Alors que l’épidémie d’Ebola continue de faire des ravages dans l’Est du pays, le Président de la République, Félix Tshisekedi, a décidé de passer à la vitesse supérieure. Ce mardi 23 juin, en marge de la visite d’État du Président burundais Evariste Ndayishimiye à Kinshasa, le Chef de l’État a annoncé une nouvelle qui fait l’effet d’une déflagration : il se rendra personnellement en Ituri, l’épicentre de la crise sanitaire, pour constater les dégâts de ses propres yeux et réorganiser la riposte.
En annonçant cette descente sur le terrain, Félix Tshisekedi envoie un message clair : l’épidémie d’Ebola n’est pas une simple affaire de technocrates, c’est une priorité nationale. Après des semaines de critiques sur la lenteur de la réponse gouvernementale, le Président a choisi de prendre le taureau par les cornes. Il sera en Ituri dans les prochains jours pour s’imprégner de la réalité sur le terrain et remettre de l’ordre dans une riposte qui, selon plusieurs observateurs, peine à endiguer la propagation du virus.
Le Président burundais, Evariste Ndayishimiye, en visite à Kinshasa, n’est pas venu les mains vides. Après des discussions «fructueuses» avec son homologue congolais, en présence des membres de la task force anti-Ebola, le chef d’État burundais a lancé un appel vibrant à la communauté internationale. Son message ? Ne pas fermer les frontières à la RDC. «Facilitons l’entrée de l’aide internationale», a-t-il martelé, soulignant que l’isolement du pays aggraverait une situation déjà catastrophique. Un soutien de poids pour Kinshasa, alors que plusieurs pays voisins commencent à montrer des signes de fébrilité.
Un nouveau souffle pour la région
Mais la visite de Ndayishimiye ne s’est pas limitée à la seule question sanitaire. Les deux chefs d’État ont profité de cette rencontre pour donner un coup d’accélérateur à leur coopération bilatérale. Au menu : la relance tant attendue de la Grande Commission mixte de coopération, un outil stratégique chargé d’évaluer et de mettre en œuvre des projets d’intérêt commun. Un signal d’espoir pour les populations des deux rives du Tanganyika, qui attendent des retombées concrètes de ce partenariat privilégié.
Sur le volet sécuritaire, le ton est monté d’un cran. Les deux dirigeants ont réaffirmé avec fermeté leur engagement pour une paix régionale durable, exigeant le retrait immédiat des «forces étrangères d’occupation» sur le territoire congolais. Une déclaration qui ne fait aucun doute sur la cible visée : le Rwanda, accusé de soutenir les rebelles du M23 dans l’est du pays.
Tshisekedi salue le leadership burundais à l’UA
Sur la scène continentale, Félix Tshisekedi n’a pas manqué de saluer le leadership de son homologue burundais à la tête de l’Union africaine. «La RDC maintiendra une coordination étroite avec le Burundi sur les principaux dossiers régionaux et internationaux», a promis le Président congolais. Une déclaration qui témoigne de la volonté des deux pays de peser ensemble sur les grandes orientations du continent.
Enfin, pour sceller cette complicité retrouvée, Evariste Ndayishimiye a accepté l’invitation de Félix Tshisekedi à participer au débat de haut niveau que la RDC organisera le 21 juillet 2026 à New York, dans le cadre de sa présidence du Conseil de sécurité de l’ONU. Une occasion pour le Burundi de faire entendre sa voix sur la scène internationale aux côtés de son allié congolais.
Francis N.

