Présent à la COP27, Sama Lukonde défend la position de la RDC : pas de préservation sans contrepartie

« Pays-solution » dans la lutte contre le changement climatique, la République Démocratique du Congo adhère à la dynamique internationale. Si Kinshasa est disposé à coopérer dans l’effort de la communauté internationale, il attend cependant recevoir la juste compensation en termes financiers. C’est la position défendue à Charm El-Cheikh, en Egypte, par le Premier ministre, Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge, où se tient la COP27. Représentant le Chef de l’Etat à ses assises, le Premier ministre a plaidé pour l’allocation des moyens financiers conséquents en faveur des pays non pollueurs et contributeurs à l’écosystème mondial.
La COP27, la Conférence de l’ONU sur le climat,
s’est ouverte à Charm el-Cheikh en Égypte. Pendant deux semaines, les représentants de 200 pays vont débattre des moyens d’intensifier la lutte contre le réchauffement climatique alors que les signaux d’alerte se multiplient.
Pour le secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, il n’est plus possible de fermer les yeux et d’accepter que d’autres crises, comme la guerre en Ukraine, relèguent la question du climat au second plan.
Leader des pays du Bassin du Congo, la République Démocratique du Congo prend une part active, sous la conduite du Premier ministre, Jean-Michel Sama Lukonde, à la 27ème Conférence des parties sur le changement climatique (COP27). Réunissant plusieurs Chefs d’Etat et de Gouvernement à Charm El-Cheikh, en Egypte, ces assises sont consacrées aux questions de lutte contre le changement climatique et la transition énergétique dans le monde. 
Dans son discours, devant les délégués présents en Egypte, le Premier ministre Sama Lukonde a souligné que la RDC et son Président, M. Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, ont fait de la lutte contre le changement climatique une des priorités nationales, rappelant que le Gouvernement qu’il dirige a pour mission de «renforcer la participation de la RDC aux efforts globaux de lutte contre le changement climatique, en améliorant, le cas échéant, la gouvernance des immenses ressources forestières et hydriques ». 
Saluant l’initiative du Royaume-Uni, en rapport avec le financement nécessaire en faveur des pays non pollueurs qui contribuent à l’écosystème mondial, le Premier ministre Sama Lukonde a réaffirmé la position de «Pays-solution» qu’occupe la RDC dans cette bataille planétaire contre le dérèglement climatique, disposée à mettre à profit tout son potentiel en ressources naturelles face au gaz à effet de serre.
«La RDC apporte des solutions certes, mais elle a aussi besoin de répondre aux attentes de sa population», a cependant précisé le Premier ministre congolais, du haut de la tribune de la COP27.

Préservation contre compensation
Si la RDC adhère à la dynamique mondiale contre le changement climatique, Kinshasa veut être rétribué à juste mesure.
«Aujourd’hui, pour toutes ces solutions que nous apportons, nous avons aussi besoin de donner des réponses à nos populations. Ces populations à qui justement nous demandons de préserver ces forêts, à qui nous demandons d’avoir un recul sur la déforestation et les espaces sur lesquels ils peuvent cultiver. D’où ce besoin d’adhérer à ce type d’initiative où tous les pays contributeurs à ces questions du climat peuvent se mettre ensemble, parler d’une seule voix, pour ces populations. C’est pour ça que nous réclamons ces moyens financiers, c’est ça notre rôle en tant que dirigeants pour apporter des solutions à ces populations. Nous la RDC, seront toujours près pour répondre à ces questions climatiques et prendrons nos responsabilités au vu de la contribution que nous apportons au Monde», a déclaré le chef du Gouvernement.
En effet, les forêts de la RDC représentent 62% des forêts du Bassin du Congo, soit plus de 155 millions d’hectares de forêts tropicales humides. Selon les experts, ces ressources forestières séquestrent chaque année plus de 265 millions de tonnes de Co2, représentant un stock de carbone sur pieds de près de 37 gigatonnes. Ses tourbières, estimées actuellement à 30 gigatonnes de carbone, représentent l’équivalent d’environ trois années d’émissions mondiales de Co2. 
En tant que «pays-solution», le rôle de la RDC demeure celui d’un gardien du climat. En effet, les dirigeants congolais ont pris conscience des relations existantes entre les ressources naturelles et le changement climatique. Ainsi, le pays s’est lancé, entre autres, dans : «l’amélioration de sa gouvernance forestière, à travers une nouvelle politique forestière et un nouveau Code forestier, orientés vers la conservation de des forêts pour le besoin de séquestration des gaz à effet de serre, et de préservation de la biodiversité; la recherche des partenariats efficaces et effectifs qui permettent au pays d’accroître sa capacité d’action dans la protection de ses forêts et de sa biodiversité; le financement des activités alternatives aux populations locales ».
Quelque 40.000 participants sont présents à La COP27 qui se tient à Charm El-Cheikh, ville nichée entre le désert de la péninsule du Sinaï et la mer Rouge. La RDC a délégué environ 300 participants dont des officiels, des experts, des ONG, des opérateurs économiques, et des journalistes.

Econews