
Judith Suminwa Tuluka ne veut plus de promesses, mais des engins sur le terrain. En recevant ce jeudi la délégation de la Banque africaine de développement (BAD), conduite par son Administrateur pour l’Afrique centrale, Régis Lakoue Derant, la cheffe du gouvernement congolais a mis les points sur les i : après des années d’études et de discours, l’heure est à l’exécution concrète des projets prioritaires. La BAD est désormais attendue au tournant.
Un bilan de partenariat sous le signe de l’urgence
La réunion à la Primature s’inscrit dans le cadre d’une mission de dialogue régulier, mais le ton était celui de l’exigence. Les échanges ont rapidement porté sur l’état d’avancement des trois fleurons du portefeuille financé par la BAD en RDC : le pont route-rail reliant les deux Congo, un trait d’union stratégique entre Kinshasa et Brazzaville ; le corridor de Lobito, qui doit désenclaver le Katanga et le Lualaba vers l’Angola et l’océan Atlantique; le MétroKin, projet vital pour désengorger la capitale congolaise et offrir une mobilité digne de ce nom à ses plus de 15 millions d’habitants.
Si Régis Lakoue Derant a réaffirmé l’engagement financier et technique de la BAD – études préparatoires, expertise, maturation des dossiers –, la Première Ministre a coupé court aux discours rassurants. Selon l’administrateur de la BAD, «tous ces projets sont déjà conduits simultanément avec les autorités congolaises », mais le gouvernement attend désormais des résultats palpables, pas des calendriers révisés.
Judith Suminwa a clairement signifié que l’accompagnement de la BAD ne saurait se limiter à des promesses de financement. Elle a exhorté l’institution à intensifier ses décaissements et à lever les derniers verrous techniques, afin que ces infrastructures sortent enfin des cartons et transforment le quotidien des Congolais.
« La Première Ministre attend de nous un appui satisfaisant pour que ces projets aboutissent au bénéfice des populations » a résumé M. Lakoue Derant, traduisant ainsi la pression ressentie lors de l’entretien.
Des projets à fort impact, mais une exécution sous surveillance
Au-delà du dialogue institutionnel, cette rencontre traduit une volonté ferme du gouvernement de ne plus tolérer les lenteurs bureaucratiques. La BAD, partenaire historique, est appelée à honorer ses engagements dans les délais, sous peine de voir sa crédibilité entamée dans un pays où les besoins en infrastructures sont criants.
La Première Ministre a également insisté sur la nécessité d’une transparence totale dans l’utilisation des fonds, et sur un calendrier contraignant pour chaque phase des projets. Le message est clair : la RDC ne peut plus attendre, et la BAD doit être un levier d’accélération, non un frein.
Si les deux parties ont salué la qualité de leur partenariat, l’issue de cette réunion laisse entendre que les prochains mois seront décisifs. Le gouvernement congolais entend évaluer la BAD sur sa capacité à débloquer les fonds et à mobiliser son expertise technique sans atermoiements. En retour, la BAD semble prête à redoubler d’efforts pour ne pas décevoir.
En définitive, cette séance de travail aura surtout servi à remettre les pendules à l’heure : les beaux discours sont finis, place aux chantiers. La Première Ministre a fixé le cap : chaque jour perdu est un jour de trop pour des millions de Congolais qui attendent que ces mégaprojets deviennent une réalité tangible.
Francis N.


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