« La meilleure défense, c’est l’attaque », enseigne la sagesse populaire. Car, dans le football comme dans la vie, résister ne suffit pas toujours ; à force de subir, même les murailles les plus solides finissent par céder. Les Léopards de la RDC en ont fait l’amère expérience dans la nuit de mardi à mercredi face à la Colombie, à l’occasion de leur deuxième sortie dans le groupe K de la Coupe du monde 2026. Héroïques, disciplinés et portés par un Lionel Mpasi monumental, les hommes de Sébastien Desabre ont longtemps repoussé les vagues colombiennes. Mais face à des Cafeteros déterminés à faire sauter le verrou, la résistance congolaise a fini par se fissurer. Battus 1-0 après avoir plié pendant plus de soixante-quinze minutes, les Congolais sont désormais condamnés à l’exploit face à l’Ouzbékistan pour prolonger leur rêve mondial, cinquante-deux ans après leur retour sur la plus grande scène du football.
Malgré un Lionel Mpasi impérial, les Léopards ont fini par craquer sous les assauts incessants des Cafeteros. Face à une République Démocratique du Congo courageuse mais longtemps acculée dans son camp, la Colombie a imposé sa loi jusqu’à obtenir ce qu’elle était venue chercher : une victoire (1-0) synonyme de qualification pour les huitièmes de finale de la Coupe du monde 2026. Les Léopards, eux, peuvent nourrir quelques regrets. Ils ont résisté, souffert, plié sans rompre pendant plus d’une heure avant de finalement céder à la 76e minute. Désormais, leur destin passe obligatoirement par une victoire contre l’Ouzbékistan.
Cinquante-deux ans après leur unique participation au Mondial, les Congolais retrouvaient la scène mondiale avec l’ambition de prolonger le rêve. Après avoir créé la surprise en accrochant le Portugal de Cristiano Ronaldo (1-1) lors de leur entrée en lice, les hommes de Sébastien Desabre avaient rendez-vous avec une Colombie en pleine confiance. Mais cette fois, la montagne était plus haute.
Dans un stade entièrement acquis à la cause des Cafeteros, transformé en une marée jaune bouillonnante, les Léopards ont été emportés dès les premières minutes par un véritable ouragan offensif.
Lionel Mpasi, le gardien qui a maintenu le rêve vivant
Si la RDC est restée longtemps dans le match, elle le doit essentiellement à son gardien. Lionel Mpasi a livré l’une des plus belles prestations de sa carrière internationale.
Dès la 4e minute, il détourne une frappe à bout portant de Luis Suárez avant que Daniel Muñoz ne manque le cadre dans la foulée. Deux minutes plus tard, il réalise une nouvelle parade réflexe sur une tête du même Muñoz, qui pousse ensuite le ballon au fond des filets avant que l’arbitre n’annule l’action pour hors-jeu.
À la 11e minute, James Rodríguez tente sa chance de loin. Une frappe puissante qui semblait promise au fond des filets, mais Mpasi se détend de tout son long pour repousser le danger. Les arrêts se multiplient. Les Colombiens poussent. Les Léopards souffrent. Mais leur gardien refuse de céder.
Le qualificatif d’« héroïque » n’est pas galvaudé. Pendant plus d’une heure, Lionel Mpasi a été le principal artisan de la résistance congolaise.
Des Léopards trop timides offensivement
Sous pression, la RDC a rarement réussi à sortir la tête de l’eau. Les hommes de Sébastien Desabre ont surtout subi les débats, laissant l’initiative aux Colombiens. Quelques incursions offensives leur ont permis de souffler, sans véritablement inquiéter Camilo Vargas.
La meilleure opportunité congolaise de la première période intervient peu avant la pause. Sur un centre venu de la gauche, Cédric Bakambu est tout près de reprendre de la tête en excellente position, mais l’attaquant manque le ballon de peu.
Insuffisant pour inverser la tendance face à une équipe colombienne qui maîtrisait son sujet.
Muñoz finit par trouver la faille
Après une période plus calme, les Cafeteros remettent le pied sur l’accélérateur à l’heure de jeu. Les changements opérés par le sélectionneur colombien apportent davantage de vitesse et de créativité. Juan Quintero, entré quelques minutes plus tôt, se montre immédiatement décisif.
À la 76e minute, il sert Daniel Muñoz sur le côté droit. La frappe du défenseur colombien est légèrement déviée par un défenseur congolais avant de terminer sa course au fond des filets. Cette fois, même Lionel Mpasi ne peut rien.
La délivrance est colombienne. Le but récompense une domination presque sans partage.
La RDC évite le naufrage
Le plus dur semblait alors à venir pour les Léopards. La Colombie continue d’attaquer et croit même inscrire deux autres buts par l’intermédiaire de Luis Díaz. Le premier est annulé pour une faute sur Chancel Mbemba au début de l’action. Le second est invalidé pour une position de hors-jeu.
Des avertissements qui traduisent les difficultés d’une équipe congolaise usée physiquement et incapable de reprendre la maîtrise du ballon.
Dans le temps additionnel, les Léopards se réveillent enfin. Une ultime occasion oblige Camilo Vargas à s’employer. Mais il est déjà trop tard.
Une finale avant l’heure face à l’Ouzbékistan
Avec six points, la Colombie est d’ores et déjà qualifiée pour les huitièmes de finale. Reste à savoir si elle terminera première ou deuxième du groupe K.
Pour la République démocratique du Congo, l’heure est désormais à la mobilisation générale. Après avoir tenu tête au Portugal et fait preuve d’un courage remarquable face à la Colombie, les Léopards n’ont plus le choix : battre l’Ouzbékistan ou quitter prématurément le Mondial.
Le rêve, entamé cinquante-deux ans après leur dernière apparition sur la scène mondiale, est encore vivant. Fragile, certes, mais vivant. Et tant qu’il reste une chance, les Léopards peuvent encore rugir.
Tighana MASIALA

