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6,4 millions d’emplois en cinq ans : l’ARSP traque les sous-traitants pour matérialiser la vision de Tshisekedi

6,4 millions d’emplois. Tel est le cap fixé par le Chef de l’État, Félix Tshisekedi, pour la période 2023-2028. Un objectif colossal dans un pays où le secteur informel domine et où la jeunesse réclame chaque année des centaines de milliers de postes. Mais comment savoir si l’on avance quand on ne mesure pas ?

Jusqu’ici, la création d’emplois liée à la sous-traitance – un levier stratégique de la politique de contenu local – restait largement opaque. Combien de Congolais ont réellement été embauchés par les entreprises sous-traitantes ? Quels secteurs sont les plus dynamiques ? Où sont les lacunes ?

L’ARSP (Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé), sous l’impulsion de son Directeur général, Miguel Kashal Katemb, a décidé de sortir de l’à-peu-près. Par une décision qui fait désormais référence, l’ARSP impose à toutes les entreprises sous-traitantes une obligation de déclaration périodique des emplois créés depuis l’obtention de leur attestation d’enregistrement.

La mesure est simple mais redoutablement efficace sur le papier. Toute entreprise bénéficiant d’une attestation d’enregistrement délivrée par l’ARSP doit désormais déposer, auprès de l’ARSP et auprès des entreprises principales avec lesquelles elle a signé des contrats, un état détaillé des emplois générés. Cela inclut aussi bien les contrats de prestation de services que les fournitures de biens. L’objectif affiché : permettre un suivi-évaluation rigoureux des activités des sous-traitants et une appréciation précise de leur impact social.

« Nous ne voulons plus d’emplois fantômes ou de déclarations approximatives. Le Chef de l’État a fixé une cible, et l’ARSP se doit d’être le bras armé de cette vision. Chaque emploi doit être compté, chaque sous-traitant doit rendre des comptes », confie une source interne de l’ARSP.

Un appel à la responsabilité des sous-traitants

Depuis sa refondation sous la direction de Miguel Kashal Katemb, l’ARSP s’est imposée comme un acteur incontournable de la politique de contenu local. En régulant l’accès à la sous-traitance, en luttant contre les contrats de façade et en favorisant les entreprises véritablement congolaises, elle a déjà permis des avancées significatives.

Mais la création d’emplois reste le critère ultime de réussite. C’est pourquoi cette nouvelle mesure de monitoring ne constitue pas une simple formalité administrative. Elle est le thermomètre de l’action publique. Grâce aux données collectées, l’ARSP pourra identifier les secteurs qui créent le plus d’emplois, pointer les défaillances, et ajuster sa stratégie en temps réel.

Les entreprises sous-traitantes sont désormais prévenues : le temps de l’opacité est révolu. Celles qui ne se conformeront pas à l’obligation de déclaration s’exposent à des sanctions, allant du simple avertissement à la suspension de l’attestation d’enregistrement.

L’ARSP insiste sur le caractère collaboratif de la démarche. «Nous ne cherchons pas à punir, mais à construire ensemble une base de données fiable au service de l’emploi congolais. Chaque sous-traitant doit être fier de déclarer les emplois qu’il a créés. C’est une preuve de sa contribution à la nation », a souligné Miguel Kashal Katemb dans sa circulaire.

Avec cette décision, l’ARSP pose un jalon essentiel. Pour la première fois, l’on pourra suivre, mois après mois, la progression réelle de la création d’emplois issue de la sous-traitance. Un outil précieux pour le Gouvernement, les partenaires internationaux et la Société civile.

Mais l’essentiel est ailleurs : la volonté politique existe, et l’instrument de mesure est en place. Désormais, plus aucune sous-traitante ne pourra se contenter d’annoncer des créations d’emplois sans les prouver. Et c’est peut-être là le plus grand progrès.

Econews

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