecteur Général des Finances-Chef de Service, Christophe Bitasimwa Bahii, selon laquelle l’Institution privilégie la diffusion des données et des performances plutôt que la personnalisation de ses actions.

Lors des échanges intéractifs, les participants ont formulé les recommandations suivantes :

  1. Renforcer davantage le partenariat entre l’IGF, les médias et la société civile ;
  2. Organiser régulièrement des sessions de formation et d’information au profit des partenaires ;
  3. Faciliter l’accès aux informations institutionnelles fiables relatives aux activités de l’IGF ;
  4. Encourager les médias à assurer une large vulgarisation du Plan stratégique triennal 2026-2028 axé sur le contrôle systémique ;
  5. Promouvoir une culture de redevabilité, de transparence et de bonne gouvernance dans la gestion des finances publiques ;
  6. Consacrer annuellement une journée spéciale de communication des résultats de contrôle à ses partenaires.

Les participants saluent l’initiative de l’Inspection Générale des Finances pour l’organisation de ce séminaire et expriment leur satisfaction quant à la qualité des enseignements reçus ainsi qu’à la disponibilité des intervenants.

Ils réaffirment leur engagement à accompagner l’IGF dans la diffusion des valeurs de bonne gouvernance, de transparence et de lutte contre les antivaleurs afin de contribuer à l’émergence d’une gestion saine des ressources publiques en République Démocratique du Congo.

Enfin, les participants adressent leurs sincères remerciements à l’Inspecteur Général des Finances-Chef de Service pour la réussite de cette activité, à l’ASBL Toile d’Araignée pour son accompagnement, aux orateurs, aux modérateurs et au staff technique pour leur prestation remarquable.

Tel est le rapport-synthèse des travaux du séminaire de renforcement des capacités organisé par l’Inspection Générale des Finances.

Fait à Kinshasa, le 13 juin 2026

Secrétariat technique

 

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